ASEAN aux Philippines appelle à rouvrir le détroit d’Ormuz et sécuriser l’énergie
L’ASEAN se réunit aux Philippines pour coordonner une réponse à la crise énergétique liée au conflit avec l’Iran
L’ASEAN tient un sommet aux Philippines pour élaborer une réponse collective à la flambée des prix de l’énergie provoquée par le conflit impliquant l’Iran, l’impact sur les routes maritimes et les risques pour la sécurité alimentaire dans la région.
La réunion des dirigeants de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, tenue aux Philippines, a placé au centre des discussions l’impact d’un conflit au Moyen-Orient sur les approvisionnements énergétiques et le coût de la vie dans la région. Le président philippin a alerté sur des menaces concrètes pour les moyens de subsistance des populations et a appelé les membres du bloc à renforcer leur coordination pour garantir la stabilité des approvisionnements et limiter les répercussions économiques.
Avertissement du président philippin sur le coût de la vie
Le chef de l’État hôte a souligné que la crise provoque déjà une hausse significative des prix de l’énergie, répercutée sur le coût des biens et des services. Il a insisté sur le fait que les conséquences sont ressenties non seulement à l’intérieur des territoires des États membres, mais aussi parmi leurs ressortissants présents au Moyen-Orient, qui subissent des perturbations des revenus et des conditions de travail. Cette mise en garde a servi d’appel à l’action collective pour limiter une dégradation plus large des conditions sociales.
Perturbations des voies maritimes et fermeture du détroit d’Ormuz
Les délégations ont attribué une part importante des perturbations actuelles à la fermeture effective du détroit d’Ormuz, voie stratégique pour le transport du pétrole et du gaz. La réduction des flux d’hydrocarbures via cette route a contribué à des tensions sur les marchés et à une volatilité accrue des prix, affectant des économies dépendantes des importations énergétiques. L’ASEAN prépare une déclaration commune demandant la réouverture des voies navigables et la protection de la liberté de navigation.
Propositions pour un partage volontaire d’énergie et un réseau régional
Parmi les initiatives plaidées par Manille figurent un accord volontaire de partage d’énergie entre États membres et la création d’un réseau électrique intégré à l’échelle de l’ASEAN. L’objectif affiché est d’améliorer la résilience face aux ruptures d’approvisionnement en permettant des transferts transfrontaliers d’énergie en période de crise et d’accélérer l’interconnexion des systèmes électriques d’ici 2045. Les négociations visent aussi à traduire en actes concrets des engagements économiques régionaux existants.
Mesures nationales d’urgence et réponses industrielles
Plusieurs pays de la région ont déjà adopté des mesures pour atténuer l’impact immédiat: déclarations d’état d’urgence national, plafonds tarifaires, programmes d’incitation au télétravail et restrictions temporaires de consommation pour économiser l’énergie. Parallèlement, des entreprises pétrochimiques ont invoqué la force majeure afin de se prémunir contre des manquements contractuels liés à des événements hors de leur contrôle, compliquant davantage la situation commerciale et logistique.
Sécurité alimentaire et coopération économique intra-régionale
Le projet de déclaration de l’ASEAN mettra également l’accent sur la sécurité alimentaire, en lien direct avec la hausse des coûts de production et des carburants. Les dirigeants discutent de mécanismes conjoints pour assurer des stocks alimentaires et fluidifier les échanges commerciaux régionaux en période de choc. Des responsables et experts attendent que le bloc favorise davantage d’initiatives de coopération économique interne et renforce les accords existants pour amortir les chocs externes.
Tensions maritimes et opérations militaires à proximité
La réunion s’est déroulée dans un contexte de fortes tensions en mer de Chine méridionale, où plusieurs États revendiquent des zones maritimes concurrentes. Des exercices navals menés récemment par puissances étrangères et alliés ont rappelé la vulnérabilité des routes maritimes cruciales pour le commerce. Les débats au sommet ont reflété ces préoccupations, les dirigeants insistant sur le respect du droit international, la souveraineté nationale et la nécessité d’éviter toute obstruction aux voies de navigation.
Les observateurs notent que l’ASEAN, souvent critiquée pour sa politique de non-ingérence et son rythme de décision consensuelle, est sous pression pour produire des résultats tangibles face à des chocs externes de grande ampleur. Plusieurs délégations ont exprimé l’espoir d’une mise en œuvre accélérée des projets d’intégration énergétique et d’un renforcement des mécanismes de réponse collective afin de mieux protéger les populations et les économies de la région.