Élections israéliennes : impasse entre Netanyahu et Gadi Eizenkot, aucune majorité
Israël face à une impasse électorale entre Netanyahu et Eizenkot, formation du gouvernement incertaine
Élections en Israël: sondages à la sortie des urnes montrent un duel Netanyahu–Eizenkot sans majorité claire; négociations décisives pour former un gouvernement.
Les sondages à la sortie des urnes publiés tard dans la soirée montrent une course très serrée entre le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu et son principal rival, l’ancien chef d’état‑major Gadi Eizenkot, sans qu’aucun des deux camps ne dispose d’une majorité claire à la Knesset. Le scrutin, perçu par de nombreux observateurs comme un référendum sur la gestion de Netanyahu depuis les attaques du 7 octobre 2023 et la campagne militaire qui a suivi contre Gaza, se déroule sur fond de montée des tensions en Cisjordanie et de relations tendues avec plusieurs voisins.
Sondages à la sortie des urnes un duel serré
Les estimations diffusées par les grandes chaînes israéliennes donnent des résultats proches mais contradictoires : certaines projections attribuent au bloc pro‑Netanyahu 52 sièges contre 49 pour le bloc d’opposition mené par Yashar d’Eizenkot, tandis que d’autres suggèrent une égalité à 51‑51. Le Likoud resterait le plus grand parti selon ces projections, avec environ 27 sièges, contre 21 pour Yashar. Les partis arabes conserveraient collectivement une représentation significative, autour de 19 sièges, selon les premières estimations. Ces chiffres restent officieux : les résultats préliminaires doivent être publiés dans les jours qui viennent et le décompte final est attendu vendredi, avec la publication officielle programmée pour le 4 novembre.
Réactions contrastées des principaux dirigeants
Les leaders politiques ont réagi rapidement. Gadi Eizenkot a affirmé devant ses partisans que l’élection marquait le désir de changement de l’électorat et a promis « un nouveau départ ». De son côté Benjamin Netanyahu a insisté sur la solidité du Likoud et a appelé à la formation d’un « gouvernement national de droite », affirmant que son camp disposait d’une majorité décisive. Des figures de l’extrême droite, notamment le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben‑Gvir, ont souligné leurs succès électoraux et réaffirmé des objectifs politiques clairs, dont l’extension des implantations en Cisjordanie pour Smotrich.
Participation électorale au plus haut depuis 1999
La Commission électorale centrale a annoncé un taux de participation de 77,7 %, le plus élevé depuis 1999 et en hausse de 7,1 points par rapport au scrutin de 2022. Le vote parmi les militaires a également été élevé, dépassant 68 % à 17h00 locales. Plus de 60 000 Israéliens sont revenus de l’étranger spécifiquement pour voter. Les bureaux ont fermé à 22h00, mais les personnes présentes en file à cette heure ont été autorisées à voter, conformément aux règles en vigueur.
Accusations des partis arabes contre Netanyahu
Des responsables de listes arabes ont accusé Netanyahu d’avoir attisé la peur et la haine pour mobiliser l’électorat de droite. Plusieurs dirigeants de la Liste arabe unie ont affirmé que des propos du Premier ministre visaient à stigmatiser les citoyens palestiniens d’Israël et à influencer le résultat. De leur côté, certains dirigeants arabes espèrent pouvoir jouer un rôle de bascule : Mansour Abbas a déclaré que son parti pourrait contribuer à atteindre la majorité nécessaire si les négociations post‑électorales aboutissent à un accord avec le bloc d’opposition.
Scénarios possibles pour la formation du gouvernement
Avec aucun bloc clairement majoritaire, les négociations s’annoncent longues et complexes. Le président Isaac Herzog doit consulter les dirigeants de partis et désigner le candidat qui, selon lui, a les meilleures chances de former une coalition. Le candidat choisi disposera ensuite de 42 jours pour constituer un gouvernement. Les options incluent la formation d’une coalition élargie, un gouvernement minoritaire soutenu de l’extérieur, ou un pacte de rotation du poste de Premier ministre. Si aucune coalition n’atteint 61 sièges, le gouvernement actuel continuera à exercer ses fonctions à titre intérimaire et la tenue de nouvelles élections ne peut être exclue.
Les résultats provisoires et les alliances à venir détermineront la trajectoire politique d’Israël pour les mois à venir, dans un contexte marqué par les conséquences persistantes des événements d’octobre 2023, les violences en Cisjordanie et les tensions régionaux. La période de négociation qui s’ouvre s’annonce décisive pour l’équilibre des forces au sein de la Knesset et pour l’avenir de la politique intérieure et de sécurité du pays.