Enquête à Tanger sur un promoteur soupçonné d’avoir reçu des fonds de Jamal
Enquête à Tanger sur des fonds versés avant la disparition de Jamal à Marbella
Six ans après l’enlèvement de Jamal à Marbella, la police de Tanger enquête sur un promoteur soupçonné d’avoir reçu des fonds; la famille réclame des réponses.
Depuis l’ouverture d’une enquête à la police judiciaire de Tanger, l’épouse de Jamal engage une nouvelle bataille judiciaire visant à obtenir des comptes sur des sommes qui auraient été remises à un promoteur immobilier avant la disparition de son mari. Six ans après l’enlèvement survenu à Marbella, les autorités marocaines cherchent à déterminer la nature des transferts et la destination des fonds, tandis que la famille demande des éclaircissements sur des transactions restées mystérieuses.
Enquête ouverte par la police judiciaire de Tanger
La procédure a été déclenchée après une plainte déposée par la famille de la victime. Les enquêteurs ont entendu le promoteur visé par l’accusation et examinent désormais les éléments financiers en leur possession. L’objectif principal est de savoir si des versements ont bien été effectués, dans quelles conditions et pour quel motif, afin d’établir si des détournements ou des engagements non respectés ont eu lieu.
Audition d’un promoteur immobilier
Le promoteur a été convoqué et auditionné par les services chargés de l’instruction. Les enquêteurs cherchent à reconstituer la chronologie des opérations financières et à recouper les déclarations avec les documents comptables et bancaires disponibles. Les investigations porteront également sur d’éventuelles transactions immobilières ou accords commerciaux liant le disparu et l’homme interrogé, pour déterminer s’il existe une contrepartie tangible aux fonds reçus.
Recherche de témoins et vérification des pièces
La famille affirme que plusieurs personnes auraient assisté à la remise de sommes d’argent avant l’enlèvement. Les enquêteurs pourraient à présent entendre ces témoins pour confronter leurs récits aux pièces financières. Les services judiciaires s’intéressent à la traçabilité des virements, aux reçus éventuels et à tout contrat susceptible de contextualiser les flux monétaires. Aucune somme précise n’a été rendue publique pour préserver le cours de l’enquête.
Rappel des circonstances de l’enlèvement à Marbella le 22 août 2020
L’affaire remonte au 22 août 2020, date à laquelle l’homme d’affaires a été emporté à Marbella alors qu’il se trouvait en vacances avec sa famille. Selon le récit établi par les proches, des individus déguisés en policiers et arrivant à bord de véhicules simulant des dispositifs d’intervention l’ont extrait de sa voiture avant de l’emmener. Depuis cette nuit, la famille n’a reçu ni preuve de vie ni demande de rançon, restant sans nouvelles et dans l’incertitude.
Procédures judiciaires menées en Espagne en 2023
Des investigations menées en Espagne avaient conduit, en février 2023, à l’arrestation de deux ressortissants étrangers soupçonnés d’être impliqués dans l’enlèvement. Toutefois, la procédure a par la suite connu des difficultés liées au respect de délais d’instruction, ce qui a entraîné l’annulation de certains actes d’enquête concernant d’autres personnes mises en cause. Ces aléas judiciaires ont freiné l’avancée globale du dossier et accru la frustration des proches.
Impact sur la famille et enjeux civils
Outre la recherche de vérité sur les circonstances de la disparition, la famille se trouve aujourd’hui confrontée à un contentieux financier. L’épouse réclame la restitution de fonds qu’elle considère comme appartenant au ménage. La dimension civile de l’affaire se superpose à l’enquête pénale, et la possibilité d’actions parallèles — pour récupérer des biens ou obtenir des dommages — n’est pas écartée si les éléments prouvant le transfert et l’absence de contrepartie sont établis.
Les autorités de Tanger devront désormais mener un travail de coopération documentaire et, si nécessaire, solliciter des échanges d’informations avec des partenaires étrangers pour reconstituer la trajectoire des sommes évoquées. L’issue de cette phase d’instruction financière pourra éclairer l’enquête pénale en fournissant des éléments nouveaux sur les relations économiques entre le disparu et les personnes entendues, et aider à déterminer si d’autres poursuites ou saisies s’imposent.