L’Algérie a déployé des avions de combat à Niamey fin août affirme Tebboune
Tebboune confirme l’envoi d’avions algériens au Niger après la mutinerie de fin août
Abdelmadjid Tebboune affirme qu’Alger a déployé des avions à Niamey fin août pour contrer une tentative de coup d’État, soulignant l’urgence dans la région.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a déclaré que l’Algérie avait déployé des avions de combat au Niger à la fin du mois d’août en réponse à une tentative de coup d’État qui a secoué la capitale, Niamey. L’annonce, faite à travers des extraits d’un entretien diffusés par des médias locaux, confirme une intervention militaire aérienne destinée, selon Alger, à soutenir les autorités nigériennes face à une déstabilisation. Tebboune a expliqué que la décision résultait d’une situation jugée « allée trop loin », sans préciser les acteurs visés.
Tebboune confirme le déploiement aérien fin août
Selon le président, des appareils algériens ont été envoyés à Niamey à la suite des violences nocturnes qui ont éclaté entre le 28 et le 29 août. Il a déclaré que l’envoi des avions visait à répondre à une « tentative de coup d’État » et à protéger les institutions de l’État frère. Tebboune a rappelé que la posture algérienne était motivée par la proximité géographique et les liens de sécurité qui unissent Alger et Niamey.
Attaques et mutinerie à Niamey dans la nuit du 28 au 29 août
La nuit du 28 au 29 août, des tirs soutenus et des explosions ont été entendus dans plusieurs secteurs de Niamey. Des soldats dissidents ont d’abord ciblé une base liée à l’aéroport international Diori Hamani, puis ont mené des attaques contre la télévision publique et des installations proches du palais présidentiel. Les événements ont plongé la capitale dans l’incertitude et déclenché une réaction rapide des forces de sécurité locales.
Action des forces nigériennes et déclaration du ministre de la Défense
Le ministre nigérien de la Défense a rapporté qu’un groupe de militaires avait tenté d’arrêter certains de leurs collègues sur la base aérienne 101, ouvrant le feu ensuite sur des sites jugés stratégiques. Les forces de sécurité sont intervenues, ont engagé des opérations de sécurité et, progressivement, ont regagné le contrôle des zones visées. Les autorités nigériennes ont présenté ces actions comme une tentative limitée de déstabilisation, maîtrisée après une mobilisation des unités loyales.
Annonce du ministère algérien sur le débarquement d’appareils
Le 30 août, le ministère algérien de la Défense a indiqué avoir déployé des avions de combat au Niger en réponse aux troubles. Le communiqué ministériel précisait que des patrouilles de Sukhoi Su-30, accompagnées d’un avion-ravitailleur, s’étaient posées à Niamey pour mener une mission de soutien à l’armée nigérienne. Alger a présenté cette intervention comme réalisée à la demande des autorités nigériennes et encadrée par un objectif de stabilisation.
Accusations internationales et réfutations autour de la mutinerie
Dans le sillage des événements, le gouvernement militaire du Niger a rendu publiques des accusations visant certains États étrangers, accusés d’avoir orchestré la mutinerie manquée. Ces allégations ont été catégoriquement niées par les pays visés, qui rejettent toute implication. Le climat diplomatique est resté tendu, les accusations alimentant les incertitudes quant aux responsabilités extérieures dans la crise intérieure nigérienne.
Relations sécuritaires et visites officielles renforçant la coopération
Les autorités nigériennes et algériennes entretiennent des relations militaires et sécuritaires étroites, soutenues par une longue frontière et des intérêts convergents sur la stabilité du Sahel. Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, avait été en visite officielle à Alger les 26 et 27 août à la tête d’une délégation ministérielle chargée de renforcer la coopération bilatérale. Tebboune a souligné que Zeine était rentré chez lui la nuit précédant la mutinerie, indiquant un calendrier serré entre les rencontres diplomatiques et les événements survenus à Niamey.
La révélation publique par Tebboune du déploiement aérien algérien relance le débat sur les modalités d’intervention transfrontalière en Afrique de l’Ouest et sur le rôle des puissances régionales dans la prévention des effondrements étatiques. Les autorités algériennes présentent leur action comme une assistance à un État voisin confronté à une crise, tandis que la situation sur le terrain au Niger demeure marquée par des tensions politiques et des interrogations sur les responsabilités internes et externes.