Au moins 13 morts à Gaza alors que Rafah rouvrira partiellement le 18 mars
Frappes aériennes à Gaza: au moins 13 morts, Rafah annoncé pour une réouverture partielle le 18 mars 2026
Frappes aériennes à Gaza: 13 morts. Le passage de Rafah rouvrira partiellement le 18 mars 2026; plus de 20 000 patients attendent d’être évacués pour soins.
Les forces israéliennes ont conduit des frappes aériennes ce dimanche qui ont tué au moins 13 Palestiniens dans la bande de Gaza, selon les autorités locales. Parmi les victimes figurent deux garçons, une femme enceinte et neuf membres des forces de l’ordre. Parallèlement, les autorités israéliennes ont annoncé que le passage de Rafah avec l’Égypte rouvrira partiellement le 18 mars 2026, une mesure qui survient alors que des milliers de patients attendent encore une évacuation pour recevoir des soins introuvables dans l’enclave.
Détails des attaques et bilan humain
Une frappe a touché une maison dans le camp urbain de Nuseirat, au centre de la bande de Gaza, provoquant la mort d’un couple d’une trentaine d’années et de leur fils de 10 ans, d’après les hôpitaux sur place. La même attaque a aussi fait un jeune voisin âgé de 15 ans décédé après avoir été transporté à l’hôpital al-Awda. L’hôpital Al-Aqsa a pris en charge plusieurs corps et a fait état de quatorze personnes blessées supplémentaires. Les autorités locales indiquent que l’une des victimes était enceinte de jumeaux.
Un témoin, Mahmoud al-Muhtaseb, a rapporté avoir été réveillé par une puissante explosion et affirmé qu’il n’y avait eu « aucun avertissement préalable ». Les frappes interviennent dans un contexte de tensions persistantes et d’épisodes de violence récurrents malgré un cessez-le-feu déclaré précédemment.
Attaque contre un véhicule de police et pertes dans les forces
Une autre attaque distincte a visé un véhicule de police à l’entrée de la ville d’az-Zawayda, dans le couloir sud-nord connu sous le nom de Philadelphie. Le ministère de l’Intérieur de Gaza a indiqué que neuf policiers ont été tués, dont le colonel Iyad Ab Yousef, un haut responsable de la police du centre de la bande de Gaza. Le ministère a condamné l’attaque, soulignant que les agents étaient en mission de sécurité et de surveillance des marchés en période de Ramadan. À ce stade, il n’y a eu aucun commentaire officiel immédiat de l’armée israélienne concernant ces frappes.
Annonce de la réouverture partielle du passage de Rafah
Le COGAT, l’organisme militaire israélien chargé des affaires civiles, a déclaré que le passage de Rafah rouvrirait partiellement le 18 mars 2026. L’ouverture prévue vise un mouvement limité de passagers dans les deux sens et exclut l’entrée de marchandises. Les passages devront se faire avec une autorisation de sécurité préalable délivrée par Israël, en coordination avec les autorités égyptiennes et sous la surveillance d’une mission frontalière déployée par l’Union européenne depuis début février. La fermeture du poste, effective depuis le 28 février 2026, avait été justifiée par des motifs de sécurité après une série d’événements régionaux.
Pression sur le système de santé et listes d’attente médicales
La réouverture annoncée intervient alors que plus de 20 000 patients figurent sur des listes d’attente pour être évacués vers des soins non disponibles localement. Parmi eux se trouvent environ 4 000 personnes atteintes de cancer et quelque 4 500 enfants. Près de 440 cas sont considérés comme mettant immédiatement la vie en danger. Les autorités sanitaires de Gaza signalent également des ruptures de stocks significatives: près de la moitié des médicaments essentiels seraient épuisés et environ deux tiers des fournitures médicales manqueraient.
Le directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé pour la Méditerranée orientale a averti que le flux d’aide était insuffisant, avec environ 200 camions par jour entrant à Gaza contre un besoin estimé à 600 camions quotidiens pour couvrir les besoins de base.
Conditions de vie et dégâts causés par une tempête de sable
Sur le plan civil, la situation humanitaire demeure critique. Les prix des produits de première nécessité ont fortement augmenté depuis le durcissement des opérations militaires, selon des responsables et des ONG locales. Mohammed Salah, fondateur de l’ONG Tech from Palestine, a indiqué depuis Deir el-Balah que les coûts des denrées de base avaient « doublé ou plus ». Récemment, une tempête de sable a balayé la région et détruit des abris de fortune, aggravant la vulnérabilité de dizaines de milliers de personnes déjà déplacées par plus de deux ans de conflit.
Les autorités sanitaires locales estiment aussi que plus de 650 Palestiniens ont été tués dans l’enclave depuis le 10 octobre 2025, un chiffre qui illustre l’ampleur des pertes humaines et l’intensité des besoins médicaux et humanitaires.
La situation reste tendue et évolutive: malgré l’annonce d’une réouverture limitée du poste de Rafah, les déplacements de personnes et l’acheminement de l’aide demeurent soumis à des contraintes strictes et à des autorisations, tandis que les opérations militaires et les frappes continuent d’affecter la vie quotidienne des habitants de la bande de Gaza.