Attaque de l’hôpital d’Al Deain au Darfour fait au moins 64 morts
Attaque meurtrière contre l’hôpital universitaire d’Al Deain au Darfour oriental
Attaque à l’hôpital d’Al Deain (Darfour oriental) : 64 morts, hôpital hors service. L’OMS demande protection des civils, du personnel médical et urgences.
Une attaque menée le soir du 20 mars 2026 a rendu l’hôpital universitaire d’Al Deain, dans la capitale de l’État du Darfour oriental, non fonctionnel et a provoqué un bilan humain lourd. Les autorités sanitaires internationales ont fait état d’au moins 64 morts, dont 13 enfants, et d’un nombre important de blessés. L’attaque a frappé des services essentiels de l’établissement et interrompu la prise en charge médicale dans une ville déjà fragilisée par près de trois années de conflit.
Bilan humain et profils des victimes
Le bilan communiqué fait état d’au moins 64 personnes tuées lors de l’attaque, parmi lesquelles figuraient des patients ainsi que des membres du personnel médical. Treize des victimes étaient des enfants. Deux infirmières et un médecin sont comptés parmi les morts. Par ailleurs, 89 personnes ont été blessées, dont huit membres du personnel de santé. Ce nombre élevé de victimes civiles et médicales accentue la crise humanitaire dans la région.
Dommages aux services pédiatriques, maternité et urgences
Les infrastructures touchées incluent les services de pédiatrie, de maternité et d’urgence de l’hôpital universitaire. Les dommages ont rendu ces services inopérants, privant la population d’Al Deain et des zones avoisinantes d’accès aux soins obstétriques, pédiatriques et aux interventions d’urgence. Les responsables locaux ont indiqué que l’établissement ne peut plus assurer les prises en charge de base, obligeant les familles à se rendre vers des centres éloignés, souvent difficiles d’accès en raison de l’insécurité.
Impact immédiat sur l’accès aux soins à Al Deain
La mise hors service de l’hôpital prive des milliers de personnes de soins essentiels dans une région où les structures de santé sont rares. Les patients nécessitant des soins néonatals, des accouchements sécurisés ou des traitements d’urgence se retrouvent sans alternative locale. Les organisations humanitaires et le personnel resté sur place doivent composer avec des capacités largement réduites, des stocks médicaux potentiellement endommagés et des équipes affectées par les pertes humaines et les traumatismes.
Chiffres des attaques contre la santé depuis 2023
Les autorités sanitaires ont souligné que cette attaque porte le total des décès liés aux agressions contre des structures de santé dans le pays à plus de 2 000. Sur une période de près de trois ans depuis le déclenchement des hostilités à la mi‑avril 2023, plus de 2 036 décès ont été confirmés dans le cadre de 213 attaques visant des établissements et du personnel de santé. Ces chiffres reflètent une dégradation systémique de la protection des soins médicaux au cours du conflit.
Contexte militaire et accusations pesant sur les belligérants
Le conflit armé opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (RSF) a éclaté à la mi‑avril 2023 et a entraîné une déstabilisation majeure du pays. La violence a provoqué des dizaines de milliers de morts et forcé plus de 12 millions de personnes à fuir leurs foyers. Les deux parties ont été accusées de violations graves du droit international humanitaire. Des rapports antérieurs ont mis en évidence des atrocités dans la région du Darfour, certains experts les qualifiant de marquées par des modalités assimilées à un génocide.
Appels à la protection des civils et du personnel de santé
Face à cette nouvelle tragédie, les autorités sanitaires internationales ont lancé un appel pressant pour la protection des civils, des agents de santé et des humanitaires. Elles ont demandé que les opérations médicales soient respectées et que l’accès sécurisé aux soins soit restauré immédiatement. Les appels insistent sur la nécessité d’une désescalade du conflit et d’actions concrètes pour empêcher de nouvelles attaques contre les infrastructures médicales, désormais fragilisées par des années de violence.
La responsabilité de l’attaque n’a pas été établie dans l’immédiat et une enquête sur les circonstances et les auteurs éventuels est attendue. Pendant ce temps, la population d’Al Deain se retrouve sans services hospitaliers essentiels, aggravant une crise sanitaire déjà critique et accentuant l’urgence d’une réponse humanitaire renforcée.