CNSS 2025 allocations maternité dépassent celles de la maladie malgré moins de bénéficiaires
CNSS 2025 : indemnités journalières maladie et maternité pèsent 59,8% des prestations court terme
En 2025 la CNSS a versé 1,52 Md en prestations court terme; maladie et maternité = 59,8% (907 M). Analyse des montants, bénéficiaires et évolution 2021-25.
La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a consacré MAD 1,52 milliard en 2025 aux prestations court terme. Les indemnités journalières pour maladie et maternité représentent la part la plus importante de ces dépenses, totalisant MAD 907 millions, soit 59,8 % du montant versé. Le constat met en lumière un contraste entre le nombre de bénéficiaires et la répartition des dépenses entre ces deux catégories.
Montant global et hiérarchie des prestations
En 2025, les prestations court terme de la CNSS atteignent MAD 1,52 milliard, en hausse par rapport à MAD 1,45 milliard en 2024 et MAD 1,27 milliard en 2021. Après les indemnités maladie et maternité (respectivement MAD 410,1 millions et MAD 496,9 millions), les allocations chômage s’élèvent à MAD 449,5 millions. Les prestations décès totalisent MAD 151,2 millions, tandis que les congés de naissance représentent MAD 9,6 millions.
Répartition entre maladie et maternité et explication des écarts
Si la maternité coûte davantage en 2025 (MAD 496,9 millions) que la maladie (MAD 410,1 millions), le nombre de bénéficiaires est nettement inférieur pour la maternité. Les règles de calcul expliquent en grande partie cet écart. L’allocation de maternité est versée sur 14 semaines (98 jours) à 100 % du salaire journalier moyen plafonné, calculé sur les six derniers mois de cotisations, avec au moins sept semaines à prendre après l’accouchement. À l’inverse, les indemnités pour maladie ou accident du travail correspondent à deux tiers du salaire journalier moyen contributif, débutent au quatrième jour d’arrêt (après un délai de carence de trois jours) et peuvent durer jusqu’à 52 semaines sur une période de 24 mois.
Nombre de bénéficiaires et variations annuelles
En 2025, 153 486 assurés ont perçu des indemnités journalières pour maladie, contre 32 801 bénéficiaires de prestations de maternité. Autrement dit, la maternité couvre près de cinq fois moins de personnes tout en générant MAD 86,8 millions de dépenses supplémentaires par rapport à la maladie. Depuis 2021, le nombre de bénéficiaires de prestations maladie est passé de 134 937 à 153 486 (+13,7 %). La trajectoire reste néanmoins irrégulière : 152 305 bénéficiaires en 2022, un repli à 139 437 en 2023, puis une remontée à 148 367 en 2024 avant d’atteindre 153 486 en 2025. Sur la dernière année, le nombre de bénéficiaires a augmenté de 3,5 %.
Durée moyenne d’arrêt maladie et évolution récente
La durée moyenne des arrêts maladie compensés a diminué de façon continue entre 2021 et 2025. Elle est passée de 24,61 jours en 2021 à 19,32 jours en 2025, soit une réduction de 5,29 jours (-21,5 %) sur quatre ans. Après une baisse régulière jusqu’en 2023, la durée avait légèrement remonté à 20,48 jours en 2024 avant de redescendre en 2025. Cette contraction des durées signifie que l’augmentation des dépenses liée aux indemnités maladie ne tient pas à des arrêts plus longs mais à d’autres facteurs.
Facteurs possibles de la hausse des dépenses
Plusieurs éléments expliquent l’augmentation des montants versés pour les indemnités maladie et maternité. Pour la maladie, la croissance de la dépense (+25,1 % entre 2021 et 2025, de MAD 327,9 millions à MAD 410,1 millions) est plus rapide que celle du nombre de bénéficiaires, ce qui suggère l’impact de la hausse des salaires utilisés pour le calcul des prestations ou des changements dans le profil des assurés (plus de salariés mieux rémunérés ou davantage d’arrêts indemnisés). Pour la maternité, la hausse des dépenses (+14,1 % entre 2021 et 2025) contraste avec une progression plus modeste du nombre de bénéficiaires (+5,8 %), ce qui renforce l’hypothèse d’un effet prix lié au niveau des salaires pris en compte.
La dynamique globale des prestations court terme combine donc des effets d’activité (nombre de bénéficiaires), d’équité (formules et plafonds de calcul) et d’évolution des salaires contributifs. Ces mécanismes expliquent pourquoi la part de la maternité reste élevée en termes de coûts malgré un nombre de bénéficiaires sensiblement inférieur.
La CNSS devra surveiller ces tendances pour évaluer la soutenabilité des prestations court terme et adapter si nécessaire les paramètres de calcul ou les politiques de prévention et de santé au travail afin de maîtriser l’évolution des dépenses tout en préservant la couverture des assurés.