Akhannouch et l’OCDE posent les bases du plan d’action Maroc‑OCDE 2025‑2027
Akhannouch à Paris : le Maroc confirme et approfondit sa coopération stratégique avec l’OCDE
7 sept. 2026, Paris: Akhannouch et Cormann confirment le plan Maroc‑OCDE 2025‑2027, axé sur jeunesse, réduction de l’informel et intégration Ouest‑Africaine.
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a rencontré le 7 septembre 2026 à Paris le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, pour faire le point sur la coopération entre le Royaume et l’organisation. Cette entrevue, tenue en présence de la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a servi à préciser les orientations du plan d’action Maroc‑OCDE 2025‑2027 et à annoncer de nouveaux travaux centrés sur la jeunesse, la lutte contre l’économie informelle et l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.
Contexte et objectifs de la rencontre
La réunion a confirmé la volonté de Rabat de maintenir et d’approfondir son engagement avec l’OCDE. Le Maroc, partenaire actif de l’organisation depuis vingt ans, participe aujourd’hui aux travaux de 29 organes de l’OCDE et est partie à 32 instruments juridiques. Ces chiffres illustrent l’intensité des échanges institutionnels et la portée d’une collaboration qui dépasse le seul accompagnement technique.
Bilan des deux décennies de coopération
Mathias Cormann a mis en avant plusieurs étapes majeures de la relation maroco‑OCDE : le lancement du premier programme‑pays en 2015, l’association du Maroc à l’Agence internationale de l’énergie en 2016, puis l’adhésion à la recommandation de l’OCDE sur l’intégrité publique en 2025. Ces jalons témoignent d’une adaptation progressive des politiques publiques marocaines aux standards internationaux et d’un dialogue soutenu sur les réformes structurelles.
Priorités opérationnelles du plan 2025‑2027
Les échanges ont précisé le calendrier et les priorités du plan d’action pour 2025‑2027. Trois axes ressortent comme prioritaires : la conduite d’une seconde Étude économique du Maroc avec un volet dédié à la jeunesse ; la mise en place d’un programme ciblé pour réduire l’économie informelle ; et le lancement d’un projet d’intégration économique pour l’Afrique de l’Ouest, dans le cadre de la ZLECAf. Ces volets traduisent une volonté de combiner réformes nationales et approches régionales.
Étude économique 2 et focus sur la jeunesse
La deuxième Étude économique envisagée par l’OCDE comportera un focus spécifique sur la jeunesse, afin d’analyser les défis d’emploi, de formation et d’insertion. La dimension démographique et le rôle des jeunes dans la transformation économique du pays y seront examinés, l’objectif étant de proposer des recommandations concrètes pour améliorer l’accès à l’emploi et la qualité des politiques éducatives et de formation.
Mesures pour réduire l’économie informelle
La lutte contre l’économie informelle figure au cœur des discussions. Mathias Cormann a évoqué l’importance d’un travail concret sur ce dossier, qui concerne selon l’OCDE plus de deux millions de travailleurs et d’entreprises au Maroc. Les actions prévues viseront à faciliter la formalisation, à renforcer l’accès au financement et à améliorer la gouvernance fiscale et réglementaire afin de réduire les obstacles à l’entrée dans le secteur formel.
Dimension régionale : intégration ouest‑africaine
Le troisième axe du plan ouvre la coopération vers une perspective régionale, centrée sur l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest. Dans le cadre de la Zone de libre‑échange continentale africaine, le projet visera à capitaliser sur l’expérience marocaine pour soutenir des politiques publiques favorisant le commerce, les investissements et des chaînes de valeur régionales plus intégrées.
L’entretien a aussi servi de moment politique : après sa rencontre avec le secrétaire général, le chef du gouvernement s’est adressé aux ambassadeurs des pays membres de l’OCDE, réaffirmant la continuité de l’engagement marocain. Les discussions ont été perçues comme un signal fort en faveur d’un partenariat durable, assorti d’un soutien technique aux réformes menées par le Maroc dans les domaines de l’investissement, du gouvernement ouvert, de l’éducation, de l’égalité des genres et de l’intégrité publique.
Les perspectives économiques évoquées par l’OCDE complètent ce tableau : la croissance projetée pour le Maroc en 2026 reste robuste, et la coopération annoncée vise à consolider les acquis macroéconomiques tout en s’attaquant aux défis sociaux et structurels. À court et moyen terme, l’articulation entre études, recommandations et programmes opérationnels sera déterminante pour transformer ces engagements en résultats mesurables.