Le ministère des Habous exige 30% d’espace de prière féminin dans les nouvelles mosquées
Le gouvernement fixe 30 % de l’espace de prière aux femmes dans les nouvelles mosquées
Le ministère des Habous fixe 30% d’espace de prière pour les femmes dans les nouvelles mosquées et renforce l’accessibilité et les sanitaires pour toutes.
Depuis le rapport budgétaire publié le 23 octobre dans le cadre du projet de loi de finances 2027, le ministère des Habous et des Affaires islamiques impose une nouvelle règle architecturale : les futures mosquées doivent réserver au minimum 30 % de la surface totale consacrée à la prière aux fidèles féminines. À surface globale identique, la part dédiée aux femmes passe ainsi, en moyenne, d’un cinquième à près d’un tiers, soit une augmentation de 50 % sur la même emprise au sol.
Augmentation de la part d’espace féminin à 30%
Sur 1 000 mètres carrés affectés à la prière, au moins 300 devront désormais être réservés aux femmes, contre 200 mètres carrés en moyenne jusqu’à présent. Le rapport budgétaire, qui intègre un volet sur l’égalité femmes-hommes, explicite cette exigence comme une mesure concrète visant à améliorer l’accès des femmes aux lieux de culte. Le ministère précise que cet objectif s’inscrit dans une série de normes à intégrer dès la phase de conception des nouveaux projets de mosquées.
Normes d’accessibilité pour les femmes en situation de handicap
Les nouvelles prescriptions détaillent également des mesures d’accessibilité : lorsque l’espace féminin est aménagé sur une mezzanine ou à l’étage, le bâtiment devra offrir un espace de prière au rez-de-chaussée destiné aux fidèles en situation de handicap. L’objectif est d’éviter qu’une configuration verticale n’exclue de facto des personnes qui ne peuvent emprunter des escaliers. Des équipements aux normes devront permettre la circulation et l’accès aux différentes dépendances du lieu de culte.
Sanitaires et salles d’ablutions dédiés aux femmes
Parmi les exigences techniques figurent l’intégration de salles d’ablutions et de sanitaires réservés aux femmes, avec au moins une installation adaptée aux besoins des femmes en situation de handicap. Ces aménagements concernent autant l’hygiène que la dignité et la sécurité des usagères et doivent être pensés comme des éléments structurels, non comme des options facultatives. Le ministère demande que ces équipements soient conçus pour faciliter l’accès et l’usage par toutes les catégories de fidèles.
Application aux nouvelles constructions et calendrier 2032
Les règles annoncées s’appliquent aux projets de construction soumis à partir de maintenant et s’inscrivent dans la feuille de route ministérielle à l’horizon 2032, axée sur l’amélioration de l’accès aux lieux de culte et sur la modernisation de l’enseignement religieux. Le document budgétaire précise que les nouvelles normes architecturales doivent être intégrées aux cahiers des charges et aux plans type pour les constructions publiques financées ou soutenues par l’État.
Participation féminine dans l’enseignement religieux et besoins chiffrés
Le rapport évoque aussi des indicateurs sur la fréquentation et l’enseignement : en 2025, le taux de satisfaction des besoins en salles de prière pour les femmes était de 27,6 %, selon le suivi ministériel, ce qui souligne l’écart entre l’offre existante et la demande. Par ailleurs, les programmes d’alphabétisation organisés dans les mosquées présentent une forte représentation féminine : en 2025-2026, les femmes constituaient plus de 90 % des bénéficiaires et près de 83,3 % du corps enseignant au sein de ces dispositifs. Ces chiffres sont utilisés par le ministère pour justifier une révision des normes spatiales et des infrastructures afin de répondre aux usages réels des lieux de culte.
La mesure, en augmentant la surface minimale réservée aux femmes et en renforçant l’accessibilité et les équipements sanitaires, vise à corriger des déséquilibres constatés et à favoriser une fréquentation plus large et plus inclusive des mosquées. Les projets soumis aux nouvelles normes serviront de modèle pour les constructions publiques à venir et devront respecter les prescriptions techniques énoncées dans le cadre de la mise en œuvre du budget et de la feuille de route 2032.