FMI salue la résilience économique du Maroc et appelle à poursuivre les réformes
Le FMI salue la résilience du Maroc et appelle à poursuivre les réformes pour préserver la stabilité financière
FMI: le Maroc montre une résilience face au Covid‑19 et à la guerre en Ukraine; l’institution encourage la poursuite des réformes et la maîtrise de la dette.
Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que la résilience de l’économie marocaine devrait se maintenir malgré les effets prolongés de la pandémie de Covid‑19 et de la guerre en Ukraine. Dans son appréciation, le royaume est présenté comme un exemple régional, tandis que les équipes du FMI encouragent Rabat à poursuivre des réformes structurelles ciblées pour consolider la stabilité macroéconomique et réduire le niveau d’endettement.
Évaluation du FMI sur la résilience marocaine
Le responsable en charge de la région Afrique du Nord, Moyen‑Orient et Asie centrale au FMI, Jihad Azour, a souligné que le Maroc a démontré une capacité à absorber des chocs externes récents. Selon l’analyse de l’institution, les réformes engagées et l’ajustement des politiques publiques ont contribué à limiter l’impact des perturbations extérieures sur la demande intérieure, l’emploi et la balance des paiements. Le FMI note que, même si des risques persistent, la trajectoire économique reste relativement robuste par rapport à plusieurs pays de la région.
Réformes structurelles annoncées par Rabat
Parmi les mesures identifiées comme positives, le FMI mentionne l’ouverture d’un chantier sur la réforme du système de protection sociale et l’adoption de mesures visant à améliorer la gouvernance et l’efficience des entreprises publiques. Ces initiatives visent à moderniser le cadre institutionnel, réduire les distorsions et rendre certains services publics plus viables financièrement. Le FMI considère que ces réformes, si elles sont mises en œuvre de façon soutenue et transparente, peuvent renforcer la compétitivité et soutenir la croissance à moyen terme.
Ciblage de l’aide sociale et insertion dans l’économie mondiale
Le royaume a, selon le FMI, amélioré le ciblage de ses dispositifs d’aide sociale, en concentrant les transferts sur les ménages les plus vulnérables. Cette meilleure allocation des ressources publiques, conjuguée à une stratégie d’ouverture économique et d’intégration dans les chaînes de valeur mondiales, a renforcé la capacité de l’économie à absorber les chocs externes. Le FMI note également que la transformation vers des activités plus connectées à la demande globale favorise l’investissement et la création d’emplois qualifiés.
Recommandations pour la stabilité des finances publiques
Malgré ces progrès, le FMI appelle à la vigilance sur le plan budgétaire. L’institution recommande de poursuivre les réformes structurelles, de maintenir la maîtrise des dépenses publiques et de réduire progressivement le ratio d’endettement. Le message est clair : la stabilité macroéconomique dépendra de la capacité des autorités à conjuguer soutien social et discipline budgétaire, tout en mettant en place des mécanismes de gestion des risques liés aux entreprises publiques et aux fluctuations extérieures.
Risques externes et impératifs de politique économique
Le FMI rappelle que l’environnement international demeure incertain en raison de la persistance des effets de la guerre en Ukraine, des tensions commerciales et des séquelles de la pandémie. Ces facteurs peuvent exercer des pressions sur les prix des importations, la balance commerciale et les réserves. Face à ces risques, l’institution encourage également des politiques monétaires et de change prudentes, un renforcement des filets de protection sociale bien ciblés, et une politique d’investissement public orientée vers la productivité.
La trajectoire recommandée par le FMI met l’accent sur un double objectif : consolider les acquis en matière de résilience macroéconomique et poursuivre des réformes structurelles qui améliorent l’efficience économique et la soutenabilité de la dette. Pour que ces effets se traduisent en croissance inclusive, les autorités devront assurer une mise en œuvre rapide et transparente des mesures annoncées, renforcer la coordination entre ministères et suivre de près l’évolution des finances publiques. En l’absence de nouveaux chocs majeurs, le Maroc pourrait ainsi préserver la stabilité acquise et améliorer sa position face aux défis régionaux.