Fatima Ezzahra El Mansouri nommée première ministre du Maroc et deuxième femme arabe
Fatima Ezzahra El Mansouri nommée Premier ministre, une première historique au Maroc
Le 29 septembre 2026, le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri Premier ministre; elle doit former une coalition après le succès partiel du PAM.
Le 29 septembre 2026, le roi Mohammed VI a officiellement chargé Fatima Ezzahra El Mansouri de former le nouveau gouvernement marocain, marquant la première fois qu’une femme occupe la fonction de chef du gouvernement au Maroc et la deuxième dans le monde arabe. Nommée après les élections législatives de la semaine précédente, El Mansouri, 50 ans, figure du Parti Authenticité et Modernité (PAM) et ancienne maire de Marrakech, fait face à la tâche immédiate de construire une coalition parlementaire capable d’assurer une majorité à la Chambre des représentants.
Contexte politique et annonce royale
La décision royale a été communiquée par un communiqué du palais le 29 septembre 2026. Le PAM a obtenu 97 des 395 sièges de la chambre basse, résultat le plus élevé mais loin des 198 sièges nécessaires pour gouverner seul. La formation d’un cabinet stable et la négociation d’accords avec d’autres partis seront les priorités immédiates d’El Mansouri, qui a été chargée de proposer une liste ministérielle susceptible d’obtenir la confiance parlementaire.
Parcours et compétences de Fatima Ezzahra El Mansouri
Née à Marrakech en 1976, diplômée en droit et titulaire d’un diplôme d’études avancées de l’Université de Montpellier ainsi que d’un diplôme en droit des affaires anglo-saxon de l’Université de New York, El Mansouri combine expérience locale et responsabilités nationales. Élue maire de Marrakech en 2009 — première femme à occuper ce poste — puis de nouveau à la tête du conseil municipal après les élections de 2021, elle a ensuite rejoint le gouvernement en octobre 2021 comme ministre de l’Aménagement du territoire, du Développement urbain et du Logement. Son bilan inclut des programmes de relogement après le séisme d’Al Haouz et des réformes d’urbanisme.
Enjeux immédiats de la formation de la coalition
Avec 97 sièges, le PAM doit négocier avec plusieurs groupes parlementaires pour atteindre la majorité. Certains partis ont d’ores et déjà déclaré qu’ils resteraient dans l’opposition, notamment le Parti de la justice et du développement et la Fédération de la gauche démocratique. Les tractations porteront sur la répartition des portefeuilles, le programme gouvernemental et les priorités budgétaires. La capacité d’El Mansouri à forger des compromis sera déterminante pour la stabilité politique des mois à venir.
Priorités économiques et obligations liées à la Coupe du Monde 2030
Le futur gouvernement devra définir l’allocation d’investissements publics et privés, notamment en infrastructures, à l’approche de la Coupe du Monde de la FIFA 2030, événement pour lequel le Maroc devrait être l’un des principaux pays hôtes aux côtés du Portugal et de l’Espagne. Les dossiers prioritaires incluent les transports, l’hébergement, la sécurité, et les projets d’aménagement urbain dans les villes sélectionnées. La préparation de ces chantiers imposera un calendrier serré et des choix budgétaires importants.
Risques politiques et défis sociaux
La nomination d’une femme à la tête du gouvernement est saluée comme un signe d’évolution politique, mais elle survient dans un contexte où la fragmentation parlementaire et le mécontentement social persistent. Les défis comprennent la relance économique, la gestion du chômage, et la réponse aux besoins des régions affectées par des catastrophes naturelles. La manière dont le futur cabinet abordera ces questions influera sur l’adhésion citoyenne et sur la capacité à mener des réformes structurelles.
Répercussions régionales et symbolique historique
El Mansouri devient la deuxième femme à diriger un gouvernement dans le monde arabe, après Najla Bouden en Tunisie (octobre 2021–août 2023). Sa nomination porte une forte dimension symbolique au Maghreb et dans la région, et pourrait nourrir des débats sur la représentation des femmes en politique et l’évolution des pratiques institutionnelles. La portée concrète de cette nomination dépendra toutefois des résultats politiques et économiques qui suivront.
Les prochaines semaines seront consacrées aux négociations de coalition et à la présentation d’un programme ministériel. L’issue de ces discussions déterminera la feuille de route du Maroc pour les années à venir, tant sur le plan intérieur que pour les engagements internationaux liés aux grands événements prévus d’ici 2030.