Tourisme d’affaires au Maroc : objectif 2,3 millions et renforcement des salons internationaux
Le Maroc vise 2,3 millions de touristes d’affaires d’ici 2030 avec sa feuille de route 2023-2026
Le Maroc vise 2,3 millions de touristes d’affaires d’ici 2030 avec la feuille de route 2023-2026, misant sur salons internationaux, infrastructures et talents.
Le gouvernement marocain place le tourisme d’affaires au cœur de sa stratégie économique, visant à attirer 2,3 millions de visiteurs professionnels et participants à des congrès d’ici 2030. La feuille de route 2023-2026 fixe les priorités opérationnelles pour renforcer l’offre MICE (salons, conférences, congrès et événements professionnels) et convertir les manifestations internationales déjà organisées en avantages compétitifs durables. Les récents succès organisateurs servent de vitrine, mais les autorités et les acteurs privés insistent sur la nécessité d’un effort coordonné en matière d’infrastructures, de connectivité, de formation et de gouvernance sectorielle.
Cible chiffrée : 2,3 millions d’ici 2030
La feuille de route 2023-2026 sert d’échéancier opérationnel vers l’objectif 2030. Le chiffre annoncé — 2,3 millions de touristes d’affaires et de congrès — constitue la référence quantitative pour mesurer les progrès du secteur. Atteindre ce niveau implique non seulement d’attirer davantage d’événements internationaux, mais aussi d’améliorer la durée moyenne de séjour, la dépense par visiteur et la récurrence des événements. Les autorités ont défini des jalons intermédiaires pour 2024-2026 afin de suivre l’évolution de la fréquentation et des retombées économiques.
Des succès déjà visibles : Gitex Africa comme vitrine
Des événements récents comme Gitex Africa ont démontré la capacité du Royaume à accueillir des manifestations de dimension mondiale. Ces rendez-vous attirent exposants, conférenciers et délégations internationales, et montrent la pertinence des sites d’accueil marocains. L’expérience tirée de ces salons met en lumière des atouts — capacité d’accueil, dynamisme des opérateurs locaux, et intérêt des investisseurs — mais révèle aussi des points d’amélioration, notamment en matière d’hébergement haut de gamme, de logistique événementielle et de services aux délégations.
Investissements et infrastructures à renforcer
Pour transformer des succès ponctuels en avantage durable, la feuille de route identifie des besoins d’investissement ciblés : modernisation des centres d’exposition, développement d’hébergements dédiés aux congrès, et optimisation des espaces publics autour des pôles événementiels. La mise aux normes techniques des infrastructures (connectivité électrique, acoustique, modularité des salons) est présentée comme prioritaire. Les opérateurs privés et publics sont appelés à cofinancer des projets structurants qui permettront de répondre aux exigences des organisateurs internationaux et de soutenir des calendriers annuels de grands événements.
Connectivité et facilitation des déplacements
La capacité à attirer des congressistes dépend d’une connectivité aérienne et numérique robuste. La feuille de route met l’accent sur le renforcement des liaisons internationales, la simplification des formalités de voyage, et l’amélioration de la mobilité urbaine entre aéroports, centres de congrès et hôtels. Parallèlement, la qualité des infrastructures numériques (haut débit, salles de visioconférence, sécurité des données) est jugée essentielle pour des événements hybrides et pour répondre aux nouvelles attentes des organisateurs internationaux.
Formation des talents et coordination de l’écosystème
Un autre axe clé est la montée en compétence des ressources humaines du secteur : personnel événementiel, hôtellerie, services techniques et équipes de sécurité. La feuille de route prévoit des programmes de formation ciblés et des partenariats entre établissements de formation et professionnels du terrain. La coordination entre acteurs publics (ministères, agences de promotion) et privés (hôteliers, organisateurs, transporteurs) est également identifiée comme déterminante pour proposer une offre intégrée et fluide aux clients professionnels.
Les enjeux économiques sont importants : le tourisme d’affaires tend à générer un pouvoir d’achat plus élevé et à prolonger la saisonnalité touristique en attirant des flux hors-saison. Pour le Maroc, capitaliser sur cette opportunité nécessite de transformer les événements isolés en une stratégie systématique, soutenue par des investissements, des politiques de facilitation et une gouvernance efficace. Le calendrier 2023-2026 servira de test opérationnel ; sa réussite déterminera la trajectoire vers l’objectif 2030. Finalement, la capacité du Royaume à aligner infrastructures, talents et connectivité conditionnera son attractivité sur le marché international des salons, conférences et congrès.