Maroc abandonne la modernisation des 23 F-16 en F-16V, installe seulement l’Auto-GCAS
Maroc : abandon de la modernisation complète de 23 F‑16, installation d’Auto‑GCAS et arrivée de 25 Block 72
Le Maroc renonce à moderniser 23 F‑16 au standard V; seuls les systèmes Auto‑GCAS seront ajoutés. Vingt‑cinq F‑16 Block 72 neufs sont attendus entre fin 2027 et début 2028.
Décision opérationnelle sur la flotte existante
La haute direction des forces aériennes marocaines a décidé de ne pas procéder à la transformation complète des 23 F‑16 Block 52+ vers le standard V. Les travaux envisagés sur ces appareils se limiteront essentiellement à l’installation du système automatique de prévention des collisions avec le sol, Auto‑GCAS. Ce choix réduit l’ampleur des modifications techniques prévues sur le parc actuel tout en conservant des dispositifs de sécurité automatisés capables de reprendre momentanément le contrôle de l’avion pour éviter un crash en cas d’incapacitation du pilote.
Rappel du programme de modernisation initial
En mars 2019, une approbation américaine avait prévu une modernisation étendue de ces 23 F‑16, chiffrée à environ 985,2 millions de dollars. Le projet initial comprenait notamment l’intégration d’un radar à antenne active (AESA) AN/APG‑83 et une mise à niveau générale de l’avionique pour rapprocher les appareils existants des standards des nouvelles générations commandées ultérieurement. Le recentrage du programme vers des améliorations de sécurité marque un retournement significatif des priorités techniques et budgétaires.
Arrivée et caractéristiques des 25 F‑16 Block 72
Parallèlement, le programme d’acquisition de 25 F‑16 Block 72 neufs se poursuit. Le premier exemplaire de cette commande, un appareil biplace immatriculé 8041, a réalisé son premier vol le 6 octobre depuis l’usine de production de Greenville. Cet aéronef est équipé d’un moteur Pratt & Whitney F100‑PW‑229 et bénéficiera du radar AESA AN/APG‑83 ainsi que de capacités d’emport de missiles air‑air à longue portée. L’arrivée de ces avions très modernisés constitue l’élément central de la transformation capacitaire programmée.
Calendrier des livraisons et options d’affectation
Le calendrier de livraison des Block 72 a été précisé : les premiers appareils pourraient rejoindre les forces entre la fin de 2027 et le début de 2028. Deux options principales d’affectation sont envisagées pour ces nouveaux avions : ils pourraient soit remplacer les Mirage F1 des escadrons basés à Sidi Slimane, soit être stationnés à la base de Ben Guerir, où opèrent actuellement les F‑16 Block 52+. Dans ce second cas de figure, les appareils existants pourraient être redéployés vers Sidi Slimane, entraînant une réorganisation des escadrons et des infrastructures de maintenance.
Impacts sur la formation et la logistique
Le plan de préparation des équipages et des personnels de maintenance est inclus dans le dossier de modernisation. Une enveloppe financière dédiée à la formation des pilotes et aux entraînements a été prévue, chiffrée à plusieurs dizaines de millions de dollars, afin d’assurer l’intégration opérationnelle des nouveaux Block 72. La coexistence de deux standards techniques dans la flotte imposera des ajustements logistiques : pièces de rechange, procédures de maintenance et formation technique devront être adaptés pour limiter les ruptures de disponibilité opérationnelle.
Les conséquences opérationnelles de ce recentrage sont multiples. À court terme, l’installation d’Auto‑GCAS renforcera la sécurité des vols et réduira certains risques d’accident. À moyen et long terme, la livraison des avions neufs apportera des capacités accrues en détection, interopérabilité et portée d’engagement. En revanche, l’absence de modernisation complète des 23 Block 52+ signifie que ces appareils conserveront des limitations en termes de capteurs et d’avionique par rapport aux Block 72, ce qui peut influencer la planification des missions et la composition des escadrons.
Les choix actuellement retenus privilégient une montée en puissance rapide par l’arrivée d’appareils neufs plutôt qu’une rénovation coûteuse et prolongée des anciens avions. Cette stratégie devrait permettre d’accélérer la disponibilité de capacités de nouvelle génération tout en maintenant un niveau de sécurité acceptable sur le parc existant grâce aux améliorations ciblées.