Chômage au Maroc 10,8% au T1 2026, jeunes et femmes les plus touchés
Chômage au Maroc T1‑2026 : taux strict à 10,8 % et sous‑utilisation de la main‑d’œuvre à 22,5 %
HCP : Au 1er trimestre 2026, le chômage strict au Maroc est à 10,8 % et la sous‑utilisation à 22,5 %. Jeunes (45,3 %) et femmes (31,1 %) restent les plus touchés.
Les chiffres du marché du travail publiés pour le 1er trimestre 2026 montrent une pression persistante sur l’emploi au Maroc. Le taux de chômage strict s’établit à 10,8 %, avec des différences marquées selon le milieu de résidence, le sexe et l’âge. En valeur absolue, 1 253 000 personnes se trouvaient en situation de chômage strict au cours de cette période. Parallèlement, la sous‑utilisation globale de la main‑d’œuvre, qui combine chômage strict, sous‑emploi lié à la durée et main‑d’œuvre potentielle, atteint 22,5 % au niveau national, signalant un besoin important de travail non satisfait pour une part significative de la population active.
Chiffres clés du chômage au 1er trimestre 2026
Le chômage strict global est de 10,8 %. En milieu urbain, il est nettement supérieur, à 13,5 %, contre 6,1 % en milieu rural. Le volume des personnes sans emploi en sens strict est estimé à 1 253 000 ; 79,6 % de ces personnes résident en milieu urbain. Ces données pointent vers une concentration des tensions sur le marché du travail dans les zones urbaines, où la demande d’emploi reste plus forte que les capacités d’absorption du marché.
Disparités selon le genre et l’âge
Les écarts entre les sexes sont saillants : le taux de chômage atteint 16,1 % chez les femmes contre 9,4 % chez les hommes. Les jeunes demeurent la catégorie la plus exposée : le taux de chômage des 15‑24 ans s’élève à 29,2 %, tandis que la tranche 25‑34 ans présente un taux de 16,1 %. Si l’on considère la pression actuelle et potentielle sur le marché du travail (taux combiné du chômage strict et de la main‑d’œuvre potentielle), le taux national est de 17,1 %, mais atteint 27,9 % pour les femmes contre 13,9 % pour les hommes, situation révélatrice d’une vulnérabilité féminine persistante sur le marché de l’emploi.
Sous‑emploi lié à la durée et main‑d’œuvre potentielle
Le sous‑emploi lié à la durée de travail affecte 671 000 personnes en emploi contre rémunération, indiquant un manque d’heures travaillées par rapport au désir de la population active. Parmi elles, 52,9 % résident en milieu urbain. La main‑d’œuvre potentielle, qui regroupe les personnes hors force de travail néanmoins disponibles et cherchant partiellement à travailler, s’élève à 884 000 personnes, soit 5,5 % de la population hors main‑d’œuvre. Ces composantes contribuent fortement aux indicateurs élargis de sous‑utilisation et traduisent une insuffisance d’emplois stables et rémunérateurs.
Mesures composites et différences géographiques
Le taux combiné du chômage strict et du sous‑emploi lié à la durée — qui mesure la main‑d’œuvre subissant une insuffisance de temps de travail — est de 16,6 % au niveau national, avec 18,3 % en milieu urbain et 13,6 % en milieu rural. En complément, le taux composite de la sous‑utilisation, intégrant chômage strict, sous‑emploi et main‑d’œuvre potentielle, atteint 22,5 % au plan national ; il est plus élevé en milieu urbain (24,8 %) qu’en milieu rural (18,3 %). Ces écarts témoignent d’un double phénomène : une concentration des demandes d’emploi non satisfaites dans les zones urbaines et une diversification des formes de vulnérabilité (emploi insuffisant, non‑emploi et disponibilité limitée) selon les territoires.
Conséquences et enjeux pour les politiques publiques
La combinaison d’un chômage élevé chez les jeunes et d’un fort écart entre les sexes pose des défis clairs pour les politiques de l’emploi. Le fait que près de la moitié des 15‑24 ans se retrouvent sous‑utilisés (taux composite de 45,3 %) appelle des réponses ciblées en matière de formation professionnelle, d’adéquation des compétences et de création d’emplois de qualité. De même, la vulnérabilité accrue des femmes (taux composite 31,1 %) suggère la nécessité de mesures favorisant l’accès, la sécurité et la pérennité de l’emploi féminin. Les indicateurs de sous‑emploi liés à la durée de travail pointent aussi vers un besoin d’actions visant à améliorer les conditions de travail et à favoriser la transition vers des emplois à temps plein lorsque souhaité.
Les données du premier trimestre 2026 montrent une situation de marché du travail caractérisée par des déséquilibres structurels : forte exposition des jeunes, inégalités de genre et concentration des besoins non satisfaits en milieu urbain. Les décideurs publics et les acteurs économiques devront conjuguer politiques actives de l’emploi, formation et incitations à la création d’emplois pour réduire ces taux et améliorer l’insertion durable des catégories les plus fragiles.