BRICS à New Delhi adoptent déclaration unanime appelant à la retenue au Moyen‑Orient
Sommet des BRICS à New Delhi : Déclaration unanime adoptée malgré de vives divergences sur l’Iran et l’Ukraine
Les 11 pays des BRICS adoptent à New Delhi une déclaration commune demandant retenue au Moyen‑Orient et dénonçant les barrières commerciales unilatérales.
Déclaration de New Delhi adoptée à l’unanimité
Le premier jour du sommet des BRICS, le 13 septembre 2026, les onze membres ont approuvé une déclaration commune dite « Déclaration de New Delhi ». Le texte, négocié pendant des mois et soumis au dernier examen lors du rassemblement de deux jours, appelle à la retenue face à l’escalade au Moyen‑Orient et dénonce les « mesures tarifaires et non tarifaires unilatérales » qui perturbent le commerce mondial. L’adoption unanime est présentée comme un succès diplomatique pour l’Inde, hôte de la rencontre, malgré des désaccords profonds entre certains membres sur des conflits régionaux.
Appel à la retenue au Moyen‑Orient sans condamnations explicites
La déclaration exprime une vive préoccupation devant l’aggravation des tensions dans la région et appelle, sans nommer d’États, à un « maximum de retenue » et à éviter toute action susceptible d’envenimer la situation. Le langage adopté condamne les attaques visant délibérément des infrastructures civiles et des installations nucléaires civiles sous garanties internationales, une formulation qui peut être interprétée comme une critique indirecte des opérations militaires visant des sites sensibles. L’équilibre du texte reflète la nécessité de concilier la présence d’États membres aux positions opposées, notamment l’Iran et les Émirats arabes unis.
Position ambiguë sur la guerre Russie‑Ukraine et l’usage des sanctions
Sur le dossier ukrainien, les dirigeants ont opté pour des formules générales invitant au règlement des différends par le dialogue, la consultation et la diplomatie, sans mention directe du conflit. En revanche, le communiqué condamne les sanctions unilatérales non autorisées par le Conseil de sécurité des Nations unies et demande leur suppression, position qui répond aux préoccupations de plusieurs pays membres, en particulier la Russie. Parallèlement, les dirigeants chinois et indien se sont proposés pour faciliter des pourparlers visant une issue négociée, une initiative qui a été reçue favorablement au sein du groupe.
Soutien explicite à la Palestine et appel à l’accès humanitaire
La déclaration adopte un langage nettement plus ferme sur la question palestinienne : opposition au déplacement forcé des populations, demande d’un accès humanitaire sans entrave, soutien à l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens et appel à l’adhésion pleine et entière de la Palestine à l’Organisation des Nations unies. Les membres réaffirment leur attachement à une solution à deux États fondée sur les frontières de 1967, avec Jérusalem‑Est comme capitale du futur État palestinien. Ce positionnement montre une volonté du bloc d’occuper une ligne diplomatique claire sur ce dossier.
Critique des mesures commerciales unilatérales et protection des chaînes d’approvisionnement
Les BRICS mettent en garde contre l’effet déstabilisateur des droits de douane et des barrières non tarifaires décidés unilatéralement, et demandent des règles commerciales plus équitables. Bien que la déclaration n’ait pas nommé de pays, elle contient des références aux tensions commerciales mondiales contemporaines et à l’usage des tarifs comme instrument de contrainte politique. Les membres appellent aussi à renforcer la coopération pour protéger le commerce international, les chaînes d’approvisionnement, les flux énergétiques et la sécurité maritime, face aux risques créés par les conflits.
Appel à une gouvernance mondiale plus représentative et multipolaire
Les dirigeants des BRICS ont réitéré leur volonté de promouvoir un ordre international plus multipolaire, en plaidant pour une représentation accrue de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine au sein des grandes instances internationales. L’Inde a insisté pour que les pays du Sud jouent un rôle actif dans l’élaboration des règles globales, passant du statut de « preneur de règles » à celui de « façonneur de règles ». Ce message vise à traduire l’ambition du bloc : peser davantage sur les réformes des institutions financières et commerciales internationales afin d’y accroître l’influence des économies émergentes.
La Déclaration de New Delhi illustre les capacités et les limites des BRICS : le groupe parvient à préserver le consensus et à définir des principes communs sur des enjeux globaux, mais il privilégie un libellé volontairement généralisé lorsque les intérêts des membres divergent fortement. Le sommet a montré l’habileté diplomatique de l’Inde pour rapprocher des positions éloignées, tout en soulignant que des désaccords substantiels persistent, limitant la possibilité d’actions collectives précises.