Bank Al-Maghrib prévoit une inflation à 1,5% en 2026 et 2,1% en 2027
Bank Al-Maghrib anticipe une inflation modérée en 2026 puis une accélération en 2027
Bank Al-Maghrib anticipe une inflation moyenne de 1,5% en 2026 et 2,1% en 2027; l’inflation sous-jacente restera faible en 2026 mais bondira en 2027 selon BAM.
Bank Al-Maghrib projette une inflation moyenne de 1,5% pour 2026 avant une hausse à 2,1% en 2027, en lien avec l’augmentation de la facture énergétique, la remontée des prix des carburants et une inflation importée plus soutenue. La banque centrale souligne que, malgré cette accélération attendue, la dynamique domestique devrait rester globalement modérée à moyen terme. Les prévisions mettent en évidence une inflation sous-jacente particulièrement contenue en 2026, suivie d’un rebond notable l’année suivante, tandis que les anticipations des acteurs financiers se stabilisent autour de 2,2%.
Principales prévisions chiffrées de la banque centrale
Bank Al-Maghrib anticipe une inflation moyenne de 1,5% en 2026 et 2,1% en 2027. L’inflation sous-jacente, qui exclut les éléments les plus volatils, est évaluée à 0,2% pour 2026, avant une accélération à 2,9% en 2027. Ces chiffres reflètent une conjonction de facteurs externes — notamment la facture énergétique et l’évolution des prix des carburants — et d’effets transitoires sur certains segments, en particulier l’alimentation.
Facteurs externes pesant sur les prix
L’augmentation de la facture énergétique et la hausse des prix des carburants pèsent sur les coûts importés et se transmettent progressivement aux prix intérieurs. Bank Al-Maghrib note que cette inflation importée contribuera à l’accélération de l’inflation globale en 2027. L’ampleur et la durée de cette transmission dépendront de l’évolution des cours internationaux de l’énergie et des conditions sur les marchés mondiaux, ainsi que des ajustements de prix opérés par les entreprises domestiques.
Comportement de l’inflation sous-jacente et composante alimentaire
L’inflation sous-jacente reste très limitée en 2026, à 0,2%, principalement en raison d’une contraction des prix de sa composante alimentaire. Ce recul temporaire des prix alimentaires réduit la pression sur l’indice global pour l’année en cours, mais cet effet devrait s’estomper en 2027, entraînant une accélération de l’inflation sous-jacente jusqu’à 2,9%. La dissipation de l’effet de base alimentaire et la hausse de l’inflation importée expliquent en grande partie cette inversion de tendance.
Anticipations des opérateurs financiers
Les anticipations d’inflation des experts du secteur financier, sondés au deuxième trimestre de 2026, s’inscrivent en hausse limitée et se situent en moyenne à 2,2% tant à l’horizon de huit trimestres qu’à celui de douze trimestres. Cette stabilité relative des attentes à moyen terme est un élément important pour l’ancrage des anticipations et pour les décisions de politique monétaire. Une attente modérée d’inflation facilite la conduite de la politique monétaire mais reste sensible aux chocs externes.
Implications probables pour la politique monétaire et l’économie
La projection d’une inflation modérée en 2026 suivie d’une accélération en 2027 pose un défi d’équilibriste pour la politique monétaire. Bank Al-Maghrib devra surveiller l’évolution des prix importés et la persistance des pressions énergétiques, tout en prenant en compte la trajectoire des prix alimentaires et des anticipations. Pour les ménages et les entreprises, la hausse attendue des prix en 2027 pourrait peser sur le pouvoir d’achat et les coûts d’exploitation, en particulier pour les secteurs dépendants des intrants énergétiques.
Les autorités économiques devront rester attentives à la transmission des variations de prix à l’économie réelle et à l’évolution des salaires, éléments qui conditionneront l’ampleur de l’ajustement nécessaire. Les acteurs privés seront également vigilants quant à l’évolution des coûts et aux marges, ce qui influencera l’investissement et la consommation dans les prochains trimestres.
Bank Al-Maghrib rappelle que la trajectoire de l’inflation dépendra fortement des développements internationaux et des réponses nationales aux chocs de prix. La projection pour 2026-2027 met en lumière une fenêtre de modération suivie d’un risque d’accélération, obligeant décideurs et acteurs économiques à maintenir une lecture attentive des données à venir.