Baidoa: l’armée somalienne repousse une attaque de forces pro‑Laftagareen liée à al‑Shabab
Baidoa : l’armée somalienne dit avoir repoussé une attaque de milices loyales à Abdiaziz Laftagareen
Combat à Baidoa: l’armée somalienne dit avoir repoussé une attaque de milices loyales à Abdiaziz Laftagareen, ravivant les tensions politiques avant le scrutin.
Le 3 septembre 2026, des explosions et des tirs ont secoué Baidoa, la principale ville de l’État du Sud-Ouest de la Somalie, lorsqu’un groupe armé a lancé une attaque que l’armée nationale affirme avoir repoussée. Le ministère de la Défense a indiqué qu’une offensive menée tôt le matin par des milices loyales à l’ancien gouverneur Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen visait à semer la terreur parmi la population. Les combats ont duré plusieurs heures et ont provoqué des scènes de panique mais aussi des récits contradictoires sur l’ampleur des gains territoriaux des assaillants.
Attaque à Baidoa repoussée, selon le ministère
Le ministère de la Défense a publié un communiqué précisant que l’attaque avait débuté par une série d’explosions suivies de combats directs dans plusieurs quartiers. Les autorités militaires affirment avoir répondu rapidement et infligé des pertes significatives aux assaillants, sans donner de chiffres définitifs. Une enquête est en cours pour établir le nombre de combattants tués et l’ampleur des dégâts matériels. Les forces fédérales ont indiqué qu’elles continueraient à sécuriser la ville et à évaluer la situation avant de communiquer des bilans définitifs.
Témoins décrivent des heures de combats et de panique
Des habitants ont raconté avoir entendu des tirs et des détonations dispersés à travers la ville pendant plusieurs heures, contraignant de nombreux résidents à rester confinés chez eux. Certains témoins ont déclaré que des groupes pro‑Laftagareen avaient réussi à contrôler brièvement certaines artères, tandis que d’autres ont indiqué que la ville était redevenue calme après environ six heures d’affrontements. Les informations provenant du terrain restent partiellement contradictoires, ce qui complique l’établissement d’un tableau unifié des opérations et des pertes humaines.
Allégations d’alliance entre milices et al Shabab
Le ministère a accusé les milices impliquées d’opérer aux côtés d’éléments d’al Shabab, le groupe armé islamiste qui contrôle des zones étendues du centre et du sud de la Somalie. Ces allégations, si elles se confirment, traduisent un risque d’escalade en liant des dissidences locales à une insurrection de longue date. Les autorités fédérales ont dit rechercher des preuves opérationnelles et de commandement pour vérifier l’existence de liens coordonnés. Pour l’heure, aucune preuve publique n’a été fournie permettant d’établir de façon indépendante le degré de coopération entre les milices et al Shabab.
Parcours politico‑militaire d’Abdiaziz Laftagareen
Abdiaziz Laftagareen, ancien gouverneur de l’État du Sud‑Ouest, s’est opposé aux réformes proposées par le président Hassan Sheikh Mohamud, notamment à la transition vers des élections fondées sur le suffrage plutôt que sur le système des anciens de clans. Le gouvernement fédéral a lancé une opération en mars pour l’évincer, et Laftagareen a tenté en mai de reprendre le pouvoir sans succès. Des combats ont déjà opposé ses partisans aux forces fédérales en août, illustrant un cycle persistant d’affrontements locaux qui fragilise la stabilité de la région et complique les efforts nationaux de réconciliation et d’organisation d’élections.
Impact sur la sécurité régionale et le calendrier électoral
L’attaque de Baidoa survient dans un contexte politique déjà tendu, avec plusieurs États régionaux en désaccord avec Mogadiscio sur la conduite des prochaines consultations électorales. Les affrontements remettent en question la capacité du gouvernement fédéral à garantir un climat sécuritaire propice à la tenue d’un scrutin apaisé. Les autorités ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les préparatifs électoraux, mais les responsables politiques locaux et nationaux avertissent que de nouvelles vagues de violence pourraient retarder ou compliquer le calendrier prévu.
Les autorités militaires ont indiqué qu’elles renforçaient les patrouilles et les points de contrôle autour de Baidoa afin d’empêcher de nouveaux entrants armés et de protéger les populations civiles. Les services de sécurité ont également appelé les factions locales à cesser les hostilités et à recourir aux voies politiques pour résoudre leurs différends.
La situation reste volatile et sujette à de nouvelles évolutions. Les habitants de Baidoa ont exprimé leur inquiétude face au risque de reprise des violences et aux conséquences pour l’aide humanitaire et les services publics déjà fragiles. Les autorités fédérales ont promis de communiquer davantage une fois les enquêtes terminées et les bilans consolidés, tandis que la communauté politique et les acteurs internationaux appellent à des mesures de désescalade et à un retour au dialogue.