Suisse suspecte infection d’Ebola en Ouganda et Kampala impose quarantaine de 21 jours
L’Ouganda impose une quarantaine de 21 jours après des cas d’Ebola transitant par Entebbe
L’Ouganda impose une quarantaine de 21 jours aux voyageurs revenant de RDC après des cas d’Ebola transitant par Entebbe; enquêtes en cours, contrôles accrus.
L’Ouganda a annoncé dimanche l’obligation de mettre en quarantaine pendant 21 jours les citoyens revenant d’un déplacement en République démocratique du Congo (RDC), une mesure destinée à renforcer les précautions contre la propagation du virus Ebola après des cas récents détectés dans la région et des transmissions possibles via des voyageurs transitant par l’aéroport d’Entebbe. La décision intervient alors que des autorités étrangères signalent des infections liées à des personnes ayant été en Ouganda, et que des enquêtes sont en cours pour déterminer l’origine précise des contaminations.
Mesures de quarantaine imposées aux voyageurs
Les personnes de retour après un voyage en RDC doivent désormais observer une quarantaine de 21 jours. Le ministère de la Santé a précisé que les Ougandais revenant d’un séjour en RDC et déjà présents sur le territoire devront prendre en charge les frais de leur propre quarantaine. Les contrôles aux points d’entrée ont été renforcés : des formalités supplémentaires sont exigées aux postes frontaliers et à l’aéroport international d’Entebbe, où tous les voyageurs entrants doivent remplir un formulaire précisant des coordonnées de contact. Ces mesures visent à faciliter le suivi des contacts et la surveillance des symptômes pendant la période d’incubation maximale connue.
Divergence entre Kampala et autorités étrangères
Des divergences persistent entre les conclusions des autorités nationales et celles de partenaires étrangers. Une instance étrangère a indiqué qu’une femme née en Ouganda, mariée à un diplomate, aurait contracté le virus lors d’un séjour en Ouganda en septembre. Les autorités ougandaises ont contesté cette interprétation, soulignant que des proches récemment rentrés de RDC avaient rencontré la femme dans la banlieue de la capitale, ce qui pourrait constituer une voie d’exposition alternative. Les responsables locaux ont appelé à s’en tenir aux éléments scientifiques établis et non aux spéculations politiques, demandant que l’enquête se focalise sur les déplacements et les contacts avérés.
Enquêtes sur les déplacements et liens entre cas
Les autorités compétentes examinent les trajectoires de plusieurs patients. Un cas confirmé dans un pays voisin a été annoncé le 20 octobre, après un voyage du patient à la capitale de ce pays, et d’autres cas sont apparus au Kenya après un voyage en provenance de la RDC via l’Ouganda. Un voyageur originaire du Kenya, qui avait transité par l’aéroport d’Entebbe le 3 octobre puis s’était rendu à Nairobi, est décédé le 5 octobre ; le pays a ensuite signalé un second décès lié à Ebola. Les deux patients concernés ont emprunté Entebbe le même jour. Les images de vidéosurveillance examinées par les autorités locales n’ont montré aucune interaction physique directe entre les deux personnes, et des analyses génétiques ont révélé des virus étroitement apparentés dans ces cas, sans toutefois établir de lien de transmission direct et certain. En Ouganda, soixante personnes identifiées comme contacts potentiels d’un patient ont achevé une période de surveillance de 21 jours et ont été déclarées libérées de toute observation.
Évolution de l’épidémie en RDC voisine
La flambée d’Ebola dans la RDC, où l’épidémie actuelle a débuté en mai, reste importante. Au 20 octobre, les bilans faisaient état de milliers de cas confirmés et de plusieurs milliers de décès, la maladie ayant touché huit provinces du pays. La souche impliquée dans l’épisode identifié porte le nom de Bundibugyo ; pour cette souche, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est officiellement approuvé. Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées, et les symptômes peuvent apparaître jusqu’à 21 jours après l’exposition, ce qui motive la durée retenue pour les périodes de quarantaine et de surveillance des contacts.
Appels à la surveillance transfrontalière et actions recommandées
Les autorités sanitaires internationales ont appelé à renforcer la surveillance et la coopération au-delà des frontières tout en déconseillant des restrictions générales aux voyages et au commerce avec les pays touchés. Dans ce contexte, l’Ouganda a accru ses dispositifs de détection et de traçage : contrôles renforcés aux principaux points d’entrée, suivi étroit des contacts et obligations administratives pour les voyageurs. Les responsables locaux insistent sur la nécessité d’une investigation approfondie des chaînes de transmission et sur la coordination régionale pour partager rapidement les informations épidémiologiques et génétiques permettant de préciser l’origine des infections et d’éviter de fausses conclusions.
La situation reste évolutive et les autorités maintiennent des mesures de prévention ciblées, en demandant à la population et aux voyageurs de signaler tout symptôme compatible avec Ebola et de se conformer aux directives sanitaires. Les enquêtes en cours devraient clarifier les voies d’exposition et permettre d’ajuster les mesures de protection et de contrôle aux frontières selon les preuves scientifiques recueillies.