Baidoa en Somalie : l’armée fédérale prend la ville, le président régional démissionne
Somalie : les forces fédérales prennent Baidoa, le président régional démissionne
Baidoa: les forces fédérales prennent le contrôle et le président régional démissionne le 30 mars 2026; tensions politiques, impact humanitaire et risques.
L’armée nationale somalienne a pris le contrôle de Baidoa, la principale ville de l’État du Sud-Ouest, entraînant la démission du président régional Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen, qui a annoncé sa décision le 30 mars 2026. La transition s’est déroulée après l’entrée en force des troupes fédérales dans la ville, à environ 245 km au nord‑ouest de Mogadiscio, et intervient dans un contexte de fortes tensions politiques, d’inquiétudes humanitaires liées à la sécheresse et de craintes concernant la tenue d’élections nationales à venir.
Forces fédérales prennent le contrôle de Baidoa
Les forces fédérales sont entrées dans Baidoa lundi et ont déclaré avoir pris le contrôle total de la ville. Les autorités locales rapportent que la situation est pour l’instant calme, mais la ville présente des signes d’abandon et ressemble à une « ville fantôme » selon des descriptions de résidents évacués. Baidoa abrite des soldats internationaux de maintien de la paix et des agences humanitaires, dont certaines ont réduit ou suspendu leurs opérations par crainte d’affrontements.
Démission du président régional le 30 mars 2026
Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen, en fonction depuis plus de sept ans, a annoncé sa démission le 30 mars 2026 dans un message publié en ligne. Sa décision intervient quelques jours après une réélection locale pour un nouveau mandat de cinq ans qui avait été contestée et qualifiée d’illégale par le gouvernement fédéral. La démission marque une rupture dans l’administration régionale et déclenche une période de transition institutionnelle.
Nomination d’un président par intérim
Le ministère régional des Finances, Ahmed Mohamed Hussein, a été nommé président par intérim par décret officiel, lançant formellement le processus de succession administrative. La nomination vise à stabiliser la gouvernance locale et à assurer la continuité des services publics, mais elle pourrait être contestée par des acteurs politiques régionaux opposés au processus qui a conduit à ce changement.
Impact humanitaire et déplacements
Les inquiétudes humanitaires se sont accrues depuis l’entrée des forces fédérales. De nombreux habitants ont fui Baidoa la semaine précédente et plusieurs agences humanitaires ont suspendu leurs activités, invoquant des risques sécuritaires et l’absence de garanties pour le personnel et les populations vulnérables. La région subit déjà les effets d’une sécheresse prolongée, qui a aggravé les déplacements internes et la dépendance à l’aide extérieure pour l’accès à l’eau et à la nourriture.
Réponse du gouvernement fédéral et appel à l’unité
Le gouvernement central de Mogadiscio a salué la transition et a appelé au calme, à l’unité et à la protection des vies et des biens pendant cette période sensible. Le ministre de l’Information a déclaré que les autorités fédérales s’engagent à prévenir toute forme de représailles et à garantir la sécurité des civils. Les messages officiels insistent sur la nécessité d’une transition ordonnée sans persécution politique, tandis que les autorités locales tentent de convaincre la population de rester et de reprendre progressivement les activités publiques.
Enjeux électoraux et contestation constitutionnelle
La crise s’inscrit dans un différend plus large entre Mogadiscio et plusieurs régions sur les modalités des élections nationales et sur des amendements constitutionnels proposés par le gouvernement fédéral. Ces réformes, jugées impopulaires par certains dirigeants régionaux, ont alimenté la méfiance et les craintes d’une concentration de pouvoirs à l’échelle centrale. Les autorités régionales et des groupes d’opposition expriment des doutes sur la capacité du pays à organiser, avant les échéances prévues, des scrutins considérés comme libres et équitables, notamment au regard des problèmes logistiques et sécuritaires persistants.
La situation à Baidoa reste fragile et susceptible d’évoluer rapidement. Les autorités fédérales et régionales devront coordonner la sécurité, rétablir les services humanitaires et engager un dialogue politique pour apaiser les tensions avant les prochaines étapes du calendrier électoral.