BAM et l’ANRF organisent à Rabat un atelier contre le phishing financier
Bank Al‑Maghrib et l’ANRF renforcent la lutte contre le phishing lors d’un atelier à Rabat
À Rabat, Bank Al‑Maghrib et l’ANRF ont tenu un atelier pour contrer la hausse du phishing, renforcer la coordination nationale et protéger les usagers.
Un atelier organisé vendredi à Rabat par Bank Al‑Maghrib (BAM) et l’Autorité nationale de renseignement financier (ANRF) a rassemblé responsables publics, superviseurs bancaires et experts pour faire le point sur la recrudescence des escroqueries financières par phishing et définir mesures de prévention et de détection. Les intervenants ont alerté sur la sophistication croissante des techniques frauduleuses et souligné la nécessité d’un renforcement coordonné des dispositifs réglementaires, opérationnels et de sensibilisation des usagers.
Atelier à Rabat sur le phishing
La réunion a servi de plateforme pour présenter les typologies d’escroquerie observées récemment, notamment les faux messages bancaires, les liens malveillants diffusés via les réseaux sociaux et l’usurpation d’identité d’institutions financières et publiques. Le président de l’ANRF, Jawhar Nfissi, a rappelé que la digitalisation accélérée des services financiers expose davantage les consommateurs et les flux financiers à des risques nouveaux et multiformes.
Montée des escroqueries et techniques observées
Les autorités ont décrit comment les fraudeurs recourent désormais à l’ingénierie sociale et à des stratégies de manipulation psychologique pour pousser les victimes à divulguer elles‑mêmes des informations confidentielles. Outre le phishing classique, les échanges ont abordé les comptes rebonds et d’autres mécanismes utilisés pour rendre les circuits frauduleux plus difficiles à tracer, augmentant ainsi le risque d’intégration des fonds illicites dans le système financier.
Réponses réglementaires de Bank Al‑Maghrib
Bank Al‑Maghrib a présenté ses actions réglementaires et de supervision visant à accompagner la transformation numérique du secteur bancaire tout en élevant le niveau de sécurité et de résilience. Le régulateur a publié un guide de bonnes pratiques en juillet 2024 pour aider les établissements de crédit à lutter contre le phishing, puis un second guide en juillet 2026 consacré aux risques liés aux comptes rebonds, afin de mieux encadrer ces vulnérabilités opérationnelles.
Coordination nationale et partage d’information
Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective impliquant autorités de supervision, établissements financiers, autorités judiciaires, forces de l’ordre, opérateurs de télécommunications et citoyens. Le renforcement du partage d’informations et de la coordination opérationnelle entre ces acteurs a été présenté comme indispensable pour améliorer la prévention, accélérer la détection des incidents et optimiser le traitement des plaintes et enquêtes.
Expérience portugaise et coopération internationale
La Banque du Portugal, représentée par Diogo Lencastre, a exposé l’approche portugaise face à la fraude numérique, qui figure parmi ses priorités stratégiques en raison de son impact sur les consommateurs et la stabilité financière. Les échanges ont mis en avant l’importance de la coopération entre banques centrales, autorités de contrôle et services d’application de la loi pour contrer des schémas de fraude de plus en plus sophistiqués à l’échelle transfrontalière.
Préparation à l’évaluation GAFIMOAN
L’atelier s’inscrivait dans les travaux préparatoires à l’évaluation annuelle du Maroc par le Groupe d’action financière du Moyen‑Orient et de l’Afrique du Nord (GAFIMOAN). Les discussions ont porté sur les mesures d’atténuation des risques pour réduire l’exposition des usagers et des établissements bancaires, ainsi que sur des recommandations opérationnelles visant à consolider le dispositif national de lutte contre les escroqueries financières.
La rencontre a permis d’identifier des pistes concrètes : intensifier les campagnes de sensibilisation, standardiser les échanges d’alerte entre banques et autorités, renforcer les contrôles ciblés sur les mécanismes de transfert vulnérables et poursuivre l’évolution normative pour suivre l’innovation frauduleuse. Les participants ont convenu de poursuivre la coordination institutionnelle afin de traduire ces recommandations en actions opérationnelles et de préserver la confiance dans le système financier.