Brent chute au plus bas depuis le 3 mars avant l’accord sur l’Iran
Le brut Brent chute au plus bas depuis le 3 mars alors qu’un accord-cadre attendu à Genève rassure les marchés
Le brut Brent recule à 78,24 $/b et enregistre sa plus faible cotation depuis le 3 mars, les investisseurs anticipant la réouverture du détroit d’Ormuz après un accord-cadre prévu le 19 juin 2026.
Le 17 juin 2026, les prix du pétrole ont continué de baisser alors que les marchés intègrent la perspective d’un retour progressif à la stabilité après l’annonce d’un accord-cadre susceptible de mettre fin au conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël. Les contrats à terme sur le brut Brent pour livraison en août ont cédé près de 1 % mercredi, prolongeant des reculs d’environ 5 % lors de chacune des deux séances précédentes. À 08h00 GMT, la référence internationale s’établissait à 78,24 dollars le baril, son niveau le plus bas depuis le 3 mars, trois jours après le déclenchement des frappes de fin février.
Le Brent atteint son plus bas depuis le 3 mars
La baisse récente intervient après une période de forte volatilité : le prix du brut avait bondi de plus de 50 % en début de conflit avant de refluer progressivement. Mercredi après-midi en Asie, le cours du pétrole restait néanmoins environ 7 % au-dessus de son niveau d’avant les frappes du 28 février. Sur les quatre dernières séances, le Brent a perdu l’équivalent de 17 dollars le baril, signe que les acteurs du marché estiment désormais que le risque immédiat d’une rupture durable des approvisionnements est en baisse.
Accord-cadre attendu à Genève le 19 juin 2026
Les détails du protocole qui doit être signé vendredi 19 juin 2026 à Genève restent partiellement flous, mais les grandes lignes évoquent un échange de concessions visant à désamorcer la crise. L’Iran devrait mettre fin à la fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz en contrepartie de la levée par les États-Unis de certaines restrictions sur les ports iraniens, parmi d’autres engagements. La cérémonie de signature est présentée par les parties comme une étape politique majeure, mais plusieurs observateurs soulignent que la signature n’est que le début d’un long processus de mise en œuvre.
Conséquences pour le détroit d’Ormuz et le trafic maritime
Le détroit d’Ormuz, point névralgique reliant le Golfe à l’océan Indien, a vu son trafic réduit à un niveau minimum en raison de menaces de missiles, de drones et de mines navales. La paralysie du canal a diminué l’offre mondiale d’environ 14 millions de barils par jour, selon les estimations rassemblées pendant la période de tensions. Une réouverture complète du détroit serait une étape clé pour restaurer la confiance dans les chaînes d’approvisionnement pétrolières, mais la remise en service effective prendra du temps en raison des vérifications de sécurité et du déminage nécessaires.
Réaction des marchés et facteurs de confiance
La correction des prix reflète en grande partie un changement de sentiment : les investisseurs anticipent une normalisation et reprennent des risques en rééquilibrant leurs portefeuilles. Plusieurs analystes de marché ont noté que la baisse est largement portée par l’anticipation d’une réouverture du détroit et d’un retour progressif des flux. Toutefois, des voix restent prudentes en rappelant que le marché semble déjà intégrer un scénario optimiste et que des complications logistiques ou des incidents ponctuels pourraient contrarier cette trajectoire.
Réouverture des chaînes d’approvisionnement et délais de retour à la normale
Même si la paix entre belligérants est formalisée, le rétablissement complet des flux énergétiques sera graduel. On estime que plus de 500 navires attendent encore de sortir du Golfe via le détroit d’Ormuz, et le processus d’inspection, de déminage et de rotation des équipages implique au minimum des semaines, voire des mois. Les experts en transport maritime insistent sur le fait que la signature du protocole ne supprime pas instantanément l’arriéré logistique : il faudra du temps pour résorber les retards, remplacer des équipages et sécuriser les routes maritimes.
Au-delà des aspects maritimes, la normalisation implique aussi la levée d’embargos, la reprise des assurances et la réactivation progressive des capacités de raffinage et de stockage affectées par la crise. Ces éléments combinés expliquent pourquoi, malgré une chute nette des prix, les observateurs du marché restent vigilants et estiment que un retour complet aux niveaux d’avant-crise ne sera pas immédiat.
La cérémonie de Genève et la perspective d’une réouverture du détroit d’Ormuz dessinent cependant une trajectoire de stabilisation qui, si elle se confirme dans les semaines à venir, pourrait ramener les prix vers des niveaux plus soutenables pour les économies consommatrices tout en offrant aux exportateurs un horizon de visibilité indispensable à la planification des approvisionnements.