Bank Al-Maghrib revient à une politique monétaire favorable à l’activité après l’inflation
Bank Al‑Maghrib met fin au resserrement et oriente sa politique vers la relance en 2025
En 2025, Bank Al‑Maghrib a quitté la phase de resserrement pour assouplir progressivement sa politique monétaire afin de soutenir l’activité économique, tout en surveillant l’inflation.
Depuis 2023, la banque centrale avait principalement concentré ses efforts sur la lutte contre une forte poussée inflationniste. Après près de deux ans de mesures restrictives visant à stabiliser les prix, 2025 marque un tournant : les autorités monétaires ont engagé un retrait progressif des instruments de resserrement et ont orienté leur communication et leurs interventions vers un soutien plus marqué de la croissance. Ce changement traduit l’amélioration des indicateurs d’inflation, une normalisation partielle des tensions sur les marchés et la nécessité de relancer le crédit pour accompagner l’activité privée.
Fin du resserrement après deux ans
La fin de la phase de resserrement résulte d’une combinaison d’éléments : décélération des pressions inflationnistes, détente sur certains marchés internationaux et amélioration relative des conditions de l’offre sur des segments clés. La banque centrale a jugé opportun d’ajuster sa posture pour éviter que des conditions monétaires trop strictes n’entravent une reprise fragile de l’investissement et de la consommation. Ce revirement intervient dans un contexte où la priorité évolue vers la croissance durable sans pour autant relâcher la vigilance sur les risques inflationnistes.
Assouplissement progressif des conditions monétaires
Plutôt qu’un changement brutal, la politique engagée se veut graduelle. Bank Al‑Maghrib a modulé ses interventions pour accroître la liquidité bancaire et assouplir les signaux adressés aux marchés financiers. La communication s’est orientée vers un message de soutien à l’activité, avec des opérations de marché et des injections ciblées destinées à réduire les tensions de trésorerie et faciliter le refinancement des établissements de crédit. Cette approche cherche à préserver la stabilité financière tout en abaissant le coût relatif du crédit pour les acteurs économiques.
Incidence sur le crédit et l’investissement
L’assouplissement des conditions monétaires vise prioritairement à relancer le crédit aux entreprises et aux ménages. En rendant l’accès au financement plus aisé, la banque centrale entend stimuler l’investissement privé, accompagner les projets d’infrastructure et soutenir la consommation. Les banques commerciales sont appelées à traduire ce cadre plus accommodant par des conditions de prêt plus favorables, en particulier pour les PME et les secteurs à fort potentiel d’emploi. À moyen terme, une reprise du crédit peut contribuer à accélérer la croissance, sous réserve d’une gestion prudente des risques de crédit et d’une surveillance étroite des bilans bancaires.
Impact sur l’inflation et le pouvoir d’achat
Même si l’inflation s’est modérée, le relâchement des contraintes monétaires soulève la question de l’équilibre à maintenir entre soutien à l’activité et stabilité des prix. Bank Al‑Maghrib garde comme objectif central la maîtrise de l’inflation et continuera de suivre les indicateurs de prix, les coûts importés et les pressions salariales. L’évolution du pouvoir d’achat dépendra de la trajectoire des prix alimentaires et de l’énergie, ainsi que de la capacité des politiques publiques à accompagner les ménages vulnérables pendant la phase de transition. Une politique monétaire accommodante peut soutenir le revenu disponible si elle se traduit par une reprise de l’emploi et des salaires réels.
Risques extérieurs et perspectives pour 2026
Les risques pesant sur la trajectoire économique restent principalement d’origine extérieure : choc sur les prix des matières premières, tensions commerciales, ou changements brusques des conditions financières internationales peuvent rebattre les cartes. À l’intérieur, un déficit budgétaire non maîtrisé ou des déséquilibres sectoriels pourraient compliquer la conduite d’une politique monétaire favorable à la croissance. Pour 2026, la trajectoire dépendra de la capacité à conjuguer soutien au crédit et discipline sur l’inflation, de la résilience du secteur bancaire et de l’environnement international. La banque centrale devra rester flexible et prête à resserrer à nouveau sa position si des pressions inflationnistes persistent.
En conclusion, le virage opéré en 2025 par Bank Al‑Maghrib reflète une nouvelle phase où la priorité se combine entre soutien à l’activité et maintien de la stabilité des prix. La mise en œuvre d’un assouplissement graduel vise à relancer le crédit et l’investissement sans renoncer à la vigilance face aux risques. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si cet équilibre se maintient et si la reprise économique se consolide de manière inclusive et durable.