États-Unis, UE et 30 pays alertent sur le risque de famine au Soudan
Alerte internationale : risque de famine imminent au Soudan, 30 pays exigent un accès humanitaire
États-Unis, Union européenne et 30 pays mettent en garde contre une détérioration alarmante de la sécurité alimentaire au Soudan et demandent un accès humanitaire immédiat.
Le Soudan fait face à une dégradation rapide de sa sécurité alimentaire, avertissent les signataires d’une déclaration commune publiée le 27 octobre 2026. Les responsables internationaux soulignent un risque de famine dans les mois à venir si des mesures urgentes ne sont pas prises pour assurer l’acheminement de l’aide et protéger les civils. Les signataires demandent aux belligérants de lever tous les obstacles à l’assistance et appellent la communauté internationale à accroître les financements pour répondre aux besoins croissants.
Alerte internationale sur la sécurité alimentaire
Dans leur déclaration, les pays signataires qualifient la situation de « détérioration alarmante ». Ils estiment que les indicateurs de l’insécurité alimentaire atteignent des niveaux qui peuvent conduire à des famines localisées si l’aide ne parvient pas aux populations les plus vulnérables. Les signataires incluent une large coalition comprenant des nations d’Europe, d’Amérique et d’Océanie, qui exigent que l’assistance humanitaire circule sans entraves.
Conflit armé : affrontements entre armée et forces paramilitaires
Le conflit qui alimente la crise humanitaire oppose depuis avril 2023 l’armée régulière soudanaise à des forces paramilitaires connues sous le sigle RSF. L’escalade initiale, née d’un désaccord sur l’intégration de ces forces, a rapidement dégénéré en combats urbains et offensives dans plusieurs régions, notamment la capitale Khartoum. Les affrontements ont considérablement affaibli les infrastructures et entravé la livraison de services essentiels.
Conséquences humanitaires : morts, déplacements et perte de récoltes
La guerre a fait des dizaines de milliers de morts et a forcé plus de 13 millions de personnes à se déplacer à l’intérieur du pays ou à fuir vers l’étranger, selon les estimations reprises dans la déclaration. Les perturbations des campagnes agricoles empêchent les paysans de récolter et de commercialiser leurs produits, provoquant des pénuries locales et des hausses de prix qui aggravent l’insécurité alimentaire pour des millions de foyers.
IPC : 5,1 millions en situation de faim sévère et risque élevé pour les enfants
L’Integrated Food Security Phase Classification (IPC) a évalué en juin que 5,1 millions de Soudanais faisaient face à une faim grave. La déclaration met en garde contre une aggravation qui pourrait porter à plus de 825 000 le nombre d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère si des interventions rapides ne sont pas mises en place. Les analyses pointent une combinaison de facteurs—conflit prolongé, perturbation des marchés et sécheresse liée à El Niño—comme moteurs de la crise.
Accès humanitaire entravé et demandes pour le Darfour
Les signataires insistent pour que les parties au conflit autorisent les opérations humanitaires sur toutes les routes traversant les lignes de front et les frontières, y compris l’accès aérien vers le Darfour. Ils exigent également la protection et la liberté de mouvement du personnel humanitaire et demandent aux combattants de s’abstenir de viser les infrastructures civiles telles que les hôpitaux, les entrepôts d’aide et les axes routiers essentiels.
Appel aux financements internationaux et mesures d’intervention
Face à la perspective d’une famine, la déclaration appelle la communauté internationale à augmenter de toute urgence les financements destinés aux opérations humanitaires au Soudan. Les signataires demandent des mesures concrètes pour que l’aide atteigne les populations en besoin : corridors humanitaires sécurisés, facilitation des passages frontaliers, coordination logistique renforcée et protection accrue des travailleurs humanitaires. Ils insistent aussi sur la nécessité d’un suivi rapide des distributions pour garantir l’équité et prévenir la diversion de l’aide.
La situation reste volatile et exige une réponse coordonnée entre acteurs humanitaires, donateurs internationaux et parties locales. Sans un accès renforcé et un apport financier massif, les indicateurs sanitaires et nutritionnels pourraient se détériorer davantage, avec des conséquences durables pour des millions de Soudanais déjà fragilisés par des années de conflit et de crise climatique.