Un Marocain exploité en Calabre : employeur assigné à résidence et centre équestre saisi
Exploitation présumée en Calabre : un travailleur marocain payé 2,45 €/h, logement insalubre et saisie du centre équestre
En Calabre, un travailleur marocain affirme avoir été exploité, payé 2,45 €/h et logé dans un garage insalubre ; son employeur a été placé aux arrêts domiciliaires et le centre saisi (159 caractères)
Un Marocain employé dans un centre équestre de Cirò Marina, en Calabre, déclare avoir été victime d’une exploitation au travail : blessé fin mars 2025 après un choc contre une grille, il a continué à travailler malgré la douleur, puis a cessé de pouvoir travailler le 1er avril. Placé sous pression par son employeur, contraint de reprendre son poste, il aurait cumulé des semaines de dix heures par jour sans contrat ni protection, pour une rémunération dérisoire.
Accident et reprise du travail malgré la douleur
Fin mars 2025, une chute ou un impact contre une grille a provoqué chez le travailleur des douleurs dorsales suffisamment fortes pour affecter sa capacité à travailler. Malgré cela, et sous la pression du gérant qui lui adressait des messages exigeant son retour, il a repris ses fonctions pour éviter d’être expulsé du logement fourni par l’employeur et de perdre les arriérés de salaire ou l’aide promise pour une régularisation de son séjour. Le 2 avril, un proche de l’employeur a frappé violemment à sa porte pour exiger son retour au travail, selon les éléments recueillis par les enquêteurs.
Conditions de travail et rémunération dérisoires
Recruté en décembre 2024, il était seul responsable du soin et du nettoyage de 23 puis environ 30 chevaux. Ses journées s’étiraient sur dix heures, six jours par semaine, sans équipement de protection, sans contrat de travail et sans formation. Sur 141 journées de travail déclarées, il aurait perçu 3 450 euros au total, soit environ 2,45 euros par heure travaillée. Ces montants sont très inférieurs aux minima légaux italiens en vigueur pour ce type d’activité et soulèvent la question d’une exploitation salariale systémique.
Logement insalubre et promesses de régularisation non tenues
Le logement fourni était un garage de 25 m² situé sous la maison de l’employeur, décrit comme humide, infesté de cafards et muni d’installations sanitaires dégradées. Le travailleur a dû acheter ses propres bouteilles de gaz pour se chauffer. À son embauche, on lui aurait promis un salaire mensuel de 700 euros et une aide pour obtenir un titre de séjour ; ces engagements n’auraient pas été respectés, laissant l’intéressé dans une situation de grande vulnérabilité.
Signalement aux autorités et recueil de témoignages
Le 27 mai 2025, une association locale a alerté les forces de l’ordre, qui se sont rendues sur place le lendemain. Les enquêteurs ont retrouvé le travailleur dans les écuries, en état de peur et souffrant. Ils ont recueilli son témoignage et examiné les messages reçus de son employeur, documents qui ont servi à constituer le dossier initial d’enquête.
Mesures judiciaires : arrestations à domicile et saisie préventive
En octobre 2026, une décision judiciaire a abouti au placement aux arrêts domiciliaires du responsable présumé de l’exploitation. Les installations du centre équestre ont été saisies à titre préventif dans le cadre de l’enquête. Un contrôle réalisé le 21 octobre 2026 a également révélé la présence d’un autre travailleur étranger, de nationalité indienne, employé sans contrat ni formation, ce qui alimente les investigations sur d’éventuelles pratiques structurelles d’emploi irrégulier sur le site.
Conséquences pour les victimes et enjeux de protection
La situation décrite illustre les risques auxquels sont exposés des travailleurs sans statut régulier : pressions pour continuer à travailler malgré des blessures, logement inadapté, salaires indus et promesses non tenues pour la régularisation administrative. Les mesures judiciaires prises visent à protéger les victimes, à prévenir la disparition de preuves et à empêcher la continuation des activités suspectes dans l’immédiat.
Le dossier reste en cours d’instruction ; les autorités poursuivent les auditions et les vérifications pour établir l’ensemble des responsabilités pénales et civiles. Les décisions prises jusqu’ici — placement aux arrêts domiciliaires et saisie préventive des installations — montrent la gravité des allégations et la volonté des enquêteurs d’empêcher tout nouveau préjudice envers des travailleurs vulnérables.