Mort d’un retraité néerlandais à Marrakech après six jours d’attente pour rapatriement médicalisé
Un Néerlandais de 72 ans meurt à Marrakech après six jours d’attente pour un rapatriement médicalisé
Ad van Til, 72 ans, est décédé à Marrakech le 8 octobre 2026 après six jours d’attente pour rapatriement médicalisé; sa famille accuse SOS International.
Le retraité néerlandais Ad van Til, 72 ans, est décédé le 8 octobre 2026 dans un hôpital de Marrakech après une attente de six jours pour un rapatriement médicalisé. Hospitalisé le 2 octobre en raison de graves difficultés respiratoires, il avait reçu une autorisation médicale locale de voyager sous surveillance, mais le transfert vers les Pays-Bas n’a pas été organisé à temps. Sa famille met en cause des dysfonctionnements administratifs et des retards dans la prise en charge par l’assureur et le prestataire chargé du rapatriement.
Début de l’incident et diagnostic initial
Ad van Til se trouvait en vacances à Marrakech avec son épouse lorsque son état s’est brusquement détérioré le 2 octobre 2026, jour prévu de leur retour aux Pays-Bas. Transporté à l’hôpital, il a été soumis à plusieurs examens évoquant la possibilité d’un cancer du poumon et nécessitant des investigations complémentaires. Les médecins locaux ont rapidement rédigé une autorisation de vol sous surveillance médicale, condition qui pourrait permettre un rapatriement si l’état du patient et l’évaluation médicale le permettent.
Difficultés de coordination entre assureur et prestataire
La famille a contacté l’assureur du voyage, qui a orienté les proches vers le prestataire chargé d’organiser le rapatriement. Selon le gendre, les appels quotidiens se sont multipliés : « Nous appelions six à huit fois par jour », dit-il, décrivant une succession de demandes répétées de documents et d’informations sans aboutir à une organisation effective du transfert. Les proches affirment avoir dû renvoyer plusieurs fois les mêmes pièces et attendre des rappels qui n’arrivaient pas.
Offre privée et coût du rapatriement médicalisé
Face à l’inaction perçue, la famille a sollicité de son propre chef une compagnie privée capable d’organiser un rapatriement médicalisé. Mi-semaine, elle a trouvé une option avec un coût annoncé de 37 000 euros et un délai d’exécution estimé à 48 heures, solution potentiellement mobilisable via un avion spécialement équipé et une équipe médicale. Malgré cette possibilité, aucun vol n’a pu être mis en place avant la dégradation rapide de l’état de santé d’Ad van Til.
Découverte d’erreurs administratives et décès
Le jeudi 8 octobre 2026, l’état du patient s’est fortement aggravé, avec un début d’insuffisance rénale. Lorsqu’un responsable du prestataire a finalement examiné le dossier, il a constaté que des documents médicaux transmis par l’hôpital avaient été mal classés et n’avaient pas été pris en compte. Le gendre déplore qu’« un temps précieux a été perdu ». Quelques heures après cette découverte, Ad van Til est décédé à l’hôpital, entouré de son épouse et de son petit-fils présent au Maroc.
Réponse du prestataire et suite administrative
Le prestataire contacté a exprimé sa tristesse et indiqué qu’il examinerait le déroulement du dossier avec la famille, tout en rappelant que l’autorisation médicale locale ne suffit pas en elle-même : ses propres médecins doivent évaluer la sécurité et la nécessité du transport avant de valider un rapatriement. L’organisme n’a toutefois pas confirmé publiquement les erreurs administratives alléguées par les proches. L’assureur qui avait été saisi a également été impliqué dans les échanges, sans qu’un transfert n’ait été finalisé à temps.
Après le décès, la famille a rencontré de nouvelles difficultés pour organiser le rapatriement du corps vers les Pays-Bas. Le gendre et son épouse sont rentrés aux Pays-Bas le 12 octobre 2026, laissant les démarches funéraires en suspens à Marrakech. Selon lui, « Il serait probablement mort rapidement aussi à Helmond, mais au moins il aurait été chez lui, avec sa famille », exprimant le regret de n’avoir pas pu le ramener avant sa mort.
La succession de retards, de demandes répétées de documents et la découverte tardive d’un mauvais classement des pièces interrogent sur les procédures de gestion des rapatriements médicaux à l’étranger. La famille réclame des clarifications sur les responsabilités et sur les raisons pour lesquelles une solution commerciale disponible n’a pas été mise en œuvre plus tôt. Les autorités et organismes impliqués disposent désormais d’éléments transmis par les proches pour expliquer les délais et les décisions prises pendant cette période critique.
Alors que la famille tente d’achever les démarches administratives et funéraires, cette affaire soulève des questions sur la coordination entre structures médicales locales, assureurs et prestataires internationaux de rapatriement, et sur la manière de garantir des réponses rapides aux patients gravement malades à l’étranger.