Reprise des combats au Yémen menace 10000 réfugiés vers Djibouti et 230000 déplacés
ONU: la reprise des combats au Yémen pourrait pousser 10 000 réfugiés vers Djibouti et générer 230 000 déplacés internes
ONU: la reprise des combats au Yémen pourrait pousser jusqu’à 10 000 réfugiés vers Djibouti et provoquer plus de 230 000 déplacés internes (22 sept. 2026).
L’intensification récente des combats au Yémen menace d’aggraver une crise humanitaire déjà massive : les Nations Unies préviennent qu’une offensive contre la côte de la mer Rouge pourrait entraîner jusqu’à 10 000 arrivées de réfugiés à Djibouti et provoquer plus de 230 000 déplacements internes supplémentaires. Les violences, marquées par la prise de contrôle de larges portions du littoral, ont déjà forcé des milliers de civils à fuir et perturbé les échanges commerciaux régionaux.
Flux vers Djibouti attendus
Plusieurs milliers de personnes ont déjà traversé la mer Rouge vers Djibouti au début du mois, et les autorités humanitaires anticipent une hausse significative des arrivées une fois que les conditions maritimes se seront améliorées après la mi-octobre. Les projections des agences internationales fixent désormais à « plus de 10 000 » le nombre de réfugiés susceptibles d’atteindre Djibouti dans les semaines à venir, une pression supplémentaire pour un pays aux capacités d’accueil limitées.
Contrôle houthi de la côte de la mer Rouge
Les rebelles Houthis ont pris le contrôle de larges secteurs de la côte yéménite donnant sur la mer Rouge au début du mois, lors d’une offensive qui a fait « des centaines » de victimes des deux côtés et a entraîné des perturbations du trafic maritime. Cette avancée stratégique alimente les craintes d’une détérioration régionale, en particulier pour les routes commerciales qui traversent le détroit stratégique et pour la stabilité des approvisionnements énergétiques mondiaux.
Déplacements internes et ampleur de la crise
Les combats ont déjà déraciné plus de 100 000 civils, et le nombre total de personnes déplacées à l’intérieur du pays pourrait grimper de plus de 130 000 à plus de 230 000 selon les dernières estimations. À cela s’ajoutent les proches de 5,2 millions de personnes qui étaient déjà déplacées avant la reprise des hostilités, et environ 22 millions d’habitants du Yémen qui nécessitent une aide humanitaire. Les besoins en abri, en eau, en services de santé et en protection s’intensifient dans les zones touchées.
Capacité d’accueil à Djibouti et risques des traversées
Djibouti a reçu plusieurs milliers de réfugiés en quelques jours au début du mois, mettant à l’épreuve les services d’enregistrement, d’accueil et de protection. Les traversées maritimes depuis les côtes yéménites restent dangereuses, mais des conditions météorologiques plus favorables prévues après la mi-octobre pourraient accroître le nombre de départs. Les autorités humanitaires insistent sur la nécessité d’un renforcement rapide des mécanismes d’accueil pour éviter des arrivées non enregistrées et des situations de vulnérabilité extrême.
Financement insuffisant et appels d’urgence
La réponse humanitaire est compromise par des besoins de financement importants. L’opération du principal organisme de protection des réfugiés au Yémen est financée à hauteur de seulement 18 % pour 2026, et ses opérations à Djibouti n’atteignent que 15 % des besoins déclarés. Les agences estiment qu’environ 25 millions de dollars sont nécessaires en urgence pour fournir une aide immédiate à quelque 231 000 personnes affectées par les récents combats, et que 13,5 millions de dollars sont requis pour garantir l’accueil et l’assistance aux arrivants à Djibouti.
La combinaison d’un front militaire actif sur la côte, d’une saison maritime qui peut devenir propice aux traversées, et d’un déficit de financement expose des centaines de milliers de civils à un risque accru de déplacement prolongé et de détérioration des conditions de vie. Les organisations humanitaires appellent à une mobilisation rapide des ressources et à des corridors d’assistance pour permettre l’accès, l’enregistrement et la protection des populations en fuite, tout en soulignant la nécessité d’efforts diplomatiques pour réduire la violence et prévenir une escalade régionale.
Les autorités humanitaires rappellent que la situation reste volatile et que l’évolution des déplacements dépendra fortement de la dynamique des combats, des conditions maritimes et de la capacité des acteurs internationaux et nationaux à financer et coordonner une réponse rapide et soutenue.