CGRI juge les flux pétroliers via Ormuz négligeables malgré la hausse des exportations
Ormuz : le CGRI qualifie de « négligeable » le trafic pétrolier malgré une hausse ponctuelle des exportations régionales
Le CGRI affirme que seuls 3–4 millions de barils/jour transitent par Ormuz, tandis que Kpler relève des pics d’exportation fin septembre supérieurs aux niveaux d’avant-guerre.
L’armée révolutionnaire iranienne (CGRI) a déclaré que les flux pétroliers transitant par la route maritime supervisée par les États-Unis dans le détroit d’Ormuz sont désormais « négligeables », situés selon elle entre trois et quatre millions de barils par jour. Cette affirmation contraste avec des données de suivi des navires qui montrent que les exportations de pétrole brut du Moyen-Orient ont ponctuellement dépassé les volumes d’avant-guerre lors de la dernière semaine de septembre, alimentant les questions sur la résilience des approvisionnements et la sécurité des voies maritimes.
Principales déclarations d’Ali Fadavi
Le commandant en chef du CGRI, Ali Fadavi, a affirmé lors d’une interview télévisée que la présence navale américaine s’était retirée du Golfe, du détroit d’Ormuz, de la mer d’Oman et du nord de l’océan Indien, estimant les navires américains « vulnérables à 100 % » face aux capacités du CGRI. Il a quantifié le transit maritime par la route contrôlée précédemment par la coalition à environ trois à quatre millions de barils par jour, qualifiant ce niveau de négligeable comparé au trafic d’avant la guerre.
Données de suivi et pics d’exportation fin septembre
Les chiffres provisoires de la société de suivi Kpler indiquent que les exportations de brut de la région ont dépassé les niveaux d’avant-guerre le 24 septembre et pendant la période du 27 au 29 septembre, atteignant des fourchettes comprises entre 19,5 et 22,5 millions de barils par jour. Sur la semaine qui a précédé le 30 septembre, le total combiné de brut, produits pétroliers, produits chimiques et liquides non gazeux a atteint une moyenne de 22,4 millions de b/j. La moyenne mobile sur sept jours au 1er octobre s’établissait, pour les seules exportations de brut, à 18,5 millions de b/j.
Modes de transit et facteurs techniques
Les calculs incluent les transits par le détroit d’Ormuz, la mer Rouge, les exportations depuis les terminaux et les transferts de cargaison navire à navire dans le golfe d’Oman. Les chiffres publiés excluent les navires ayant éventuellement désactivé leur transpondeur AIS, pratique qui peut masquer des traversées. Kpler a aussi signalé une hausse des cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) sortant du détroit d’Ormuz en septembre, atteignant son niveau mensuel le plus élevé depuis février.
Sécurité maritime et incidents récents
Depuis le 2 octobre, les incidents dans la région se sont multipliés, avec au moins une attaque par jour signalée dans le détroit d’Ormuz ou le golfe d’Aden. Les forces iraniennes ont revendiqué des frappes contre des navires, y compris des éléments de la marine américaine, et présenté ces opérations comme la cause du retrait partiel des bâtiments occidentaux. Le principal négociateur iranien et président du Parlement a par ailleurs indiqué que le détroit d’Ormuz resterait fermé tant que Washington n’accepterait pas le plan de sept jours proposé par Téhéran pour sa réouverture.
Impact potentiel sur le marché pétrolier régional
Avant l’escalade, les exportations régionales moyennes se situaient autour de 18 millions de b/j entre mars 2025 et février 2026. Les pointes observées fin septembre montrent que, malgré la tension militaire et les assertions d’un contrôle accru par les forces iraniennes, des volumes substantiels continuent de transiter par des routes alternatives ou via des opérations de contournement. L’augmentation temporaire des flux et du GNL suggère une adaptation des opérateurs et des négociants, mais la persistance des attaques et des menaces pèse sur les primes de risque et la planification logistique des compagnies pétrolières.
La situation demeure volatile : les déclarations militaires d’un côté et les relevés de trafic commercial de l’autre dessinent un paysage où la capacité opérationnelle des transporteurs, les itinéraires choisis et les mesures de sécurité privées et étatiques déterminent la continuité des approvisionnements. Tant que les parties ne parviendront pas à un accord sur des corridors sécurisés, la navigation dans le Golfe et aux abords du détroit d’Ormuz restera soumise à des interruptions ponctuelles et à une surveillance accrue.