Mahmoud Khalil revient à Columbia pour ses mémoires sur son arrestation par l’ICE
Mahmoud Khalil revient à Columbia pour présenter ses mémoires après son arrestation par l’ICE
Mahmoud Khalil est revenu à Columbia le 27 octobre 2026 pour présenter ses mémoires sur son arrestation par l’ICE et relancer le débat étudiant national.
Mahmoud Khalil, militant pro-palestinien et diplômé de l’Université Columbia, est retourné sur le campus le 27 octobre 2026 pour présenter ses nouveaux mémoires, Pas de terre sur laquelle se tenir: notes de détention, et pour témoigner publiquement de son arrestation et de sa détention par les services d’immigration. Sa visite est la première depuis son interpellation le 8 mars 2025 et a attiré une centaine de personnes, relançant un débat vif sur le rôle du militantisme étudiant et la responsabilité des établissements universitaires.
Retour à Columbia pour présenter ses mémoires
La séance organisée sur le campus a été présentée comme une étape symbolique de réintégration pour Khalil, âgé de 31 ans. Il a évoqué l’importance de raconter son expérience personnelle à travers un témoignage écrit, affirmant que le plaidoyer étudiant a profondément modifié la perception publique sur la question palestinienne. La réunion, selon les organisateurs, s’est tenue sans incident majeur malgré des contestations sur les réseaux sociaux et des oppositions exprimées par certains groupes.
Arrestation et période de détention
Mahmoud Khalil a été arrêté le 8 mars 2025 par des agents de l’immigration au plus fort des tensions liées aux mouvements étudiants de 2024. Il a été détenu pendant trois mois sans mise en examen pénale, alors qu’il possède le statut de résident permanent aux États-Unis. Sa libération a eu lieu le 20 juin 2025, mais les procédures administratives d’expulsion initiées par l’administration fédérale demeurent actives à ce jour, selon les informations qu’il a partagées pendant sa tournée promotionnelle.
Réactions sur le campus et réponses de l’université
Le retour de Khalil a suscité des réactions contrastées au sein de la communauté universitaire. Des groupes et personnes opposés à sa présence ont exprimé leur mécontentement, tandis que d’autres étudiants et professeurs ont plaidé pour la liberté d’expression et le droit à un débat académique. L’université a affirmé être attachée au débat rigoureux et au dialogue entre perspectives différentes, en précisant que permettre la tenue d’un événement ne constitue pas une approbation des positions exprimées par un intervenant. Khalil, de son côté, a critiqué Columbia pour ce qu’il perçoit comme un manque de protection lors des manifestations de 2024 et pour la manière dont l’administration a géré les interventions policières sur le campus.
Impact du mouvement étudiant sur la scène politique
Durant son intervention, Khalil a attribué au mouvement étudiant une influence mesurable sur l’évolution des débats politiques aux États-Unis. Il a souligné que le plaidoyer sur les campus a contribué à faire évoluer l’opinion publique et à soutenir l’émergence de candidats progressistes à des postes législatifs et exécutifs. Il a cité des tendances électorales favorables à des représentants se positionnant sur des lignes plus critiques vis‑à‑vis de la politique israélienne, en estimant que la visibilité du mouvement a aidé à faire progresser ces trajectoires politiques.
Situation juridique et perspectives personnelles
Malgré sa libération en juin 2025, Khalil fait toujours face à une procédure d’expulsion demandée par l’administration fédérale. Il a déclaré que son combat dépasse sa propre situation : il s’agit, selon lui, de préserver la capacité des citoyens et résidents à exprimer publiquement leurs convictions sans crainte d’une répression administrative disproportionnée. Sur le plan personnel, il a exprimé le souhait de retrouver une vie normale auprès de sa famille, évoquant le désir de redevenir le père et le mari qui peut se rendre au parc avec son fils sans être harcelé.
La visite de retour à Columbia et la parution de ses mémoires relancent un dossier qui met en tension liberté d’expression, sécurité sur les campus et politiques migratoires, et devraient alimenter les débats publics et juridiques dans les semaines et mois à venir.