ONU exige un cessez‑le‑feu immédiat au Soudan et prolonge la mission d’enquête
Le Conseil des droits humains prolonge la mission d’enquête et exige un cessez‑le‑feu immédiat au Soudan
Le Conseil des droits humains adopte une résolution appelant à un cessez‑le‑feu immédiat au Soudan et prolonge la mission d’enquête sur les abus, tout en condamnant les frappes contre les civils. (155 caractères)
Le 6 octobre 2026, à Genève, le Conseil des droits humains des Nations Unies a adopté une résolution exigeant un cessez‑le‑feu immédiat au Soudan et prolongeant le mandat de la mission internationale indépendante chargée d’établir les faits sur les violations des droits humains. La décision, prise par 28 voix pour, 10 contre et 9 abstentions, intervient dans un contexte d’intensification des frappes aériennes et des attaques de drones contre des zones civiles, alors que l’aide humanitaire continue d’être ciblée.
Adoption de la résolution à Genève
La résolution adoptée le 6 octobre prolonge la mission d’établissement des faits et formule des exigences claires : un cessez‑le‑feu immédiat et complet sans conditions, la mise en place d’un mécanisme de surveillance indépendant et la restauration des infrastructures de base affectées par les combats. Le texte a recueilli le soutien d’une majorité de membres du Conseil, mais a été rejeté par plusieurs délégations, le Soudan appelant les États membres à refuser la mesure au motif que ses réserves n’avaient pas été prises en compte.
Condamnation des frappes de drones et ciblage des civils
Les États membres du Conseil ont fermement condamné l’utilisation croissante de drones et les frappes aériennes qui frappent des zones civiles. Le Conseil a dénoncé des “attaques aveugles contre des civils” et des bombardements entraînant la mort de populations et la destruction d’infrastructures essentielles, notamment des écoles et des hôpitaux. Les rapports évoquent une hausse significative des frappes de drones : plus de 1 100 décès liés à ces frappes ont été recensés au cours des cinq premiers mois de l’année, selon des données citées lors des débats.
Attaque contre un convoi du Programme alimentaire mondial
La résolution et les débats ont été rendus encore plus urgents par une attaque visant un convoi humanitaire du Programme alimentaire mondial (PAM). Une frappe aérienne a touché un camion transportant des vivres entre Dilling et Kadugli, dans le Kordofan Sud, tuant un conducteur et endommageant des denrées vitales. Le PAM a précisé que les véhicules portaient des marquages humanitaires clairement visibles. L’attaque est survenue 24 heures après qu’un autre véhicule du PAM eut sauté sur un engin explosif à Dilling, après une distribution de nourriture. L’agence a réclamé une enquête transparente et la mise en responsabilité des auteurs, rappelant que les travailleurs et les ressources humanitaires ne doivent pas être des cibles.
Extension du mandat de la mission d’enquête
La mission internationale indépendante d’établissement des faits voit son mandat prolongé pour poursuivre la collecte et la préservation de preuves d’abus commis par toutes les parties au conflit. Les enquêteurs ont documenté de nombreuses violations et continuent de rassembler des éléments susceptibles d’alimenter des procédures futures. La prolongation vise à garantir la continuité des investigations et à renforcer la surveillance internationale de la situation des droits humains sur le terrain.
Accusations de crimes graves au Darfour
Parmi les conclusions antérieures de la mission, figure un rapport publié en février qui a estimé que la prise d’El‑Fasher, capitale du Nord Darfour, par les Forces de soutien rapide (RSF) présentait “les caractéristiques d’un génocide”. Les enquêteurs ont décrit un siège prolongé, des privations systématiques de nourriture et de médicaments, des exécutions sommaires massives, des violences sexuelles généralisées et des meurtres ciblant principalement des groupes non arabes. La résolution et les débats au Conseil ont souligné la gravité de ces allégations et la nécessité d’une réponse internationale coordonnée.
Réseaux d’approvisionnement et ingérences étrangères pointés du doigt
Le Conseil a également mis en garde contre l’ingérence extérieure qui alimente le conflit : transferts illégaux d’armes, réseaux financiers illicites et recours à des mercenaires ont été identifiés comme facteurs aggravants. Les experts ont insisté sur l’importance de mesures visant à couper les flux d’armes irréguliers et à sanctionner les acteurs qui facilitent ces transferts, afin de réduire la capacité des parties à poursuivre les opérations militaires.
La résolution appelle aux mesures concrètes pour protéger les civils, garantir l’accès humanitaire sans entraves et assurer la prise en charge des populations déplacées. Elle demande aussi des enquêtes indépendantes, la restitution des biens et la réparation des victimes. Alors que la guerre entre l’armée soudanaise et les RSF, commencée en avril 2023, a déjà fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de plus de 13 millions de personnes, les diplomates ont averti qu’aucune solution militaire n’apporterait de stabilité durable. La communauté internationale est désormais invitée à renforcer ses efforts pour protéger les civils, soutenir l’acheminement de l’aide et faire progresser les enquêtes sur les crimes commis.