Le Soudan accuse l’Éthiopie d’aider les RSF à lancer des attaques de drones
Le Soudan accuse l’Éthiopie d’avoir servi de base aux attaques de drones menées par les RSF
Le Soudan accuse l’Éthiopie d’avoir servi de base aux attaques de drones des RSF, provoquant coupures d’électricité, déplacements massifs et risque d’escalade régionale. (158 caractères)
Le gouvernement soudanais a officiellement porté plainte auprès des instances internationales, affirmant que des frappes menées depuis le territoire éthiopien ont visé des infrastructures civiles et aggravé une crise humanitaire déjà profonde. Les autorités décrivent une série d’attaques de drones à longue portée imputées aux Forces de soutien rapide (RSF) qui, selon Khartoum, auraient bénéficié d’un appui extérieur. Ces accusations ouvrent un nouveau front dans un différend bilatéral ancien et risquent d’intensifier des conflits internes et transfrontaliers.
Plainte formelle auprès de l’ONU et de l’Union africaine
Le Soudan a saisi le Conseil de sécurité des Nations unies et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour dénoncer l’usage du territoire éthiopien comme plateforme d’attaque. La démarche vise à obtenir une pression diplomatique sur Addis-Abeba et à documenter, aux yeux de la communauté internationale, une série d’incidents qui, selon Khartoum, ont ciblé des zones civiles et des infrastructures critiques.
Bilan chiffré des attaques de février à octobre
Un rapport gouvernemental soudanais fait état de 70 opérations distinctes impliquant 187 drones à sens unique entre février et octobre, avec une nette montée en intensité en octobre — 28 attaques réalisées par 97 appareils. Sur la période du 15 février au 27 octobre, les autorités ont recensé la mort de 176 soldats et de 484 civils, chiffres qui illustrent l’impact humain direct de ces frappes sur les forces et la population.
Désorganisation des réseaux électriques et dégâts aux infrastructures
Les raids par drones ont endommagé de manière significative les infrastructures civiles. Le rapport évoque qu’une écrasante majorité des centrales électriques urbaines — plus de 90 % dans certaines villes — ont été mises hors service à la suite des attaques, entraînant des coupures prolongées d’électricité, la paralysie de services essentiels et une aggravation des conditions sanitaires et logistiques pour les populations déplacées.
Zones de lancement identifiées et nature des systèmes utilisés
Les autorités soudanaises ont identifié plusieurs sites éthiopiens comme points de départ des opérations : l’aéroport d’Asosa, la zone frontalière de Kurmuk-Gizen et la base aérienne de Bahir Dar. Le caractère des drones — portée longue et capacités destructrices — conduit les responsables à estimer l’existence d’un soutien technique ou matériel externe, une hypothèse qui alimente les tensions diplomatiques entre Khartoum et Addis-Abeba.
Conséquences humanitaires et déplacements massifs
L’utilisation de drones dans le conflit a aggravé une crise déjà sévère : environ 13 millions de personnes déplacées et des milliers exposées à l’insécurité alimentaire à cause des perturbations des récoltes et des chaînes d’approvisionnement. Des attaques récentes contre des camps de déplacés ont fait des dizaines de victimes civiles, parmi lesquelles des femmes et des enfants, accentuant l’appel des acteurs humanitaires pour des couloirs de sécurité et une cessation des frappes sur des zones non militaires.
Tensions régionales liées aux ressources et aux alliances stratégiques
Les accusations s’inscrivent dans un contexte plus large de rivalités régionales. Outre les allégations de soutien aux groupes paramilitaires, le différend autour du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) reste un point de friction majeur. Les Etats en aval, qui dépendent du Nil pour leur approvisionnement en eau, voient dans la gestion du barrage un enjeu de sécurité nationale, tandis que les alignements militaires et diplomatiques régionaux compliquent davantage la gestion de la crise.
Malgré la gravité des accusations, des voix au sein des institutions militaires et civiles mettent en garde contre les conséquences d’une confrontation ouverte entre les armées soudanaise et éthiopienne. Une escalade militairie directe risquerait d’épuiser des forces déjà engagées sur plusieurs fronts et d’entraîner une déstabilisation régionale aux répercussions humanitaires importantes. Dans ce climat de méfiance croissante, la communauté internationale est confrontée à la nécessité d’intervenir diplomatiquement pour empêcher un embrasement plus large, protéger les populations civiles et garantir l’accès de l’aide humanitaire.