Trump affirme accord USA‑Danemark donnant aux États‑Unis contrôle permanent de la sécurité groenlandaise
Les États-Unis annoncent un accord avec le Danemark pour un « contrôle permanent » de la sécurité du Groenland
Accord américano-danois: Washington affirme obtenir un contrôle permanent de la sécurité du Groenland, tandis que Copenhague affirme conserver la souveraineté.
Le gouvernement américain a annoncé le 18 septembre 2026 qu’il a conclu un accord avec le Danemark visant à établir un « contrôle permanent » de Washington sur la sécurité du Groenland, tout en déclarant que cet engagement serait sans frais pour les États-Unis. Les autorités danoises et groenlandaises ont confirmé l’existence d’un projet d’accord mais précisé que les termes restent à préciser et que la signature est prévue lors de la semaine de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, la semaine du 21 septembre 2026. L’initiative ravive des questions sur la souveraineté, les droits militaires existants et l’exploitation éventuelle des ressources minières arctiques.
Annonce de la Maison Blanche et portée revendiquée
Le communiqué américain présente l’accord comme couvrant « la sécurité du Groenland et tous les autres besoins », un libellé large qui, selon la Maison Blanche, autoriserait les États-Unis à empêcher des adversaires présumés d’établir des bases ou de mener des investissements jugés sensibles sur l’île. Washington affirme également obtenir la possibilité de construire de nouveaux sites militaires sans procédures supplémentaires obligatoires. Le président a qualifié l’accord d’« accord à vie infinie », indiquant qu’il n’aurait pas de date de fin automatique.
Termes allégués et zones d’ombre
Le texte officiel n’a pas été rendu public au moment de l’annonce. De nombreuses dispositions évoquées par les États-Unis restent floues : la définition d’un « adversaire », la portée exacte des « investissements sensibles », et les mécanismes juridiques garantissant le respect des engagements. Il n’y a pas non plus de mention explicite de droits d’exploitation minière dans les déclarations américaines diffusées jusqu’ici, ce qui laisse ouverte la question des intérêts économiques derrière l’accord.
Position du Danemark et du Groenland
Le Danemark et l’administration groenlandaise ont reconnu qu’un projet d’accord existe et qu’une annonce officielle serait faite lors des réunions à New York. Les autorités danoises ont rappelé que la souveraineté du Royaume demeure inchangée et que tout texte devra être ratifié par le parlement danois et le parlement groenlandais. Le Premier ministre groenlandais a jugé que le projet reconnaît les intérêts du Groenland, tandis que la Première ministre danoise a présenté l’initiative comme un renforcement de la sécurité commune en Arctique et dans l’Atlantique Nord.
Droits militaires déjà en vigueur
Le Groenland fait l’objet d’accords de défense de longue date. Depuis 1951, les États-Unis disposent de droits étendus de survol et d’utilisation de bases sur le territoire groenlandais, droits qui incluent la possibilité d’exploiter des installations et de contrôler certains mouvements militaires et aériens. Une base spatiale américaine et des installations logistiques sont déjà implantées dans le nord-ouest de l’île. Les nouvelles déclarations américaines ouvriraient la voie à une extension de cette présence, mais la nouveauté revendiquée réside surtout dans l’idée d’un droit unilatéral de construire davantage d’installations sans nouvelles négociations.
Ressources minières et enjeux économiques
Le Groenland possède d’importants gisements de minéraux, dont des terres rares et d’autres métaux stratégiques utilisés dans la technologie, l’aérospatiale et les énergies renouvelables. Même si l’accord annoncé ne mentionne pas explicitement des concessions minières, la référence américaine aux « investissements sensibles » laisse entendre un contrôle accru sur les flux d’investissements étrangers dans ces secteurs. L’accès aux ressources arctiques est devenu un enjeu stratégique majeur, alors que plusieurs puissances cherchent à sécuriser des approvisionnements critiques.
Conséquences pour l’OTAN et la géopolitique arctique
Les déclarations américaines interviennent après une période de tensions bilatérales autour de la question groenlandaise, qui avaient mis à l’épreuve les relations transatlantiques. Le Danemark a présenté le projet comme contribuant à la sécurité alliée en Arctique, mais l’annonce pourrait aussi susciter des interrogations chez certains membres de l’alliance sur la manière dont la nouvelle disposition s’articulera avec les engagements collectifs. Par ailleurs, la définition des pays considérés comme « adversaires » au sens de l’accord sera cruciale pour éviter des frictions diplomatiques et commerciales à l’échelle régionale.
L’entrée en vigueur de cet accord dépendra désormais des procédures internes au Danemark et au Groenland et de la publication des textes légaux détaillant ses modalités. Les prochaines étapes – signature à New York la semaine du 21 septembre 2026 et processus de ratification parlementaire – détermineront la portée effective des mesures annoncées et leur impact sur la gouvernance et l’économie du Groenland.