Bank Al-Maghrib : liquidité bancaire à 127,3 MMDH en juin, taux du crédit en baisse
Bank Al-Maghrib signale un recul du besoin de liquidité en juin 2026 et des mouvements contrastés sur les taux
En juin 2026, le besoin de liquidité bancaire moyen hebdomadaire est tombé à 127,3 MMDH, marquant une détente par rapport à mai; les taux et conditions de financement montrent des évolutions divergentes.
Baisse du besoin de liquidité et intervention de la banque centrale
Le besoin de liquidité du système bancaire s’est sensiblement réduit en juin 2026, avec une moyenne hebdomadaire de 127,3 milliards de dirhams, contre 146,6 MMDH en mai. Pour accompagner ce repli, la banque centrale a ajusté l’ampleur et la composition de ses opérations de refinancement en ramenant le volume global de ses interventions à 152,4 MMDH.
Répartition des outils de refinancement mobilisés
Au sein de ce volume total, les avances à sept jours ont représenté 53,7 MMDH. Les opérations de pension livrée sur un et trois mois se sont élevées à 52,1 MMDH, tandis que les prêts garantis à long terme destinés au refinancement des établissements bancaires ont atteint 46,7 MMDH. Cette répartition traduit une préférence pour des placements à court terme complétée par un recours ciblé à des instruments de soutien plus longs.
Situation du marché interbancaire et des bons du Trésor
Le marché interbancaire a enregistré des échanges quotidiens moyens de 2,2 MMDH, avec un taux moyen pondéré stable à 2,25 %. Sur le marché des bons du Trésor, les mouvements ont été contrastés : sur le primaire, les taux ont légèrement reculé sur l’ensemble des maturités, tandis que sur le secondaire les rendements ont progressé pour les échéances moyennes et longues et sont restés stables sur le court terme. Ces fluctuations indiquent des ajustements de la courbe des taux et une dynamique de revalorisation sur les segments les plus sensibles à l’horizon.
Évolution des taux créditeurs et rémunération des livrets
Les taux créditeurs appliqués aux dépôts ont montré un mouvement baissier en mai. Le taux pour les dépôts à six mois a diminué de 65 points de base pour s’établir à 2,16 %, tandis que celui pour les dépôts à un an a reculé de 18 points de base à 2,60 %. À l’inverse, le taux minimum de rémunération des comptes sur carnet a été relevé pour le second semestre 2026 et fixé à 1,82 %, soit une hausse de 21 points de base par rapport au semestre précédent. Ces évolutions traduisent des arbitrages entre attractivité des dépôts et politique de rémunération des épargnes réglementées.
Tendances des taux débiteurs pour le secteur non financier
L’enquête sur les taux débiteurs révèle une baisse de 16 points de base du taux moyen global appliqué aux crédits au secteur non financier, qui ressort à 4,66 % au premier trimestre 2026. Les crédits aux entreprises non financières ont vu leur taux moyen diminuer à 4,54 %, notamment en raison d’un recul des taux sur les prêts à l’équipement, les facilités de trésorerie et les crédits à la promotion immobilière. Par taille d’entreprise, le taux moyen s’est établi à 4,55 % pour les grandes entreprises et à 5,20 % pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME). Les prêts aux entrepreneurs individuels ont également enregistré une baisse, à 5,50 %.
Comportement des taux pour les ménages et implications
Pour les particuliers, la tendance a été inversement orientée avec une légère hausse du taux moyen à 5,74 %. Cette augmentation reflète une progression des taux appliqués aux comptes débiteurs et aux crédits de trésorerie, une stabilité des taux des prêts à l’habitat et un léger repli des taux des crédits à la consommation. L’évolution différenciée entre crédits aux entreprises et aux ménages souligne des pressions spécifiques sur les segments de financement des consommateurs, notamment sur les découverts et crédits de trésorerie.
Les données publiées témoignent d’un environnement monétaire où la demande de liquidité s’apaise mais où les arbitrages sur les maturités et les segments de crédit restent actifs. Les autorités monétaires et les établissements bancaires continueront de calibrer leurs interventions et leurs politiques tarifaires en fonction de la conjoncture, des flux de financement et des besoins spécifiques des entreprises et des ménages.