Ciment: ventes -1,3% au premier semestre 2026, encours immobilier 325,8 MMDH
Les ventes de ciment reculent de 1,3% au S1 2026 tandis que les crédits immobiliers progressent, portée par un encours de 325,8 MMDH fin mai
Ventes de ciment en recul de 1,3% au S1 2026; les crédits immobiliers progressent à 325,8 MMDH fin mai, signalant un marché de la construction en mutation.
Le secteur de la construction enregistre un net ralentissement au premier semestre 2026 : les ventes de ciment, indicateur-clé de l’activité du bâtiment, ont diminué de 1,3% sur la période. Malgré ce repli semestriel, les volumes ont repris de la vigueur au cours du deuxième trimestre, tandis que le financement immobilier affiche une croissance modeste mais continue, l’encours global dépassant 325,8 milliards de dirhams à la fin mai 2026.
Baisse des ventes de ciment au premier semestre 2026
Les ventes de ciment constituent un baromètre suivi de près pour apprécier l’évolution de la construction neuve et des chantiers d’infrastructure. Pour le premier semestre de 2026, elles reculent de 1,3% par rapport à la même période de l’année précédente. Ce recul marque un changement de trajectoire après une amélioration de 9,8% enregistrée un an plus tôt, indiquant que la dynamique observée en 2025 s’est essoufflée durant la première moitié de 2026.
Redressement au deuxième trimestre après un début d’année difficile
L’analyse trimestrielle montre un contraste net : après un premier trimestre marqué par un retrait important, le deuxième trimestre 2026 a nettemement inversé la tendance avec une augmentation des ventes de ciment de 8%. Ce redressement trimestriel intervient après un retrait de 10,9% enregistré précédemment au premier trimestre de 2026, et illustre une volatilité importante au sein de la demande, susceptible d’être liée à des ajustements saisonniers, à l’avancement de grands chantiers ou à des décisions d’investissement différées par les acteurs publics et privés.
Encours total des crédits immobiliers dépasse 325,8 MMDH fin mai 2026
Sur le front du financement, l’encours des crédits à l’immobilier a continué de croître au cours des cinq premiers mois de 2026. À la fin mai 2026, l’encours total a franchi la barre des 325,8 milliards de dirhams, en hausse de 3,2% sur douze mois. Ce rythme de croissance reste proche de celui observé un an plus tôt, signe d’une certaine stabilité du crédit immobilier malgré la faiblesse conjoncturelle dans le segment des matériaux de construction.
Crédits à l’habitat : progression modeste et stable
L’encours des crédits à l’habitat a augmenté de 2,4% à fin mai 2026, contre +2,5% sur la même période de l’année précédente. Cette progression modeste reflète une demande prudente pour les prêts immobiliers au logement : si le marché ne montre pas de dynamisme marqué, il ne manifeste pas non plus de contraction majeure. Les conditions financières, le pouvoir d’achat et l’évolution des taux influencent durablement la capacité des ménages à contracter des crédits pour l’acquisition ou la construction de logements.
Crédits à la promotion immobilière en légère hausse
Le financement destiné à la promotion immobilière a connu une augmentation de 2,7% à fin mai 2026. Cette hausse relative suggère que les promoteurs continuent d’accéder à des lignes de crédit pour lancer ou poursuivre des projets, même si l’ampleur de la croissance reste modeste. Un tel mouvement peut soutenir la réalisation de nouvelles opérations résidentielles et tertiaires, tout en attendant une reprise plus franche de la demande effective en logements finis.
Conséquences pour les acteurs du secteur et perspectives à court terme
La combinaison d’un recul semestriel des ventes de ciment et d’une progression contenue des encours de crédit dessine un paysage contrasté pour la construction. Les entreprises du bâtiment et les fournisseurs de matériaux pourraient rencontrer des pressions sur les volumes et les marges si la demande peinait à se renforcer durablement. En parallèle, la stabilité relative des crédits immobiliers limite les risques d’un resserrement brutal du financement mais n’indique pas non plus un regain d’activité immédiat à grande échelle.
Les prochains mois seront déterminants pour confirmer si le redressement observé au deuxième trimestre 2026 se transforme en tendance soutenue. Les évolutions des grands programmes publics, la cadence des projets privés et l’environnement macroéconomique national resteront des facteurs clés pour la trajectoire du marché du ciment et pour la dynamique du crédit immobilier dans la seconde moitié de 2026.