Fondation Mohammed VI et Jordanie renforcent la réinsertion des détenus au Maroc
Visite d’une délégation jordanienne à la Fondation Mohammed VI pour la Réinsertion des Détenus
Délégation jordanienne reçue à la Fondation Mohammed VI pour la Réinsertion des Détenus : présentation des programmes de réhabilitation, suivi post‑libération et renforcement de la coopération bilatérale.
La Fondation Mohammed VI pour la Réinsertion des Détenus a accueilli une délégation jordanienne de haut niveau pour présenter ses programmes de prise en charge des personnes incarcérées et ses dispositifs de suivi destinés à faciliter la réinsertion sociale et professionnelle après la libération. La visite, qui a rassemblé des responsables de plusieurs services sécuritaires et correctionnels, a permis un échange approfondi sur les méthodes de prévention de la récidive et sur les mécanismes d’accompagnement des familles pendant la période d’emprisonnement.
Composition et objectifs de la délégation jordanienne
La mission jordanienne était composée de douze hauts responsables représentant des services spécialisés, dont les unités de lutte contre les stupéfiants, une brigade spéciale et les centres correctionnels et de réhabilitation. Des représentants de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) en Jordanie ont également participé, témoignant de l’intérêt régional et international pour les bonnes pratiques présentées. L’objectif principal de la visite était d’observer concrètement les dispositifs de prise en charge en détention et d’envisager des pistes de coopération technique et institutionnelle.
Programmes présentés au sein des établissements pénitentiaires
Les équipes de la Fondation ont détaillé les programmes mis en œuvre en faveur des détenus durant leur incarcération : actions de formation professionnelle, parcours éducatifs, ateliers psychosociaux et programmes de traitement des dépendances. L’accent a été mis sur l’intégration de modules pratiques visant à renforcer l’employabilité des détenus à leur sortie, ainsi que sur la coordination avec des acteurs économiques pour favoriser l’insertion professionnelle. Ces dispositifs sont conçus pour répondre à des besoins variés et pour préparer une sortie progressive vers la vie active et la réinsertion sociale.
Suivi post‑libération et accompagnement des familles
Un volet central de la présentation a porté sur le suivi post‑libération, conçu pour assurer une transition durable hors des établissements. Le dispositif inclut un accompagnement personnalisé des anciens détenus, une aide à la recherche d’emploi, un soutien psychologique et des mesures d’insertion sociale. Parallèlement, la Fondation a exposé ses programmes d’accompagnement des familles pendant la période d’incarcération, visant à préserver les liens familiaux et à réduire l’impact social de la détention, élément jugé essentiel pour prévenir la marginalisation et la récidive.
Approche fondée sur le dialogue social et la prévention
Les échanges ont mis en lumière une approche axée sur la prévention et le renforcement de la cohésion sociale. En privilégiant ce qui a été qualifié de « soft power » en matière de réinsertion, les responsables ont souligné l’importance d’atténuer le choc de la sortie de prison par un accompagnement progressif, des actions de sensibilisation et des programmes de médiation sociale. Cette stratégie vise à réduire les facteurs de rupture sociale et à favoriser une reprise de la vie civique et économique.
Axes stratégiques du partenariat proposé
Les discussions ont identifié quatre axes stratégiques pour structurer un programme de coopération : la lutte contre les drogues et le crime organisé ; la prévention et la sensibilisation auprès des publics à risque ; le traitement, la réhabilitation et la formation professionnelle au sein des établissements ; et enfin l’accompagnement post‑libération visant spécifiquement la prévention de la récidive. Ces priorités serviront de base à l’échange d’expériences et à l’élaboration de projets communs entre les deux pays et leurs partenaires internationaux.
Perspectives de renforcement de la coopération bilatérale
La rencontre a traduit une volonté claire des deux parties de renforcer leurs liens institutionnels par le partage de bonnes pratiques, la formation conjointe de cadres et la mise en place d’actions pilotes. Ce rapprochement s’inscrit dans le cadre plus large de la coopération entre le Maroc et la Jordanie ainsi que du partenariat euro‑méditerranéen, avec une dimension technique impliquant des appuis extérieurs pour accompagner les phases de transfert de compétences.
La visite a ainsi posé les bases d’un dialogue opérationnel qui devrait aboutir à des initiatives concrètes dans les prochains mois, centrées sur l’échange professionnel, la formation et la mise en œuvre de programmes pilotes visant à améliorer l’efficacité des dispositifs de réinsertion et à réduire la récidive.