Évêque réfugié se cache à Durban après menaces xénophobes liées au 30 septembre
Durban : Réfugiés se cachent et craignent une nouvelle vague de violences avant la date limite du 30 septembre 2026
À Durban, des réfugiés se cachent, craignant des attaques après l’appel anti-immigration du 30 septembre 2026, alors que les élections locales approchent.
Un évêque réfugié et plusieurs centaines de migrants se disent sous la menace d’attaques à Durban, après la montée d’une mobilisation anti-immigration qui a fixé une « date limite » au 30 septembre 2026. Installés depuis des mois sur le trottoir devant le centre d’accueil des réfugiés du District, des hommes, des femmes et des enfants ont été contraints de dormir à la rue, exposés au froid, à l’insécurité et à l’accès irrégulier aux soins et à l’alimentation. Pour certains, la date fixée par le mouvement March and March a ravivé des traumatismes liés à des flambées de xénophobie antérieures et a créé une peur persistante à l’approche des élections locales du 4 novembre 2026.
Menaces et peur à Durban avant le 30 septembre 2026
Un responsable communautaire qui vit en Afrique du Sud depuis 26 ans affirme se cacher après avoir reçu des menaces pour avoir défendu les droits des étrangers. Il décrit une situation où la distinction entre migrants « avec papiers » et « sans papiers » n’est souvent pas respectée par ceux qui attaquent : l’hostilité commence généralement par l’identification de la personne comme étrangère, indépendamment de son statut administratif. La perspective d’une nouvelle mobilisation le 30 septembre a déclenché des craintes généralisées parmi les communautés de réfugiés originaires notamment de la République démocratique du Congo, du Burundi, du Malawi, du Mozambique et d’autres pays voisins.
Conditions de vie des réfugiés devant le bureau du DHA
Pendant près de quatre mois, des réfugiés ont dormi sur le trottoir devant le bureau du ministère de l’Intérieur (DHA) à Durban, transformant l’espace public en un camp de fortune. Les familles dépendaient d’organisations de la société civile et de bénévoles pour la nourriture et les produits de première nécessité. Les témoignages décrivent un accès irrégulier aux médicaments et des conditions sanitaires précaires ; au moins un résident du camp était gravement malade et est décédé dans ces conditions, selon des récits locaux. Le camp illustre l’écart entre la recherche de protection administrative et l’absence d’alternatives d’hébergement sûres.
Conflits et manifestations orchestrés par March and March
Le mouvement anti-immigration March and March a organisé plusieurs manifestations et a fixé des échéances pour le départ des personnes en situation irrégulière, alimentant la peur dans les quartiers concernés. Des confrontations ont eu lieu début septembre entre manifestants et réfugiés ; lors de ces heurts, des blessés ont été signalés et la police est intervenue pour séparer les groupes. Les organisateurs affirment cibler l’immigration clandestine et la criminalité, mais de nombreux migrants rapportent des attaques motivées simplement par leur origine étrangère. Des incidents antérieurs, y compris des agressions physiques contre des travailleurs migrants, renforcent la défiance à l’égard de la sécurité publique.
Décision gouvernementale et évacuations vers Lindela
Face à la situation du camp de Durban, le gouvernement a ordonné le nettoyage du site mi-septembre. Les personnes affectées ont dû choisir entre retourner dans des quartiers d’où elles avaient fui ou accepter un hébergement temporaire à Lindela, en Gauteng, un centre de rétention pour migrants utilisé pour des détentions et des rapatriements. Le 15 septembre, 274 personnes ont été transportées en bus vers Lindela, tandis qu’environ 150 ont préféré rester à Durban et tenter de trouver un autre logement. La décision a divisé les familles et exacerbé les craintes liées à la détention administrative et au rapatriement forcé.
Impact économique et social sur les communautés migrantes
Les mois de tensions ont érodé les moyens de subsistance de nombreux réfugiés et petits entrepreneurs qui avaient bâti des activités locales. Certains responsables communautaires indiquent que la perte de commerces et la fermeture forcée d’établissements ont plongé plusieurs familles dans la précarité. La défiance envers la police persiste : des témoignages affirment que des plaintes pour agressions ont été difficiles à faire enregistrer, ce qui alimente le sentiment d’abandon et la vulnérabilité face à des actions violentes dirigées contre des étrangers.
Renforcement des contrôles aux frontières et limites juridiques
En réponse aux protestations, les autorités ont intensifié les contrôles migratoires : entre le 14 juin et le 20 août, 86 596 ressortissants étrangers ont été traités en vue d’un rapatriement, selon des bilans administratifs communiqués par l’appareil gouvernemental. Les chiffres avancent que 90 % des personnes concernées auraient pénétré illégalement et 95 % seraient entrées en dehors des points d’entrée officiels. Le gouvernement rappelle en outre que des échéances fixées par des groupes privés n’ont pas de force légale et met en garde contre toute initiative d’exécution par des citoyens. Malgré ces mises au point, la réalité sur le terrain reste marquée par la peur et des déplacements forcés.
La perspective d’une nouvelle flambée de violences liées à l’immigration fait écho à de précédents épisodes meurtriers et aux déplacements massifs observés dans le passé. Pour de nombreux réfugiés installés de longue date, la date du 30 septembre 2026 ne représente pas seulement une échéance administrative mais un rappel des fragilités persistantes dans la protection des populations migrantes et de l’instrumentalisation de la question migratoire dans un contexte électoral.