Adam Atik réclame le retrait du Nucleo Anti Maranza à Ferrare
Ferrare : la création du « Nucleo Anti Maranza » divise et relance le débat sur la jeunesse immigrée
À Ferrare, la nouvelle unité « Nucleo Anti Maranza » provoque une polémique : Adam Atik demande le retrait du projet et la réaffectation des moyens vers l’éducation et l’accompagnement des jeunes.
Le lancement, le 22 octobre 2026, d’une unité municipale baptisée « Nucleo Anti Maranza » a déclenché une vive réaction dans la ville de Ferrare. Conçue pour mobiliser policiers municipaux, psychologues, travailleurs sociaux et juristes afin de prévenir les violences et les comportements agressifs de certains jeunes, l’initiative est surtout contestée à cause du nom choisi. Adam Atik, président de l’association Cittadini del Mondo, a publié une tribune le 2 novembre 2026 pour demander le retrait du projet et la réorientation des moyens vers des actions éducatives.
Nom de l’unité et réactions locales
Le terme « Maranza », intégré dans l’intitulé de l’unité, est au cœur de la controverse. Pour de nombreux habitants et acteurs associatifs, le vocable stigmatiserait une catégorie de jeunes fréquemment associée à l’immigration. La mairie a présenté le Nucleo Anti Maranza comme une réponse aux inquiétudes des familles et des commerçants, insistant sur la combinaison de prévention sociale et d’intervention sécuritaire. Cette perspective n’a pas calmé les oppositions, qui dénoncent un risque de profilage ethnique.
Origine contestée du terme “maranza”
La polémique s’est amplifiée après des déclarations publiques d’un député de la Ligue, Igor Iezzi, qui a avancé une étymologie controversée : une contraction possible de « marocchino » et d’un terme d’argot. Cette explication a été vivement contestée tant sur le plan linguistique que sur le plan politique. La contestation porte moins sur la réalité de comportements déviants que sur la portée symbolique d’un nom qui, selon ses détracteurs, risque d’associer comportements et origines.
Témoignage d’Adam Atik et situation associative
Adam Atik, 30 ans, né à Cento et d’origine marocaine, rappelle son parcours — deux diplômes et un master — pour mettre en perspective son engagement local. À la tête de Cittadini del Mondo, il décrit plus de trente ans d’activités de soutien scolaire et de cours gratuits d’italien. L’association a dû quitter ses locaux en 2025 et se voir proposer un nouvel espace situé à quatre kilomètres et demi du centre, mesure perçue comme une marginalisation des services d’accompagnement. Atik plaide pour des actions ciblées : éducateurs supplémentaires, ouverture d’équipements sportifs et d’espaces publics en dehors des horaires scolaires.
Position officielle du maire et objectifs affichés
Le maire Alan Fabbri, dans son communiqué du 22 octobre 2026, a défendu la création du Nucleo Anti Maranza comme une réponse pragmatique aux plaintes locales. Il a évoqué la nécessité d’articuler prévention, accompagnement social et mesures de sécurité pour restaurer le sentiment de sécurité des familles et des commerçants. L’argument municipal insiste sur le caractère opérationnel de l’unité, combinant disciplines et expertises pour intervenir rapidement face à des épisodes de violence.
Demandes pour la jeunesse et orientation des dépenses
Au-delà du débat lexical, Adam Atik met en lumière des chiffres et des classements qui, selon lui, traduisent une baisse de l’investissement public pour la jeunesse : Ferrare serait passée d’une 4e place à la 91e place dans un palmarès national relatif aux dépenses sociales pour les familles et les mineurs. Il appelle à réaffecter les moyens prévus au NAM vers des programmes d’éducation, d’accès au sport et de soutien aux associations locales, estimant que la prévention passe par la présence d’espaces de socialisation et d’apprentissage de proximité.
La controverse prend une dimension politique et sociale forte dans une ville où la coexistence entre jeunesse, commerce de centre-ville et politiques publiques est sous tension. Les prochaines semaines seront déterminantes : la municipalité doit préciser le périmètre d’intervention du Nucleo Anti Maranza et répondre aux demandes d’information et de garanties portées par les associations. Pour leurs part, les acteurs du tissu social réclament des mesures concrètes pour garantir que la lutte contre la délinquance ne se traduise pas par une stigmatisation des jeunes en fonction de leur origine ou de leur apparence.