Un an après, le cessez-le-feu à Gaza n’existe que sur le papier
Le cessez-le-feu de papier : un an après, Gaza reste en état d’urgence humanitaire
Un an après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu du 10 octobre 2025, plus de 100 organisations humanitaires affirment qu’il n’a pas mis fin aux violences quotidiennes ni aux blocages de l’aide, laissant Gaza dans une crise aiguë.
La proclamation d’un cessez-le-feu il y a un an n’a pas mis fin aux souffrances à Gaza, selon un large rassemblement d’organisations humanitaires et de la société civile. Les mouvements de troupes, les frappes et les tirs continuent de faire des victimes parmi les civils, tandis que des restrictions persistantes sur l’acheminement des médicaments, du carburant et des matériaux de construction empêchent toute reprise fiable des services essentiels et de la reconstruction des logements.
Violence persistante et bilan humain sur un an
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre 2025, les acteurs humanitaires compilant les événements sur le terrain signalent que plus de 1 400 Palestiniens ont été tués et des milliers blessés au cours de l’année écoulée. Les épisodes récents incluent des tirs à balles réelles contre des civils dans des camps de réfugiés du centre de l’enclave et des frappes qui ont fait au moins huit morts lors d’une journée de bombardements. Sur la période plus longue, qui couvre le conflit déclenché en octobre 2023, les autorités locales indiquent que le nombre total de morts dépasse les 74 000 et que des centaines de milliers d’autres ont été blessés, plusieurs dizaines de milliers avec des séquelles permanentes.
Hôpitaux surchargés et pénuries médicales
Les établissements de santé restants fonctionnent en dessous de leur capacité et connaissent des pénuries chroniques de médicaments, d’équipements et de carburant. Aucun des principaux hôpitaux n’opère à pleine puissance, et les réserves se tarissent face à une demande croissante. L’impact se traduit par des soins retardés, des interventions limitées et une prise en charge inégale des blessés graves, incluant un nombre élevé d’enfants nécessitant une rééducation à long terme.
Evacuations médicales et décès en attente
Des dizaines de milliers de patients ont besoin d’une évacuation vers des structures mieux équipées : les estimations évoquent plus de 18 500 personnes, dont plusieurs milliers d’enfants. Les files d’attente pour une évacuation, l’absence de corridors sûrs et les délais administratifs ont entraîné la mort de centaines de patients avant qu’ils ne puissent recevoir des soins adaptés, aggravant la crise humanitaire et sanitaire.
Crise du logement et déplacement massif
Près de deux millions d’habitants de Gaza vivent dans des conditions précaires, avec environ 80 % des logements endommagés ou détruits. Les déplacements forcés et la saturation des abris ont créé des environnements surpeuplés, propices aux maladies et à l’épuisement des services sociaux. Les perspectives de retour ou de reconstruction sont limitées tant que les conditions de sécurité et d’accès aux matériaux restent incertaines.
Restrictions aux matériaux et obstacles à la reconstruction
Les mesures limitant l’entrée d’équipements de construction, d’outillage et de pièces indispensables freinent toute tentative de relance économique et de remise en état des infrastructures. Sans approvisionnement régulier en matériaux de base, les communautés ne peuvent ni réparer les habitations ni relancer les services d’eau, d’électricité et d’assainissement indispensables à une vie normale.
Sécurité alimentaire et risque de famine
La combinaison d’interruptions des chaînes d’approvisionnement, de perte de revenus et d’accès restreint aux importations expose une large part de la population à l’insécurité alimentaire. Les évaluations humanitaires avertissent qu’environ 1,4 million de personnes risquent d’atteindre des niveaux de faim critiques si l’aide et les importations alimentaires ne sont pas rapidement renforcées.
Les signataires des appels humanitaires insistent sur la nécessité d’un accès immédiat et durable aux livraisons d’aide, d’un allègement des restrictions sur les matériaux essentiels et d’un mécanisme fiable pour évacuer les patients urgents. Ils plaident également pour des garanties de protection des civils afin de réduire les pertes humaines et permettre, à terme, des conditions de vie acceptables. Sans mesures concrètes pour combiner sécurité, assistance et reconstruction, l’accord de cessez-le-feu restera, aux yeux de nombreux observateurs sur le terrain, une avancée limitée sur le papier face à une réalité quotidienne de violences et de privations.