Carburants 2025 : volumes importés en hausse, facture énergétique en baisse
Importations de carburants en 2025 : volumes en hausse, facture en baisse malgré l’élargissement du marché
En 2025, les importations de gasoil et d’essence ont atteint 6,9 millions de tonnes (+6,7%) pour une facture de 47,1 milliards de dirhams, en recul de 9,1% par rapport à 2024, reflétant une hausse des volumes conjuguée à une détente des prix internationaux.
Bilan annuel 2025 des importations de carburant
Les quantités importées de gasoil et d’essence ont progressé à 6,9 millions de tonnes en 2025, contre 6,5 millions un an plus tôt, soit une augmentation de 6,7%. Sur le plan financier, la valeur totale de ces importations s’est établie à 47,1 milliards de dirhams, en baisse de 9,1% par rapport aux 51,82 milliards enregistrés l’année précédente. Cette divergence entre volume et valeur traduit un contexte de baisse des cours internationaux qui a atténué la facture énergétique nationale malgré une consommation extérieure plus forte.
Analyse du quatrième trimestre 2025
Au quatrième trimestre, les importations de carburants ont atteint près de 1,69 million de tonnes pour une valeur de 11,45 milliards de dirhams. Par rapport au quatrième trimestre de 2024, les volumes ont légèrement augmenté de 0,6% tandis que la valeur a reculé de 4,8%. Cette dynamique trimestrielle confirme la tendance annuelle : une stabilisation voire une légère hausse des volumes importés face à une pression baissière sur les prix internationaux, conduisant à un allègement de la dépense extérieure pour ces produits.
Poids prédominant du gasoil
Le gasoil reste la composante majoritaire des importations, représentant 88% du total aussi bien en volume qu’en valeur. Cette dominance reflète le rôle central du gasoil dans le mix énergétique lié aux transports routiers et à certaines activités industrielles. La part élevée du gasoil implique que toute variation de son prix ou de sa disponibilité a un impact notable sur le montant global des importations.
Effet des prix internationaux sur la facture
L’écart entre la hausse des quantités et la baisse de la valeur globale met en évidence l’influence décisive des cours mondiaux sur la facture nationale. Une détente des prix internationaux a permis de compenser, en partie, la hausse des volumes importés. Ce mécanisme atténue la pression sur les réserves de change et sur les dépenses publiques si une part significative de la subvention ou des mécanismes de stabilisation tarifaire dépend du marché extérieur.
Ouverture du marché et évolution du nombre d’opérateurs
Le marché de l’importation des produits pétroliers liquides a continué de s’ouvrir : le nombre de sociétés agréées pour l’importation s’est élevé à 35 à la fin de 2025, contre 31 un an plus tôt. Cette progression du nombre d’opérateurs signale une concurrence accrue au niveau de l’approvisionnement, ce qui peut encourager une meilleure efficacité logistique et des pratiques d’achat plus diversifiées. L’élargissement du panel d’importateurs peut également renforcer la résilience de l’approvisionnement en cas de perturbations internationales.
Implications pour les acteurs et la gestion des approvisionnements
La combinaison d’un marché plus ouvert, d’une dominance du gasoil et d’une facture allégée par la baisse des prix internationaux pose des enjeux pour la gestion du risque d’approvisionnement et pour la politique tarifaire intérieure. Les acteurs privés devront adapter leur logistique et leurs contrats d’achat pour tirer parti des opportunités offertes par la concurrence, tandis que les autorités pourront suivre l’évolution des importations et des prix pour calibrer éventuelles interventions destinées à protéger les consommateurs ou à stabiliser le marché.
L’ensemble des données de 2025 illustre une dynamique où une hausse des volumes importés coexiste avec une baisse de la dépense en dirhams, portée par des conditions de prix internationales plus favorables et par une ouverture progressive du marché aux importateurs. Cette conjoncture offre des marges de manœuvre mais pose aussi la nécessité d’un suivi attentif des évolutions de la demande, des prix mondiaux et de la structure concurrentielle du secteur pour anticiper les risques et tirer parti des opportunités.