FIFA rend consultables à Zurich les documents du projet avorté d’Infantino
La FIFA ouvrira l’accès en personne à Zurich aux documents confidentiels du projet avorté d’Infantino
La FIFA autorisera 37 membres du Conseil à consulter à Zurich les documents sur le projet avorté d’Infantino visant à vendre des parts des Coupes du monde.
La FIFA a annoncé que les documents détaillant la proposition abandonnée du président Gianni Infantino — baptisée FIFA Forward Enterprise — seront mis à la disposition des membres du Conseil, mais uniquement dans des consultations en personne organisées à Zurich et soumises à des protocoles stricts de confidentialité. L’initiative, qui aurait visé la cession de participations liées aux futures Coupes du monde pour un montant de 4,2 milliards de dollars, a été retirée en juillet après une réaction internationale vigoureuse. La décision de rendre ces documents consultables intervient le jour-même de l’échéance fixée par l’UEFA pour obtenir des explications complètes sur la genèse et l’approbation de la proposition.
Modalités d’accès aux documents à Zurich
Les 37 membres du Conseil de la FIFA devront s’inscrire pour des rendez-vous en personne afin de consulter les « documents clés » liés à FIFA Forward Enterprise, selon les modalités annoncées. L’accès se fera dans un espace sécurisé à Zurich, sur une période limitée de deux semaines. Les consultations seront encadrées par des procédures destinées à préserver la confidentialité des informations, ce qui exclut toute remise de copies ou toute transmission électronique aux conseillers. Les conditions laissent clairement entendre que le grand public et les médias n’auront pas accès aux pièces internes rendues disponibles.
Contenu et portée du dossier rendu consultable
Le dossier est censé comporter les éléments centraux de la proposition — architecture financière de l’opération, valorisation estimée, identités potentielles d’investisseurs ou de consortiums, et étapes envisagées de mise en œuvre — ainsi que les échanges internes sur l’adoption du projet. La proposition, évaluée à 4,2 milliards de dollars, aurait impliqué la création d’un véhicule privé pour monétiser une partie des droits ou recettes futurs des Coupes du monde. Le retrait du plan en juillet avait été motivé par une condamnation publique et institutionnelle, laissant de nombreuses questions sur la procédure d’élaboration et d’approbation.
Rôle de l’UEFA et date limite imposée
L’annonce fait suite à une mise en demeure de l’UEFA, qui a exigé que la FIFA fournisse des réponses détaillées sur le projet. L’instance européenne avait fixé une date limite au 3 novembre 2026 pour obtenir la divulgation et des explications sur la manière dont la proposition a été formulée et qui l’a approuvée avant son abandon. Lors d’une réunion tendue du Conseil, Gianni Infantino a présenté des excuses pour la proposition mais n’avait pas fourni d’explications précises sur le processus décisionnel ; il avait demandé aux membres de soumettre leurs questions par écrit. L’accès restreint aux documents répond à la demande d’informations, tout en maintenant un niveau élevé de confidentialité.
Incidences politiques sur la présidence d’Infantino
La mise à disposition restreinte des documents intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes autour de la présidence d’Infantino. L’UEFA a entamé des démarches visant à tenter de destituer le président avant ou pendant l’élection présidentielle de la FIFA, prévue le 18 mars à Rabat. Élu en 2016, Gianni Infantino brigue un quatrième mandat et, s’il était reconduit, resterait en fonction jusqu’en 2031. La controverse sur FIFA Forward Enterprise alimente les critiques sur la gouvernance, la transparence et les marges de manœuvre laissées aux dirigeants de l’instance mondiale.
Conséquences pour la transparence et l’avenir institutionnel
Les modalités annoncées soulèvent des questions sur l’équilibre entre la protection d’informations sensibles et le besoin de transparence au sein des organisations sportives internationales. En limitant l’examen aux séances en personne et en interdisant la diffusion, la FIFA vise à contrôler la circulation d’informations potentiellement préjudiciables ou commercialement sensibles. Toutefois, cette approche pourrait être perçue comme insuffisante par les fédérations nationales et régionales qui réclament une transparence plus large et des garanties sur les mécanismes de décision interne.
Les prochaines semaines, lors des rendez-vous à Zurich et des échanges entre membres du Conseil, seront scrutées pour évaluer si les documents fournis permettent de clarifier la chronologie, les responsabilités et les éventuelles défaillances du contrôle interne. La manière dont la FIFA traitera les questions écrites des membres et l’ampleur des réponses fournies seront déterminantes pour apaiser les acteurs du football mondial et pour le climat politique qui entoure l’élection présidentielle à Rabat.