Au 79e OMS Amine Tehraoui défend la souveraineté sanitaire et la coopération africaine
Amine Tehraoui plaide pour une « responsabilité partagée » à l’OMS et présente les réformes sanitaires du Maroc à Genève
À Genève, Amine Tehraoui appelle à une responsabilité partagée en santé mondiale, présente les réformes du Maroc et la production vaccinale locale et l’Afrique.
Intervention à la 79e Assemblée mondiale de la Santé à Genève
Le ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tehraoui, a pris la parole lors de la 79e Assemblée mondiale de la Santé, tenue au Palais des Nations à Genève du 18 au 23 mai 2026. Dans son allocution au débat général, il a insisté sur la nécessité de dépasser des réponses conjoncturelles pour instaurer une responsabilité partagée et durable en matière de santé mondiale. Le ministre a placé au cœur de son propos la solidarité, l’équité d’accès aux innovations et aux vaccins, ainsi que le renforcement de la résilience des systèmes de santé face aux crises et aux impacts du changement climatique.
Appel pour la santé comme enjeu de souveraineté
Amine Tehraoui a rappelé que la santé n’est plus seulement une question sociale ou sanitaire, mais qu’elle constitue un enjeu de souveraineté, de sécurité, de stabilité et de développement. Selon lui, les États doivent intégrer la santé dans leurs stratégies nationales de sécurité et de développement et coopérer au niveau international pour assurer une préparation et une réponse coordonnées aux menaces sanitaires transfrontalières. L’accent a été mis sur la prévention, la surveillance renforcée et la mise en place de mécanismes durables de partage des ressources et des technologies.
Les réformes structurelles engagées au Maroc
Le ministre a présenté un bilan des réformes en cours au Maroc, qui visent à élargir la couverture sanitaire, moderniser la gouvernance, renforcer l’offre de soins, valoriser les ressources humaines et accélérer la digitalisation des services de santé. Il a affirmé que ces efforts ont contribué à porter le taux de couverture sanitaire à environ 88 % de la population. Le plan de réforme se veut intégré, associant investissements publics, optimisation de la gestion et promotion de la formation et de la rétention des professionnels de santé.
Augmentation du budget et priorités d’investissement
Le discours a également souligné une hausse significative des moyens budgétaires consacrés à la santé, avec une augmentation d’environ 30 % en une seule année selon les déclarations ministérielles. Cette impulsion financière a été présentée comme nécessaire pour renforcer les infrastructures, moderniser les établissements, améliorer l’accès aux soins en zones rurales et soutenir des projets de production locale de médicaments et de vaccins. Le ministre a insisté sur l’importance d’une planification budgétaire à moyen terme pour garantir la pérennité des acquis.
Production vaccinale locale et transfert de technologie
Un point majeur du propos de la délégation marocaine a porté sur la production locale de vaccins. Le ministre a indiqué que, grâce à des investissements structurants et à des partenariats basés sur le transfert de technologie, le Maroc produit désormais des millions de doses localement. Cette capacité nationale de production est présentée comme un élément clé de la souveraineté sanitaire, permettant d’atténuer la dépendance aux importations et d’améliorer l’accès régional aux vaccins en situation de crise.
Engagement envers l’Afrique et coopération Sud‑Sud
S’inscrivant dans la « profondeur africaine » du Royaume, Amine Tehraoui a réaffirmé l’engagement du Maroc en faveur de la coopération Sud‑Sud. Il a plaidé pour un modèle sanitaire africain adapté aux priorités et aux réalités du continent, fondé sur l’investissement, l’intégration régionale, la solidarité et le partage d’expertise. Le ministre a appelé à renforcer la souveraineté sanitaire africaine par des actions concrètes : appui technique, transfert de compétences, échanges de bonnes pratiques et renforcement des capacités institutionnelles.
Position du Maroc dans la gouvernance sanitaire internationale
La présence de la délégation marocaine à l’Assemblée mondiale de la Santé a été décrite comme la confirmation de la volonté du Royaume de renforcer sa participation à la gouvernance sanitaire internationale. Le Maroc affirme ainsi son rôle de pont de coopération régionale et continentale, cherchant à concilier initiatives nationales et contributions constructives aux débats mondiaux sur les mécanismes de prévention, la distribution équitable des innovations médicales et les stratégies de résilience face aux crises.
En conclusion, la participation d’Amine Tehraoui à Genève a mis en lumière la stratégie marocaine qui combine réformes internes, montée en capacité industrielle et diplomatie sanitaire active. Le message central du ministre — que la santé mondiale doit reposer sur une responsabilité partagée, la solidarité et l’équité — vise à inscrire le Maroc parmi les acteurs engagés pour une gouvernance sanitaire plus résiliente et plus juste à l’échelle régionale et mondiale.