Offensive majeure au Yémen pour reprendre Taiz et le littoral aux Houthis
Le gouvernement yéménite lance une offensive pour reprendre les territoires tenus par les Houthis
Le gouvernement yéménite annonce une offensive pour reprendre les zones tenues par les Houthis; les combats s’intensifient autour de Taiz et du Bab al-Mandeb.
Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen a lancé une campagne militaire d’envergure visant à reprendre l’ensemble des territoires sous contrôle des Houthis, a annoncé le président du Conseil présidentiel, Rashad al-Alimi. L’annonce intervient après plusieurs semaines d’affrontements violents et d’avancées houthies le long du littoral de la mer Rouge et autour de la ville stratégique de Taiz. Les autorités gouvernementales affirment avoir déjà obtenu des gains ponctuels, mais ces déclarations sont contestées par les autorités rebelles et n’ont pas été indépendamment vérifiées.
Ordre du président du Conseil présidentiel pour regagner les territoires
Rashad al-Alimi a ordonné aux forces armées, aux forces de sécurité et à toutes les formations militaires affiliées de mener des opérations coordonnées selon un plan approuvé, avec l’objectif explicite de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Le gouvernement affirme que cette campagne est la réponse aux récentes offensives houthies et à l’érosion des chances de désescalade après l’échec de la trêve de 2022 en juillet. Les autorités ont présenté l’opération comme nécessaire pour protéger les civils et rétablir les institutions.
Contrôle du district de Dhubab et contestations
Les forces gouvernementales ont annoncé la reprise du district côtier de Dhubab, situé près du détroit stratégique de Bab al-Mandeb. Les Houthis ont immédiatement démenti cette prise, soulignant la difficulté à confirmer la situation sur le terrain. Parallèlement, les rebelles ont mené une offensive qui leur a permis de s’emparer d’environ 150 kilomètres du littoral de la mer Rouge et d’avancer sur des positions proches de voies maritimes sensibles. La contestation des gains rend la situation fluide et augmente le risque d’engagements répétés dans des zones déjà lourdement touchées par les combats.
Bilan opérationnel revendiqué par les forces gouvernementales
Les autorités gouvernementales ont communiqué des chiffres précis sur les opérations menées: 1 122 actions militaires, 1 747 combattants houthies « neutralisés » et 364 véhicules militaires et logistiques détruits ou mis hors d’usage. Le porte-parole militaire a indiqué que des avions de combat, des drones, de l’artillerie, des missiles et des tireurs d’élite étaient mobilisés. Ces bilans n’ont pas été corroborés de manière indépendante et doivent être interprétés avec prudence, mais ils traduisent l’intensité et la diversité des moyens engagés dans cette phase du conflit.
Escalade autour de Taiz et coupures des routes d’approvisionnement
La ville de Taiz reste un point chaud du conflit. Les combats autour des zones rurales ont pris des formes de guérilla destinées, selon les analystes, à alléger la pression sur le front côtier tout en renforçant le blocus des routes menant à Aden, la capitale intérimaire du gouvernement. Des sources locales font état d’avancées houthies sur des hauteurs stratégiques qui menacent la dernière route d’approvisionnement reliant Taiz à Aden. Les combats dans le gouvernorat de Marib ont également connu une escalade, avec des frappes ciblées sur des dépôts et des renforts, ce qui complique encore la logistique des forces gouvernementales.
Soutien saoudien et risques pour la navigation dans Bab al-Mandeb
L’Arabie saoudite a réaffirmé son soutien militaire au gouvernement reconnu et sa volonté de poursuivre des actions visant à protéger la navigation dans le sud de la mer Rouge et le détroit de Bab al-Mandeb. Une coalition régionale a mené des dizaines d’attaques visant selon elle les renforts et positions houthies autour de Taiz et de Tor al-Baha. Les autorités saoudiennes invoquent un « droit inhérent » à défendre leur souveraineté face aux menaces contre leurs villes et infrastructures. La progression des combats le long de la route maritime internationale suscite des préoccupations pour le commerce mondial et la sécurité des routes maritimes reliant la mer Rouge au golfe d’Aden.
Les conséquences humanitaires s’aggravent: depuis la rupture de la trêve en juillet, plus de 100 000 personnes ont été déplacées selon les estimations gouvernementales, et l’accès aux services essentiels demeure limité dans plusieurs zones. Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement a appelé la communauté internationale à accroître son soutien, qualifiant la stabilité du Yémen d’intérêt mondial. Des analystes militaires soulignent la montée en puissance des capacités houthies en matière de missiles et de drones, attribuant ce développement à un soutien externe qui a modifié l’équilibre des forces. Dans ce contexte, la nouvelle offensive du gouvernement risque de provoquer une intensification prolongée des combats avec des répercussions régionales et humanitaires durables.