La CAF pourrait revenir à une CAN biennale, annonce Patrice Motsepe
La CAF réexamine la fréquence de la CAN — Motsepe évoque un possible retour à la biennale
La CAF revoit sa décision: Motsepe évoque le retour possible de la CAN biennale et confirme que l’édition 2027 aura lieu au Kenya, Tanzanie et Ouganda.
La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé qu’elle réévalue la décision de rendre la Coupe d’Afrique des nations (CAN) quadriennale, a déclaré son président Patrice Motsepe lors de la conférence stratégique de l’instance au Cap-Vert. Motsepe a précisé que la réforme décidée en décembre 2025 — qui prévoyait d’aligner la compétition sur le calendrier international en la passant à un cycle de quatre ans à partir de 2028 — est désormais soumise à un nouvel examen et que le retour à une CAN tous les deux ans n’est pas exclu.
Annonce publique et contexte de la conférence
Lors de la dernière journée de la conférence, Motsepe a indiqué que la décision prise en décembre 2025 avait suscité de vives réactions au sein du football africain, notamment lors de l’édition 2025 de la CAN au Maroc. Il a expliqué que le bureau exécutif et les fédérations membres avaient discuté à nouveau des effets de cette réforme sur le calendrier, les intérêts sportifs et économiques du continent, et sur la place de l’Afrique dans le calendrier mondial du football. Le président de la CAF a souligné que l’examen serait conduit « très clairement » et que toutes les options restaient ouvertes.
Motsepe rejette l’idée d’une soumission à la FIFA ou à l’UEFA
Interrogé sur les critiques affirmant que la décision de 2025 avait été influencée par des acteurs externes, Motsepe a fermement rejeté l’idée que la CAF obéissait aux orientations de la FIFA ou de l’UEFA, qualifiant ces insinuations d’« un non-sens, une connerie absolue ». Il a rappelé que sa priorité est de protéger et promouvoir les intérêts africains et que, lorsqu’il le faut, il sait s’opposer aux pressions pour défendre ces intérêts. Motsepe, qui est également vice-président de la FIFA, a insisté sur l’autonomie décisionnelle de la CAF.
Soutien institutionnel et position sur Gianni Infantino
Au cours de la session, la direction de la CAF a réitéré son soutien au président de la FIFA, Gianni Infantino, et a salué les investissements consentis par l’instance internationale au profit du football africain au cours de la dernière décennie. Motsepe a indiqué que, malgré les tensions publiques, la relation institutionnelle avec la FIFA reste stratégique pour le développement des infrastructures et des compétitions sur le continent. La CAF, qui compte 54 membres, a affirmé vouloir conserver un dialogue constructif tout en préservant ses prérogatives.
Confirmation de l’organisation de la CAN 2027 par les pays d’Afrique de l’Est
Malgré des reportages faisant état de retards de chantiers et de pressions pour délocaliser l’édition suivante, Motsepe a confirmé que la CAN 2027 se déroulera comme prévu en Afrique de l’Est, co-organisée par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda. Il a insisté sur la nécessité de « croire en l’Afrique » et a reconnu que des difficultés d’organisation pouvaient survenir, mais qu’elles ne devaient pas conduire à renoncer aux projets continentaux. Les gouvernements et les fédérations hôtesses ont été invités à accélérer les préparatifs techniques et logistiques pour garantir la tenue du tournoi.
Impacts possibles sur le calendrier international et les acteurs concernés
Le réexamen de la fréquence de la CAN pose des questions opérationnelles importantes: adaptation des calendriers de clubs et de ligues, répartition des fenêtres internationales, gestion de la charge des joueurs et arrangements contractuels avec diffuseurs et partenaires commerciaux. Un retour à la biennale optimiserait la visibilité du tournoi et limiterait l’écartement des sélections africaines des autres cycles internationaux, mais soulèverait des contraintes supplémentaires pour les clubs européens et les compétitions nationales. La CAF a indiqué qu’elle évaluera ces paramètres techniques et financiers avant de statuer définitivement.
Les fédérations nationales ont désormais la charge d’apporter des analyses détaillées sur les impacts sportifs et économiques. Motsepe a précisé que la décision finale dépendra d’un compromis entre la préservation des intérêts africains et la nécessité de s’insérer harmonieusement dans le calendrier mondial du football. La CAF s’est engagée à consulter largement ses membres et à rendre publique sa position finale après l’achèvement des consultations internes et des études d’impact.
La mobilisation autour de ce réexamen souligne l’importance symbolique et pratique de la CAN pour le football africain; toute décision aura des répercussions sur la planification à moyen terme des fédérations, des clubs et des partenaires commerciaux, et la CAF devra concilier ambitions continentales et réalités organisationnelles.