BRICS divisés à New Delhi, déclaration commune bloquée après l’appel de l’Iran
BRICS : absence de communiqué commun après la réunion de New Delhi en raison de vives divisions
Réunion à New Delhi: les ministres des BRICS n’ont pas publié de communiqué commun, minés par des divisions sur la guerre impliquant l’Iran et des dissensions.
L’alliance des BRICS s’est séparée sans déclaration conjointe à l’issue d’une réunion ministérielle de deux jours tenue à New Delhi, où des divergences persistantes sur la guerre déclenchée fin février ont bloqué l’adoption d’un texte commun. L’Inde, qui présidait la session, a reconnu l’existence de points de vue divergents parmi certains membres, mettant en lumière des fractures internes sur des dossiers sensibles du Moyen-Orient et du Sahel.
Blocage d’une déclaration conjointe
Les ministres des Affaires étrangères n’ont pas réussi à convenir d’un communiqué final. Selon la présidence indienne, des désaccords sur des passages relatifs au conflit au Moyen-Orient ont empêché l’approbation d’un texte unifié. Certains éléments consensuels ont été validés, mais des sections clés ont été partiellement retirées ou soumises à réserves par au moins un membre, selon les délibérations rapportées pendant la réunion.
Position de l’Iran et mise en cause d’un membre
Le chef de la diplomatie iranienne a demandé aux États membres des BRICS de condamner ce qu’il a qualifié de violations du droit international par les États-Unis et Israël. Sans nommer explicitement le pays concerné, il a affirmé qu’un membre du bloc avait bloqué certaines parties de la déclaration proposée par l’Inde. L’Iran a également défendu ses frappes, déclarant qu’il visait principalement des bases et installations militaires américaines situées sur le sol de pays tiers.
Réplique des Émirats et bilan des attaques alléguées
La délégation des Émirats arabes unis a rejeté la justification iranienne, qualifiant les attaques évoquées de tentatives de légitimation d’actes terroristes. Le représentant émirati a affirmé que l’Iran avait lancé près de 3 000 attaques ciblant les Émirats au moyen de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones, et a dénoncé les conséquences sécuritaires pour les États du Golfe. Ces échanges illustrent l’ampleur des tensions régionales qui ont pesé sur les négociations au sein du bloc.
Divergences sur la question de Gaza
Les ministres ont discuté de la situation à Gaza et se sont accordés sur la reconnaissance de l’importance de Gaza dans tout futur État palestinien indépendant, insistant sur la nécessité d’une réunification territoriale avec la Cisjordanie sous l’égide de l’Autorité palestinienne. Toutefois, certaines formulations relatives à la conduite d’Israël et au terme « guerre génocidaire » ont suscité des réserves d’un membre anonyme, ce qui a limité la portée des déclarations finales.
Appels pour le cessez‑le‑feu au Liban et la situation au Soudan
Les ministres ont réitéré leur appel à un respect effectif du cessez‑le‑feu au Liban et demandé une cessation immédiate des hostilités au Soudan, théâtre d’une grave crise humanitaire depuis plus de trois ans. Le groupe a mis en garde contre le risque d’extension de l’extrémisme et du terrorisme en l’absence d’une solution politique, et a jugé que seul le dialogue pouvait ramener la stabilité durable dans ces zones de conflit.
Consensus sur la réforme des institutions internationales
Malgré les tensions, les membres ont maintenu des positions communes sur des réformes de la gouvernance mondiale. Le bloc a souligné la nécessité d’une représentation accrue des pays du Sud dans des instances comme l’Organisation des Nations unies et le Conseil de sécurité, réaffirmant l’ambition d’un ordre international plus multipolaire. Les discussions ont mis en évidence l’équilibre que cherchent les BRICS entre coopération économique, défense des souverainetés nationales et gestion de divergences géopolitiques.
La réunion à New Delhi a ainsi mis en lumière la complexité d’un groupe élargi, qui combine des puissances économiques aux intérêts parfois contradictoires. Si les BRICS ont progressé sur des thèmes structurels comme la réforme des institutions internationales et l’appel au respect du droit humanitaire, les désaccords sur les conflits régionaux montrent que l’élargissement du bloc accroît aussi la difficulté à produire des positions diplomatiques homogènes. Les prochaines étapes dépendront de la capacité des membres à concilier intérêts stratégiques et objectifs de coopération multilatérale.