Clôture de barbelés bloque l’accès à l’école pour les enfants d’Umm al-Khair
Clôture de barbelés bloque l’accès des enfants d’Umm al-Khair à leur école
Clôture de barbelés privée par des colons bloque l’accès des enfants d’Umm al-Khair à leur école; manifestation d’élèves et menace d’ordres de démolition.
La petite communauté bédouine d’Umm al-Khair, en Cisjordanie occupée, a vu ses élèves empêchés d’atteindre leur école après l’installation nocturne d’une clôture de barbelés le long du chemin traditionnel menant à l’établissement. Des dizaines d’enfants, certains âgés de cinq ans, se sont massés dimanche matin devant la barrière, chantant et brandissant des affiches pour réclamer la réouverture de l’itinéraire. Selon les habitants, la barrière, érigée par des colons sans autorisation, a été maintenue en place malgré les demandes adressées aux soldats israéliens présents sur les lieux.
Blocage arbitraire du chemin historique
Le chemin visé, tracé depuis 1980 et répertorié comme itinéraire piétonnier pour les écoliers, dessert également un dispensaire et une mosquée proches. Les habitants rapportent que des colons sont arrivés la nuit pour monter la clôture et, peu après, ont construit une grande étoile de David avec des pierres du côté auquel les enfants n’ont plus accès. Les autorités militaires ont refusé de démolir la barrière, bien que celle-ci ait été dressée sans autorisation administrative, selon des témoins.
Reprise partielle des cours et réaction des enfants
La clôture est intervenue au moment où les écoles palestiniennes de Cisjordanie recommençaient progressivement les cours, après des fermetures prolongées durant les hostilités régionales. Lorsque la réouverture a permis un retour partiel des élèves, ceux d’Umm al-Khair ont découvert que la route les menant à leur école se trouvait obstruée à un kilomètre de leur village. Dans la matinée de la mobilisation, les enfants se sont assis près des barbelés, ont ouvert leurs livres et tenté de poursuivre leurs devoirs sur place, avant d’être repoussés par des tirs de gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes lancés par les forces de sécurité.
Violences et risques pour la sécurité des élèves
Les habitants dénoncent une escalade des dangers autour du village: caravanes et avant-postes de colons ont été installés le long du trajet traditionnel, des planches cloutées ont été dispersées le long de la route et des véhicules circulent parfois à grande vitesse, selon des parents. Des incidents graves se sont déjà produits dans la zone: l’été précédent, Awdah Hathaleen a été tuée et une personne identifiée a été arrêtée et inculpée dans cette affaire; plus récemment, une fillette de cinq ans, Siwar Hathaleen, a été heurtée par une voiture et hospitalisée pour traumatisme crânien. Ces événements renforcent la crainte des familles de laisser leurs enfants emprunter l’itinéraire proposé.
Propositions alternatives rejetées par la communauté
Les autorités israéliennes ont présenté une piste alternative d’environ trois kilomètres, mais les résidents l’ont unanimement refusée. Ils estiment que ce nouveau trajet obligerait les enfants à traverser des zones proches d’avant-postes de colons nouvellement installés, augmentant les risques d’incidents et l’exposition à la violence. Les habitants rappellent que les demandes de permis de construire dans la zone C, entièrement contrôlée par les autorités israéliennes, sont rarement accordées aux Palestiniens, ce qui rend la régularisation administrative quasi impossible et expose la communauté à des ordres de démolition imminents.
Mobilisation locale et enseignement au pied des barbelés
En réponse au blocus, la communauté a lancé l’initiative “École de la liberté d’Umm al-Khair”: parents, enseignants et enfants se rassemblent quotidiennement devant la clôture pour donner des cours en plein air, chanter et maintenir la visibilité sur leur revendication. L’enseignant Tareq Hathaleen et le chef du conseil Khalil Hathaleen ont appelé les organisations de défense des droits et les observateurs internationaux à intervenir face à ce qu’ils qualifient de campagne destinée à faire reculer les familles et à confisquer des terres. Pendant les rassemblements, certains enfants ont été bouleversés par l’usage de gaz lacrymogène; d’autres, comme Mira et Sara Hathaleen, ont exprimé leur détermination à poursuivre leurs études malgré la peur.
La situation à Umm al-Khair illustre la conjonction de contraintes administratives, d’une pression croissante des colons et de risques physiques réels pour des enfants privés de leur droit à l’éducation. Tant que le chemin historique ne sera pas rouvert, la communauté maintiendra des actions pacifiques et éducatives au pied de la barrière pour préserver l’accès scolaire et attirer l’attention sur la menace d’évacuations et de démolitions qui pèse sur le village. Les enfants, les parents et les enseignants insistent: leur priorité est simple et constante — pouvoir aller à l’école.