Carte universitaire au Maroc 26 nouveaux établissements et scission d’Ibn Zohr en cinq
Le Maroc annonce 26 nouveaux établissements universitaires et la scission de l’Université Ibn Zohr en cinq entités
Le ministre annonce 26 nouveaux établissements (1re phase) et la scission d’Ibn Zohr en cinq universités pour réduire la surcharge et améliorer l’accès régional.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, a annoncé le mardi 19 mai 2026 à la Chambre des conseillers le lancement de la première phase d’une refonte de la carte universitaire nationale. Cette première tranche comprend 26 nouveaux établissements dont les décrets de création sont en phase finale d’approbation. Une seconde tranche, déjà planifiée, prévoit l’ajout de 23 établissements supplémentaires. Le projet vise à désengorger les universités actuelles, à pérenniser les acquis pour les étudiants et à adapter l’offre de formation aux besoins locaux, régionaux et internationaux.
Détails de la première et de la seconde tranche
La Commission nationale de coordination a entériné la répartition en deux tranches : 26 établissements pour la première et 23 pour la seconde. Les textes officiels relatifs aux créations sont en cours de finalisation, les décrets étant annoncés comme proches de l’approbation. L’objectif déclaré est d’agir rapidement sur les problèmes de surcharge pédagogique et d’infrastructures sans remettre en cause les acquis académiques déjà établis.
Scission de l’Université Ibn Zohr et réorganisation régionale
Le projet prévoit la scission de l’Université Ibn Zohr, qui couvre environ 55 % du territoire national et accueille près de 170 000 étudiants, en cinq universités distinctes : une université à Dakhla ; une à Laâyoune et Guelmim ; deux universités réparties entre Aït Melloul et Agadir ; et le rattachement de Ouarzazate à sa région d’appartenance. Cette opération de décentralisation vise à rapprocher les structures décisionnelles et pédagogiques des réalités territoriales et à alléger la charge administrative et pédagogique concentrée jusqu’ici au sein d’un seul établissement de très grande taille.
Cadre légal et mécanisme de planification
La refonte s’appuie sur les dispositions de la loi‑cadre 51.17, notamment son article 12, ainsi que sur la loi relative à l’enseignement supérieur, en particulier les articles 5 et 8. Ces textes prévoient l’élaboration d’un schéma directeur de l’enseignement supérieur servant de mécanisme de planification stratégique et de prospective institutionnelle. Le schéma devra tenir compte des principes d’égalité spatiale et des besoins en formation qualifiée pour les marchés du travail locaux et mondiaux.
Gouvernance, mesures sociales et volet étudiant
Le ministre a précisé que le projet est accompagné de textes relatifs à la gouvernance universitaire et de mesures visant à renforcer le volet social des étudiants. Parmi les priorités figurent l’amélioration du logement étudiant, le développement des solutions de transport, l’optimisation de la restauration universitaire et la mise en place de mécanismes de financement adaptés. L’administration affirme que ces mesures permettront d’assurer une bascule ordonnée vers la nouvelle carte universitaire tout en préservant la continuité pédagogique.
Consultation et observations institutionnelles
Le ministère a indiqué qu’il prendrait en considération les remarques émises par le Conseil Supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique, lequel a transmis son avis sur le projet peu avant l’annonce ministérielle. Les autorités présentent cette phase de consultation comme un élément clé pour ajuster les modalités de mise en œuvre, notamment sur les aspects de gouvernance locale et de ressources humaines et matérielles nécessaires au fonctionnement des nouveaux établissements.
La mise en œuvre opérationnelle devra désormais préciser le calendrier d’activation des nouveaux établissements, les modalités de transfert des filières et du personnel, ainsi que les budgets alloués à l’investissement et au fonctionnement. Les prochaines étapes incluront la finalisation des décrets, la publication des textes de gouvernance et la définition des priorités d’investissement régional afin d’assurer que la création de ces universités traduise effectivement une amélioration de l’accès à l’enseignement supérieur et de la qualité de la formation pour les étudiants concernés.