À Dakhla le RNI dénonce le mercato politique et l’instrumentalisation du football
RNI à Dakhla : Akhannouch et Aujjar dénoncent un “mercato” politique lors du meeting du 25 juillet 2026
Le 25 juillet 2026 à Dakhla, le Rassemblement National des Indépendants (RNI) a vigoureusement condamné les changements d’étiquette en période électorale, qualifiant ces pratiques de “mercato” politique et appelant au respect des principes démocratiques.
Le parti a organisé un meeting à Dakhla le samedi 25 juillet 2026 au cours duquel plusieurs dirigeants ont pris la parole pour dénoncer les transferts d’élus entre formations à l’approche des élections. Aziz Akhannouch, chef du gouvernement et ancien président du RNI, a été le premier à marquer les esprits en utilisant volontiers des images empruntées au football pour critiquer ce qu’il a présenté comme des pratiques opportunistes. Son intervention a posé le ton d’un discours centré sur la continuité organisationnelle du parti et la défense d’une ligne politique stable.
Akhannouch rejette le “mercato” politique
Aziz Akhannouch a clairement affirmé que le RNI ne participait pas à un “mercato”, insistant sur le fait que le parti n’avait pas besoin d’acheter des personnalités extérieures pour renforcer ses listes. Il a dénoncé des formations “absentes du terrain pendant cinq ans” qui viendraient ensuite “chercher des noms à débaucher” à l’approche des échéances électorales. Par cette formule, il a cherché à stigmatiser les ralliements de dernière minute et à présenter le RNI comme une organisation enracinée.
Chiffres et argumentaire du parti
Pour soutenir son propos, Akhannouch a chiffré la capacité de mobilisation du RNI en évoquant “dix mille élus et des centaines de milliers de militants”. Il a décrit le parti comme une “pépinière de compétences” et a insisté sur la construction interne des équipes plutôt que sur le recrutement externe. Le message visait à rassurer les électeurs sur la solidité du dispositif organisationnel et sur la continuité des engagements politiques du RNI face aux tentations de transfuge.
Aujjar dénonce l’ingratitude politique et la perversion de la démocratie
Mohamed Aujjar, intervenant après Akhannouch, a repris et accentué la critique en ciblant, sans les nommer, les “grands élus” qui changent de parti “dans un moment d’ingratitude”. Il a dénoncé les transferts comme une trahison des principes et a lancé un appel à cesser d’”pervertir la démocratie”. Aujjar a formulé une mise en garde morale en soulignant que le changement d’étiquette ne devait pas se faire au détriment des convictions et des électeurs qui ont fait confiance aux élus.
Distinction entre passion sportive et instrumentalisation politique
Les deux orateurs ont multiplié les références au football pour illustrer leur propos, mais Aujjar a tenu à tracer une frontière nette entre la passion nationale pour le sport et son instrumentalisation à des fins partisanes. Il a rappelé que la fierté suscitée par les exploits de la sélection nationale ne saurait justifier que le champ politique soit traité comme “un match” sujet à des transferts commerciaux. L’argument vise à délégitimer l’utilisation d’icônes sportives ou de symboles populaires dans des stratégies de ralliement à court terme.
Tonalité morale et message aux électeurs
La clôture de l’intervention de Mohamed Aujjar s’est faite sur un ton plus solennel : il a qualifié de “honte” la banalisation des ralliements opportunistes et a estimé que sous-estimer l’intelligence et la maturité des Marocains était une erreur politique majeure. Le message adressé aux citoyens et aux cadres du parti était double : affirmer la nécessité de loyauté politique et mobiliser la base autour d’un récit d’intégrité organisationnelle à l’approche des échéances.
La réunion à Dakhla illustre la stratégie du RNI : consolider l’image d’un parti structuré, capable de produire et de promouvoir ses propres cadres, tout en dénonçant une pratique qu’il présente comme contraire à l’éthique démocratique. Le recours à la métaphore sportive, répété par les intervenants, vise à capter l’attention d’un public sensible aux symboles nationaux tout en disqualifiant les méthodes de la concurrence qui reposeraient sur des transferts massifs et tardifs. Les propos tenus lors de ce meeting pourraient nourrir les débats internes aux autres formations et influencer la dynamique des alliances et des candidatures dans les prochaines semaines.