Rumeurs de décès entourent Paul Biya président du Cameroun âgé de 93 ans
Paul Biya de nouveau au centre de rumeurs de décès après un long séjour à l’étranger
Paul Biya, 93 ans, fait l’objet de rumeurs de décès après un long séjour à l’étranger. De retour le 20 août, il n’a pas nommé de gouvernement ni vice-président.
Paul Biya, président du Cameroun depuis 1982, est revenu au pays le 20 août après 74 jours d’absence qui ont ravivé des rumeurs non confirmées le concernant, allant d’hospitalisations à des allégations de décès. Son séjour prolongé à l’étranger et la discrétion entourant son état de santé ont alimenté l’inquiétude au sein de la population et relancé les débats sur la gouvernance, la succession et la stabilité politique du pays, alors que la nomination d’un nouveau gouvernement et la désignation éventuelle d’un vice-président attendent toujours d’être annoncées.
Rumeurs intensifiées par un long séjour à l’étranger
La longue absence de Paul Biya a renforcé des rumeurs persistantes sur sa santé. Parti pour ce que son bureau a qualifié de « court séjour privé », il était à Genève depuis le 7 juin avant de rentrer le 20 août, selon les informations rendues publiques. Pendant cette période, des informations non confirmées sur une hospitalisation ont circulé, puis des rumeurs plus graves ont évoqué un décès. Les autorités ont démenti certaines de ces allégations, mais l’absence de communications publiques détaillées a laissé place à l’incertitude et aux spéculations.
Retour le 20 août après 74 jours d’absence
À son arrivée le 20 août, Biya et son épouse ont été accueillis par des partisans. Des images le montrent brièvement saluant depuis son véhicule officiel et serrant la main du Premier ministre Joseph Ngute. Malgré ces apparitions publiques, de nombreux Camerounais considèrent qu’elles sont insuffisantes pour écarter définitivement les doutes sur la capacité du président à exercer pleinement ses fonctions. L’absence prolongée — 74 jours cette fois, contre 42 jours en 2024 — est parmi les plus longues de son règne récent et a ravivé le surnom de « président absent » qui lui est souvent attribué.
Réactions politiques et impatience pour un remaniement
Depuis sa réélection lors d’élections contestées en octobre 2025, Paul Biya n’a pas encore annoncé de nouveau gouvernement. Cette absence de nominations nourrit la frustration d’une partie de la population et des observateurs. Pendant son séjour à l’étranger, le palais a publié quelques décrets — notamment des promotions militaires et des réorganisations au sein de l’armée — mais aucun remaniement ministériel majeur n’a été confirmé à son retour. Les citoyens et les milieux d’affaires attendent des signes clairs d’action, jugeant que la stagnation administrative pèse sur la confiance des investisseurs et sur la gouvernance quotidienne.
Le rôle du vice-président restauré et la question de la succession
La perspective d’une nomination d’un vice-président alimente désormais les spéculations. Le poste, aboli en 1972, a été rétabli par le Parlement en avril (année non précisée dans les informations publiques récentes), et la nouvelle loi autorise le président à désigner et révoquer cette fonction. Selon le texte, le vice-président remplirait le reste du mandat présidentiel s’il était dans l’incapacité d’exercer. Pour certains, cette disposition offre à Paul Biya un mécanisme pour sélectionner un successeur de son choix; pour d’autres, elle soulève des craintes d’une concentration du pouvoir et d’un processus peu transparent. En l’absence d’une figure clairement préparée, plusieurs noms sont évoqués dans les coulisses politiques, y compris des responsables de l’appareil d’État et des proches du pouvoir, mais aucune annonce officielle n’a été faite.
Tensions internes et implications pour la sécurité
Durant le long règne de Biya, le Cameroun a fait face à des menaces sécuritaires persistantes : la présence du groupe armé Boko Haram dans le nord et des mouvements séparatistes actifs dans l’ouest ont marqué ces dernières années, tandis que l’économie, malgré des ressources pétrolières, a souffert d’une croissance limitée. Les analystes et l’opposition affirment que l’absence prolongée et le manque de renouvellement politique peuvent affaiblir la capacité de l’État à répondre à ces défis. La répression des manifestations post-électorales d’octobre 2025, qui, selon des groupes de défense, a fait au moins 48 morts, a par ailleurs creusé le fossé entre le pouvoir et une partie de la population.
La situation actuelle met en lumière un dilemme politique : maintenir la continuité du pouvoir sous un président âgé et fréquemment absent, ou engager une transition contrôlée susceptible d’apaiser les tensions et de restaurer la confiance. Les partisans du président insistent sur la légitimité de son mandat et la stabilité institutionnelle, tandis que l’opposition demande davantage de transparence et la préparation d’une succession claire et démocratique. Dans ce contexte, la nomination d’un cabinet renouvelé et la désignation éventuelle d’un vice-président sont attendues comme des signaux clés de l’orientation future du pays.
Les prochains jours et semaines seront surveillés de près par les Camerounais et les observateurs régionaux : une annonce de remaniement ministériel ou la nomination d’un vice-président pourrait apaiser certaines inquiétudes, alors que l’absence de décision prolongée risque d’accentuer les spéculations et d’entretenir l’incertitude politique.