Importations marocaines de bovins vivants auprès du Brésil bondissent de 421% en 2025
Importations de bovins : la facture du Maroc au Brésil passe de 41 M$ à 213,5 M$ en un an
Les importations marocaines de bovins vivants ont augmenté de 421 % entre 2024 et 2025, passant de 41 millions à 213,5 millions de dollars, plaçant le Brésil au cœur des approvisionnements.
Importations marocaines de bovins : hausse de 421 % entre 2024 et 2025
En l’espace d’une année, la valeur des bovins vivants importés par le Maroc a été multipliée par 5,2, une progression de 421 % qui porte la facture de 41 millions de dollars en 2024 à 213,5 millions en 2025. Ce renversement rapide des flux commerciaux traduit une dépendance accrue aux marchés extérieurs pour couvrir la demande nationale en viande rouge.
Le Brésil capte près de la moitié des dépenses marocaines en 2025
Sur la masse totale dépensée par le Maroc pour l’achat de bovins vivants à l’étranger en 2025, près de 46,7 % sont allés aux fournisseurs brésiliens. Autrement dit, sur 100 dollars dépensés par les importations marocaines de bovins vivants, presque 47 dollars ont profité au Brésil, qui s’affirme comme un fournisseur dominant en valeur.
Position du Maroc parmi les clients du Brésil en 2026
La dynamique commerciale s’est poursuivie en 2026 : au cours des quatre premiers mois de l’année, le Maroc est remonté au second rang des destinations des exportations brésiliennes de bovins vivants. Ce classement reflète une augmentation soutenue des commandes et un renforcement des relations commerciales entre exportateurs brésiliens et importateurs marocains, au moment où les besoins intérieurs du royaume restent élevés.
Facteurs internes : sécheresses et baisse du cheptel bovin
Plusieurs éléments internes expliquent cette montée des importations. Le cheptel bovin marocain a reculé d’environ 30 % lors du recensement de 2025, conséquence des sécheresses successives et de la hausse du coût de l’alimentation animale. Cette contraction de l’offre nationale a réduit la capacité d’autosuffisance et forcé les acteurs du marché à se tourner vers l’étranger pour maintenir l’approvisionnement des abattoirs et des marchés.
Mesures douanières prises par Rabat pour sécuriser l’approvisionnement
Pour atténuer la tension sur le marché intérieur, les autorités marocaines ont multiplié les mesures douanières. Depuis la fin de 2022, l’importation de bovins vivants destinés à l’abattage a pu bénéficier d’exonérations de droits de douane dans la limite de contingents annuels. Le contingent pour 2026 a été fixé à 300 000 têtes. Par ailleurs, Rabat a suspendu les droits d’importation sur plusieurs catégories de viandes et sur les moutons vivants jusqu’au 31 décembre 2026 ; cette suspension, entrée en vigueur le 27 juillet 2026, s’applique aux fournisseurs de tous les pays. Ces décisions visent à stabiliser l’offre et à contenir la hausse des prix sur le marché intérieur.
Impacts sur les exportateurs et implications pour le marché local
L’évolution a transformé le Maroc en débouché majeur pour les exportateurs brésiliens, qui ont vu leurs ventes vers le royaume croître sensiblement. Pour le marché marocain, l’afflux accru d’animaux vivants étrangers permet de répondre aux besoins immédiats en viande mais pose des questions structurelles : dépendance croissante, pression sur les filières locales et vulnérabilité face aux variations de prix internationaux. Les mesures temporaires visant à réduire les droits d’importation allègent la pression à court terme, mais n’adressent pas directement les causes profondes de la baisse du cheptel national.
La trajectoire récente met en lumière l’urgence de renforcer la résilience de l’élevage national : investissements dans la gestion de l’eau, soutien ciblé à la production fourragère et politiques d’appui à la reproduction du cheptel apparaissent comme des leviers nécessaires pour réduire la vulnérabilité aux chocs climatiques et aux fluctuations des marchés internationaux. En attendant une réorientation structurelle, le recours aux importations demeure la solution privilégiée pour garantir l’approvisionnement immédiat du pays en viande rouge, tandis que le Brésil consolide sa position de fournisseur majeur.