Soudan : crise des médicaments anticancéreux, coûts et coupures d’électricité menacent les patients
Les patients cancéreux au Soudan privés de médicaments vitaux depuis 2023, soins retardés par la hausse des prix et les coupures électriques
Au Soudan, l’arrêt des distributions en 2023 prive les patients cancéreux de médicaments vitaux; hausse des prix et coupures d’électricité retardent les soins.
Depuis l’interruption des approvisionnements gratuits provoquée par le début de la guerre en 2023, les patients atteints de cancer au Soudan font face à une pénurie persistante de médicaments et à des obstacles croissants pour accéder aux traitements. Les équipes médicales signalent des retards de soins, des annulations de rendez‑vous et une augmentation des risques cliniques, alors que la flambée des coûts et les coupures d’électricité régulières perturbent la délivrance et l’administration des thérapies.
Pénurie durable de médicaments essentiels
Les hôpitaux et les pharmacies hospitalières rapportent des stocks insuffisants pour couvrir les besoins courants en chimiothérapie, antiémétiques et autres médicaments associés aux soins oncologiques. Les livraisons gratuites qui permettaient de compenser les ruptures de marché ont été interrompues en 2023, et les circuits d’importation demeurent gravement perturbés. Résultat : de nombreux produits deviennent rares ou totalement absents des rayons, obligeant les établissements à rationner les doses ou à orienter les patients vers des solutions de rechange moins adaptées.
Retards et annulations de traitements
Les médecins observent une augmentation des délais entre les cycles de chimiothérapie et, dans certains cas, l’annulation pure et simple de séances prévues. Ces interruptions modifient les protocoles thérapeutiques et compromettent l’efficacité des traitements. Plusieurs cliniciens ont alerté sur le fait que le report répété des rendez‑vous oncologiques augmente le risque de progression tumorale chez des patients qui étaient autrement en cours de soins réguliers.
Coût des soins et insolvabilité des familles
Avec la raréfaction des médicaments gratuits, le marché s’est orienté vers des achats à prix plein. Les prix ont augmenté pour nombre de produits — patients et familles sont contraints de financer eux‑mêmes des médicaments et des dispositifs parfois très coûteux. Beaucoup renoncent aux traitements ou s’endettent, ce qui fait peser une charge financière lourde et durable sur des ménages déjà fragilisés par le conflit et la dégradation économique.
Fragilité des infrastructures électriques
Les coupures d’électricité fréquentes compliquent la conservation des produits sensibles et la bonne conduite des procédures médicales. Les appareils de radiothérapie, les pompes d’infusion et les réfrigérateurs destinés à certains médicaments dépendent d’un approvisionnement électrique stable. Les pannes obligent du personnel à reporter des actes, à recourir à des générateurs lorsque disponibles ou à transférer des patients, ce qui allonge les délais et accroît les risques liés au traitement.
Hôpitaux réduisent l’offre de chimiothérapie
Face aux ruptures d’approvisionnement et à la contrainte budgétaire, plusieurs établissements ont réduit le nombre de créneaux dédiés à la chimiothérapie ou ont modifié les protocoles pour employer des alternatives moins dépendantes de produits manquants. Ces ajustements, s’ils permettent de maintenir une offre minimale, ne compensent pas la perte de qualité et d’efficacité que subissent certains patients, en particulier ceux nécessitant des thérapies ciblées ou avancées.
Appels à l’aide des professionnels de santé
Les professionnels de santé multiplient les appels pour obtenir des corridors d’approvisionnement, des stocks d’urgence et un soutien logistique afin de restaurer des chaînes d’approvisionnement régulières. Ils soulignent également la nécessité d’investissements pour sécuriser l’alimentation électrique des services essentiels afin de garantir la continuité des traitements. Les demandes portent sur des mesures opérationnelles immédiates pour éviter une détérioration supplémentaire de la prise en charge oncologique.
La situation continue d’exposer les patients à des risques médicaux et sociaux importants : report d’opérations, progression de la maladie, et conséquences économiques graves pour les familles. Sans rétablissement durable des approvisionnements et sans mesures pour stabiliser l’accès à l’énergie dans les établissements de santé, le pronostic pour de nombreux malades risque de se dégrader davantage.