Guterres alerte sur l’ONU et appelle à des réformes avant 31 décembre 2026
Guterres met en garde contre la paralysie de l’ONU et réclame des réformes alors que son mandat s’achève
À l’approche de la fin de son mandat le 31 décembre 2026, António Guterres met en garde contre la paralysie du Conseil de sécurité et réclame des réformes.
António Guterres a lancé un avertissement sévère sur l’état de l’Organisation des Nations unies, estimant que la multiplication et la complexification des conflits internationaux ont mis l’institution à l’épreuve et réduit son efficacité. À dix semaines de la fin de son mandat, il a exposé les risques d’une organisation incapable de répondre aux crises contemporaines et appelé à des changements structurels pour préserver son rôle sur la scène mondiale.
Message principal de la déclaration
Guterres a souligné que l’ONU se heurte aujourd’hui à des divisions géopolitiques profondes qui paralysent ses organes décisionnels. Il a décrit un contexte dans lequel l’ingérence et l’implication des grandes puissances dans des conflits contemporains entravent l’application du droit international et créent des zones d’impunité. Selon lui, la multiplication des confrontations internationales se répercute directement sur les populations les plus vulnérables.
Impacts concrets sur l’économie et la sécurité alimentaire
Le secrétaire général a expliqué que les conflits en cours affectent l’approvisionnement alimentaire mondial, les exportations d’engrais et les flux énergétiques, provoquant une hausse des prix du carburant et une pression inflationniste. Ces perturbations, a-t-il noté, frappent plus durement les pays en développement qui subissent simultanément la hausse des coûts de l’énergie, la raréfaction des intrants agricoles et l’augmentation des prix alimentaires, plongeant des millions de personnes dans des situations précaires.
Critique du fonctionnement du Conseil de sécurité
Au cœur de sa critique se trouve le Conseil de sécurité, que Guterres a qualifié d’inadapté aux réalités du XXIe siècle. Il a rappelé que la composition et les mécanismes de vote reflètent toujours l’ordre issu de la Seconde Guerre mondiale, ce qui limite la capacité de l’organe à agir rapidement et de manière consensuelle face à de nouveaux types de menaces et à des conflits interconnectés. Le risque de veto par l’un des cinq membres permanents reste, selon lui, un obstacle majeur aux décisions collectives.
Appel à des réformes concrètes
Face à ces constats, Guterres a plaidé pour des réformes structurelles. Il a insisté sur la nécessité d’adapter les procédures, de renforcer la protection des civils et d’améliorer la coordination des agences pour répondre aux crises humanitaires et économiques. Son message met l’accent sur la révision de mécanismes qui, s’ils restent inchangés, risquent de rendre l’organisation de moins en moins pertinente face aux enjeux actuels.
Situation de la succession et candidats pressentis
Avec un mandat qui s’achève le 31 décembre 2026 et sans successeur officiellement désigné, la question de la transition prend une importance stratégique. Plusieurs candidats sont cités parmi les prétendants, dont des responsables internationaux et d’anciens chefs d’État. Le processus exige d’obtenir le soutien d’au moins neuf des quinze membres du Conseil de sécurité et d’éviter le veto de l’un des cinq membres permanents — Chine, France, Russie, Royaume-Uni et États-Unis — avant une ratification finale par l’Assemblée générale.
La perspective d’une nomination reste incertaine et souligne l’importance des discussions diplomatiques à venir. Le choix du prochain secrétaire général déterminera la capacité de l’ONU à engager des réformes ambitieuses et à restaurer la confiance des États membres dans son rôle de médiation et de coordination.
En conclusion, la déclaration de Guterres met en lumière une Organisation des Nations unies confrontée à des défis systémiques alors que les tensions internationales se multiplient. Son appel à des réformes et la course à sa succession placent la communauté internationale devant une opportunité — ou un test — pour renouveler les instruments multilatéraux et renforcer la protection des populations affectées par les conflits et les chocs économiques.